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EXPULSION DE DEUX MALIENS DE LA RFA : Ce qui n’a pas été dit

Le vendredi 6 janvier 2017, deux ressortissants maliens : Amadou Ba et Mahamadou Dramé ont fait l’objet de rapatriement au Mali par vol spécial Tibet Airlines (TBA). Ce qui a suscité polémique et désarrois au Mali. Mais, selon nos investigations, c’est à la suite d’une condamnation par la justice allemande pour acte de violence que leur rapatriement a été précipité.

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De l’émotion, de la pitié et de la compassion. L’atmosphère à l’aéroport Modibo Keita Senou ressemblait à un lieu de recueillement. C’est en larmes que Mamadou Dramé et Amadou Ba sont arrivés à Bamako à bord d’un vol spécial Tibet Airlines (TBA). Ce ne sont ni des vagabonds, encore moins des bandits ou « terroristes », mais seulement des pères de familles qui avaient tenté leur chance en Europe pour vivre dignement. Hélas, l’aventure a tourné au cauchemar. Après plusieurs années passées en Allemagne et en Espagne à la recherche de séjour et d’asile, ces deux chefs de familles ont été renvoyés au Mali n’ayant pas pu obtenir ces « fameux sésame ».

Que s’est-il passé

Amadou Ba est né le 15 juillet 1972 à Benco dans le cercle de Dioila. Selon une source allemande, il a fait l’objet d’une première identification par la mission interministérielle d’établissement de nationalité le 26 février 2008. La première tentative de rapatriement a eu lieu en 2011. Du fait de la crise que traversait le pays, la RFA a sursis à toute réadmission jusqu’en 2014. C’est à la suite des élections de 2013 que ce moratoire a été levé et l’ambassade du Mali en Allemagne a reçu le 17 février 2014 de la part des autorités allemandes la demande de délivrance de Laissez-passer aux noms de M. Ba et de neuf autres Maliens, dont certains identifiés antérieurement à lui et d’autres établis par la mission interministérielle d’établissement de nationalité qui a séjourné à Berlin en septembre 2011.

De la pression dans l’air

Après plusieurs relances des autorités policières allemandes auprès de l’ambassade, un premier Laissez-passer a été délivré au nom de M. Ba le 22 août 2014 juste avant l’arrivée d’une autre mission d’établissement de nationalité. Après le passage de cette mission, son nom est revenu dans la liste des personnes sujettes à la réadmission. L’ambassade a alors délivré un Laissez-passer le 1 août 2016 après deux ans de pression de la part des autorités allemandes.

« Beaucoup de Maliens mettent à profit ces périodes pour trouver le moyen de régulariser leur situation. Ce qui n’a pas été le cas de M. Ba, déclarant pourtant avoir séjourné treize ans en Allemagne de façon irrégulière. La durée de validité du Laissez-passer étant de 3 mois, le sien a fait l’objet de renouvèlement le 25 novembre 2016 », indique notre source.

« Il reconnait avoir mordu à sang un policier allemand »

A en croire notre source, Amadou Ba a soutenu devant les autorités maliennes et la justice allemande avoir été conseillé de se défendre contre les policiers lors de son rapatriement début décembre. Ce qui a amené une confrontation au cours de laquelle il reconnait avoir mordu à sang un agent de police. Passé devant le juge le 7 décembre 2016 qui a pris acte de cette blessure, il a été détenu avant sa réadmission vendredi dernier. Le document qu’il détenait s’appelle Suspension momentanée de la procédure d’expulsion (Aussetzung der Abschiebung en allemand) dont la fréquence de renouvèlement est de trois mois. Ce document ne constitue aucunement un titre de séjour ou un permis de travail.

Cas de Mahamadou Dramé

Né le 19 avril 1994 à Kerwané, dans le cercle de Nara, Mahamadou Dramé a été identifié le 24 aout 2014 par une mission d’établissement de nationalité. Après des demandes sans cesse renouvelées des autorités allemandes, un Laissez-passer a été délivré en son nom le 5 aout 2016 et renouvelé le 25 novembre de la même année. Il a reconnu avoir diligenté deux demandes d’asile, la première en Espagne et la seconde en Allemagne.

Lors de son rapatriement sur le Mali, M. Dramé aurait fait des actes de violences sur les policiers, selon la source. Il a ensuite été jugé pour ces actes et détenu en même temps et au même lieu qu’Amadou Ba avant sa réadmission.

Selon la source allemande, c’est l’attentat de Berlin intervenu il y a quelques semaines et dont l’auteur était un individu en attente de rapatriement comme les deux Maliens est pour beaucoup dans la précipitation de leur rapatriement. « Il faut même s’attendre à une accélération des procédures de rapatriement en Allemagne pour toutes les nationalités, particulièrement les tunisiens », précise la source.

Le soutien de l’ambassade

Pour soulager les expulsés, l’ambassade du Mali en RFA leur a apporté une forte assistance. Après avoir tenté à maintes reprises de faire annuler leur rapatriement, l’ambassadeur du Mali s’est personnellement déplacé à Buren, lieu de leur détention le 5 janvier, à 600 km de Berlin pour s’enquérir de la situation. « Toutes les démarches de l’ambassade furent vaines, car leur sort était déjà scellé », regrette la source. Et d’ajouter : « Il a remis la somme de 500 euros à chacun des deux ».

Pourquoi les Laissez-passer

S’agissant du laisser-passer délivrer par les autorités maliennes, notre source indique que c’était « une obligation morale ». Il précise : « Au lieu de laisser tes enfants pourrir dans des prisons allemandes alors que ce ne sont pas de vraies criminels, mais des gens qui voulaient seulement rester en Allemagne, il était nécessaire de les donner le laisser-passer. C’est des maliens, donc il fallait les laisser venir vivre dignement chez eux au lieu de rester en prison ».

B.S.

 

Source: lesechos

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