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Dioila : Bienvenue monsieur le Gouverneur !Six mois après le drame de Solakoroni : Les présumés auteurs lâchés dans la nature et célébrés en héros : Les victimes réclament justice

Le dimanche 19 mai 2019 restera longtemps gravé comme un jour triste pour les cultivateurs de la communauté Minianka installés dans le cercle de Bougouni, plus précisément dans l’arrondissement de Manankoro, commune de Yinindougou. Et pour cause ! C’est ce jour-là que deux paysans de cette communauté furent froidement abattus et de nombreux autres blessés pour un différend relatif à des terres agricoles. Près de 6 mois après ce drame, justice n’a pas été rendue pour les victimes. C’est pourquoi, une association  dénommée Wuuyeco (entente en langue Sénoufo) a organisé, le mardi dernier, un grand meeting sur la place publique de Koutiala pour réclamer justice pour les victimes de ce drame.

Avec pour invité spécial le Pr Clément Dembélé, président de la Plateforme contre la corruption et le chômage (PCC), ce meeting géant a drainé une foule des grands jours composée majoritairement des paysans qui sont venus pour la circonstance des localités comme Yorosso, Bla, Bougouni….

La mine serrée, c’est le président de cette association, Sékou Coulibaly, qui a été le premier a donné le ton : “Nous ne réclamons rien d’autre que la justice parce qu’il  est incompréhensible que des nôtres soient tués et que le dossier soit classé au niveau de la justice, comme si de rien n’était. Nous demandons à la justice  et aux autorités de ne pas étouffer ce dossier sous peine que des actes similaires se reproduisent contre nos parents qui sont toujours dans cette zone. Ce qui est écœurant, nous avons appris que c’est le président de l’Apcam, Bakary Togola  aujourd’hui en détention, qui a fait libérer les 5 présumés auteurs de cet ignoble acte et les a envoyés à la Mecque. Koutiala accueille, de nos jours, des  ressortissants de presque toutes les localités du pays, mais au grand jamais aucun d’eux n’a été inquiété et nous avons toujours vécu en parfaite symbiose ici”, a mis en garde le président de Wuuyeco.

Hadj et accueil populaire pour les meurtriers

Zanga Goïta, un autre responsable de cette association, n’a pas mâché ses mots. Il  a regretté le fait qu’après leur libération, c’est un accueil populaire qui a été réservé aux présumés auteurs de ces meurtres.

“Il est temps de meurtre fin à ce drame contre notre communauté dans la zone de Bougouni car c’est la quatrième fois que nos parents sont persécutés dans cette localité de Bougouni sans que personne ne rende compte à la justice. D’ailleurs ce qui s’est passé à Solakoroni doit nous donner pousser à réfléchir car il se résume à ce que si tu tues un Minianka tu as droit au hadj et à un accueil populaire à la place d’une justice, pour la simple raison que les trois chefs de village et deux conseillers interpellés par la justice ont été libérés  pour faire les yeux doux à ces populations. Et de nos jours, aucune personne n’est poursuivie et même inquiétée dans cette affaire” a regretté M. Goïta.

Au tour de Hamidou Dembélé de faire un témoignage qui en long sur la barbarie qu’il a vécue. Il est l’une des victimes de cette crise. En plus d’être gravement blessé lors de ces attaques ciblées, il a tout perdu : véhicule, matériel agricole et plus de 100 sacs de vivres. Il est toujours sous le choc. “Ceux qui nous ont attaqués étaient armés de fusils de chasse et  de machettes. Cependant, j’ai pu m’échapper avec des blessures très graves, mais malheureusement deux personnes de notre communauté, venues me secourir, un vieux de 63 ans et un homme d’une cinquantaine d’années, ont été tués. D’autres ont été blessés”, s’est-il souvenu.

En tout cas, selon lui, les dégâts sont énormes (voir encadré, notamment le rapport d’huissier de justice). Plus de 11 maisons mises à sac, incendiées avec les greniers, occasionnant plus de 400 déplacés.

