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Échanges transfrontaliers de l’énergie dans la CEDEAO: quelles alternatives à la problématique des paiements ?

En prélude à la rencontre des ministres de l’Énergie et des Finances, ce mardi 3 mars à Bamako, l’hôtel Salam de Bamako a abrité, hier, la rencontre des experts des ministres de six pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les participants à la rencontre qui intervient seulement un mois après celle des ministres à Abidjan, le 3 février 2020, plancheront sur les directives de la sécurisation des échanges transfrontaliers d’énergie électrique en Afrique de l’Ouest et le programme de réformes et d’actions préalables proposées par la Banque mondiale.

 

La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’Énergie et de l’eau, Sambou WAGUE, en présence du ministre délégué en charge du Budget, Mme BARRY Aoua SYLLA. On y notait également la présence du Représentant de la Banque mondiale, Charles J. Cornier, et le directeur de l’Énergie et de l’eau de la Commission CEDEAO, Dabiré Bayaornibè.

Le représentant de Banque mondiale a mis en exergue la grande dépendance énergétique de la région Afrique de l’ouest aux combustibles, le faible accès des populations à l’électricité et aux énergies renouvelables et le coût élevé de l’électricité. Pour renverser cette tendance qui constitue également une importante barrière pour le développement économique, il a jugé nécessaire la mise en place de grands réseaux. Une initiative que la Banque mondiale est prête à accompagner dans le contexte du regroupement sous régional.

Selon le représentant de la CEDEAO, la politique de son regroupement sous régional vise la réalisation d’économies d’échelle et de rendre disponible, dans l’ensemble de la région, une énergie propre, abordable et durable, à travers le développement d’un marché régional de l’électricité lancé en 2018.

Dans la mise en œuvre de cette stratégie, a expliqué M. Dabiré Bayaornibè, la CEDEAO prévoit que les 14 États continentaux soient interconnectés dès cette année 2020 ou au plus tard en 2021, car l’opportunité d’échanger l’offre d’énergie dans la région est gage de l’accès des populations à l’électricité.

« Dans cette perspective, nous envisageons sur la période 2019-2033, de réaliser divers autres projets de lignes d’interconnexion électriques, des projets de construction de centrales électriques. Pour rappel, le montant total des projets d’investissements dans notre schéma directeur de production et de transport d’électricité au cours de cette période s’élève à environ 36 392 millions de USD repartis en 25 912 millions USD pour la production et 10 480 millions USD pour le transport », a fait savoir le directeur eau et énergie de la commission CEDEAO.

Les financements nécessaires pour l’atteinte de ces objectifs sont importants et nécessaires que les règles qui gouvernent les accords commerciaux entre les Etats soient appliquées, a-t-il poursuivi. En somme, la CEDEAO préconise que les échanges commerciaux entre les États soient appliqués convenablement, afin de permettre d’attirer des investisseurs crédibles.

« En sommes, les échanges commerciaux doivent être saints pour engendrer d’autres opportunités d’affaires. Cependant, il nous revient que les accords actuels connaissent déjà des difficultés structurelles d’application. Il nous faut donc trouver des solutions qui serviront de retour d’expérience pour les autres contrats dans le cadre du fonctionnement adéquat du marché régional d’électricité », a-t-il déclaré.

Au niveau de la CEDEAO, l’accès aux services énergétiques reste encore insuffisant. Ce qui constitue, selon des expertises, un frein énorme au développement humain dans notre région avec pour effet de retarder considérablement son développement économique.

Pour rappel, la Banque mondiale envisage d’apporter son concours à la CEDEAO pour l’effectivité de sa politique énergétique pour faire en sorte que le marché de l’énergie soit viable et pérenne. Ce concours vise à apporter des instruments que sont : les actions préalables que nos six États doivent mettre en place et appliquer pour bénéficier d’une aide budgétaire et la création d’un fonds renouvelable/revolving de soutien aux Liquidités (FRSL).

Le ministre de l’Énergie et de l’eau, Sambou WAGUE a expliqué que cette rencontre est la suite logique de celle des ministres d’Abidjan qui ont recommandé la mise en place d’un programme d’aide budgétaire régional de la Banque mondiale en vue de mettre en place «un mécanisme pérenne pour la sécurisation des paiements des échanges transfrontaliers sur le marché d’électricité de la CEDEAO dans le but de minimiser ‘’les risques de paiement»’’.

‘’En prélude à la réunion des ministres, vous aurez en tant qu’experts chargés de l’Énergie et des finances à débattre des modalités de mise en œuvre préalable à l’appui budgétaire’’, a-t-il invité les participants.

Par Sidi DAO

INFO-MATIN

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