Cette tribune a été mise à profit par toutes les délégations venues d’autres contrées de réaffirmer leur soutien à cette démarche de l’Association Wuuyeco et tous ont été unanimes à dire qu’il faut bannir toute forme de violence dans cette démarche, mais ont été surtout fermes quant à leur quête de justice.

Pour le professeur Clément Dembélé, une des icônes de la lutte contre la corruption, il a affirmé son soutien à ce regroupement  car, pour lui, il est temps aujourd’hui de mettre fin à l’impunité, à la corruption et à l’injustice d’où le sens de son combat avec la Plateforme de lutte contre la corruption (PCC).

“Il ya eu des assassinats et des crimes, les victimes méritent justice. Je vous promets que ça sera la dernière fois que ce genre de drames se produit pour la simple raison que nous allons pousser cette affaire jusqu’au bout, pour que la loi soit dite. Parce qu’ici, dans l’imagination populaire on se dit, au Mali, quand on a l’argent on peut tout se permettre et je demande à cette association d’introduire une plainte et cette plainte sera appuyée par la Plateforme car tous les Maliens sont égaux sur le sol malien. C’est ce que les pères de l’indépendance nous ont dit et c’est que la constitution malienne soutient. Je suis sûr que, désormais, ceux qui font ce genre de massacres sans crainte ne vont même plus s’attaquer à vos chiens de crainte de représailles de la justice” a promis le Professeur Clément Dembélé, sous un tonnerre d’applaudissements.

Il faut rappeler que c’est suite à une taxe foncière imposée par le maire de Yinindougou, exclusivement appliquée aux communautés Minianka de cette zone, que ce différend a vu le jour. Cette taxe, faut-il le préciser, a été jugée illégale par les autorités judiciaires. Toute chose qui aurait irrité certains autochtones de cette localité de Bougouni qui ont demandé le départ de ceux qui refusent de payer ces taxes.

Kassoum THERA,

envoyé spécial

 

L’inventaire des dégâts matériels établis par Maître Sana Yalcoué

Hamidou Dembélé :

– Une voiture de marque MITSUBISH double cabine brûlée.

– Des matériels de moulin totalement brûlés,

– Les tôles des maisons sont totalement endommagées ainsi que les portes. Trois greniers brûlés dont les traces de brûlures sont visibles.

Soungalo Coulibaly :

– Une moto taxi de marque APOSONIC totalement brûlée.

– une moto SANYA 08 brûlée.

– Une boutique vide.

– Un magasin de céréales totalement brûlé.

– Ses maisons sont endommagées et brûlées.

Lassina Cissouma :              

– II nous a été montré à Garalo un tracteur, en partie brûlé appartenant à Lassina Cissouma.

– Une moto DJAKARTA brûlée.

– Des matériels de moulin totalement endommagés

– Une chambre à coucher contenant un lit en bois totalement brûlé.

Adama Dembélé:

– Une moto SANAYA 08 brûlée.

– Ses maisons ainsi que ses hangars sont endommagés,

Yaya Daou:

– Ses maisons n’ont presque plus de tôles et toutes endommagées.

 Bakary Berthé :

– Ses maisons sont totalement endommagées et vides.

Drissa Béré :

– Un grenier totalement saccagé et brûlé.

– Ses maisons endommagées avec des traces de brûlures.

– Deux [02) vélos brûlés.

Drissa Dembélé dit Nafama :

– Un grand hangar brûlé.

– Deux greniers brûlés.

– Les maisons endommagées et la cuisine brûlée.

Souleymane Dembélé

– Deux (02) greniers détruits et brûlés.

Drissa GOÏTA :

– Un grenier brûlé.

Adama Solo Dembélé :

– Un grenier brûlé.

NB : Tous ces dégâts sont illustrés pratiquement par des photos. De tout ce qui précède nous dressons le présent procès Verbal de constat pour servir et valoir ce que de droit.

Par Maître Sana Yalcoué Yalcoué, Huissier-Commissaire de justice près le ressort judiciaire de la Cour d’appel de Bamako avec résidence à Bougouni.

NB : Il sied de préciser que s’agissant du bilan, il se chiffre à deux personnes toutes de la communauté Minianka.

Source: Aujourd’hui Mali

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