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Crise sociopolitique au Mali : Reprise timide de la désobéissance civile du M5-RFP

La jeunesse du M5-RFP (Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques) a tenu une assemblée générale, le dimanche 02 août 2020 pour informer l’opinion nationale et internationale de la reprise de la désobéissance civile à partir du lundi 3 août 2020 sur toute l’étendue du territoire national du Mali. L’objectif de cette manifestation de désobéissance civile est « d’obtenir la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et de son régime pour mauvaise gouvernance » tout en bloquant les ronds-points du district de Bamako, les entrées et sorties des capitales régionales. Après la trêve pour permettre aux fidèles musulmans de fêter la tabaski dans la tranquillité, la deuxième phase de la désobéissance civile reprend timidement. Il suffisait de faire un tour dans la capitale malienne pour s’en rendre compte. Certes, quelques services publics et des stations Total étaient fermés, mais au moment où nous mettions cet article sous presse, aucune barricade n’était perceptible sur les routes dans la ville de Bamako comme on avait l’habitude de voir. Les forces de l’ordre étaient aux aguets pour dissuader d’éventuels manifestants.

Lors de la conférence de presse du M5-RFP, le mercredi 29 juillet dernier, Dr. Choguel Kokalla Maïga précisait que le M5-RFP est déterminé à obtenir la « démission du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et de son régime », avant de signaler que la trêve concernant la désobéissance civile prendra fin 48 heures après la fête de Tabaski. Effectivement, 48 heures après la fête de tabaski, le M5-RFP a repris la désobéissance civile. Mais cette reprise est timide pour l’instant. Il suffisait de faire un tour dans la capitale malienne pour se rendre compte de cette réalité. De Kalabancoro (cercle de Kati, région de Koulikoro) jusqu’au quartier Hamdallaye ACI de Bamako, la route est praticable. Il en va de même pour plusieurs autres quartiers de la capitale malienne. Certes, quelques services publics et stations total étaient fermés, mais au moment où nous mettions cet article sous presse, aucune barricade n’était perceptible sur les routes dans la ville de Bamako comme on avait l’habitude de voir où on assistait aux échauffourées entre les manifestants et les forces de l’ordre. Parmi les services publics qui étaient fermés par « peur » des manifestants, on peut citer le centre IV des impôts de Bamako. La Station total à Daoudabougou était également fermée. Sur la route de Sebenikoro (Commune IV du district de Bamako), des tas d’ordures jetés sur la route n’ont pas empêchés la circulation. Ces tas d’ordures ont finalement été dégagés de la route. Les forces de l’ordre étaient au aguets pour dissuader d’éventuels manifestants. Ils étaient visibles un peu partout sur les grandes artères de la capitale malienne. À Badalabougou (commune V du district de Bamako), tout juste à la montée du deuxième pont (le pont Fahd) de la rive droite, la Police et la Garde nationale veillaient en groupe. Le véhicule antiémeute de la police était stationné auprès de la pharmacie du deuxième pont de Bamako. Certaines sources indiquent aussi qu’à cause de la désobéissance civile, les usagers passaient dans certains postes de PEAGES sans payer. Selon la CMAS (Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko) membre du M5-RFP : « A Bamako, pas de barricade mais une administration paralysée ». Le Mouvement Espoir Mali Koura (EMK), membre du M5-RFP précise aussi que « la fluidité de Bamako en dit quelque chose. Nous avons gagné une bataille et la guerre continue ».

Rappelons que lors de la manifestation du M5-RFP en date du 10 juillet 2020 au monument de l’indépendance de Bamako, Mme Sy Kadiatou Sow (Salama) de la Plateforme Anw ko Mali Dron, membre du M5-RFP, a énuméré les 10 commandements de la désobéissance civile : « Bloquons les services de l’Etat (sauf les services de santé), installons-nous dans les cours et invitons les travailleurs à se joindre au mouvement, n’entrons-pas dans les bureaux et surtout ne détruisons ni document ni meuble; bloquons toutes les entrées et sorties des principales villes, des villes secondaires et tous les grands axes routiers ; arrêtons-nous systématiquement sur les ponts puis poussons nos engins le plus lentement possible ; restons-y le plus longtemps possible et revenons en sens inverse ; installons-nous et occupons systématiquement tous les ronds-points et déplaçons-nous de façon lente et circulaire, les différents leaders qui habitent vers ces zones se joindrons aux groupes ; relayons-nous les matins, après-midi et nuits de façon que chacun puisse rentrer chez lui pour manger, se laver et prendre des forces, il y aurait des rotations de groupes selon les disponibilités de chacun, l’occupation sera permanente ; roulons lentement, très lentement, le plus lentement possible sur tous les boulevards, les rues, ruelles (opération escargot) ; simulons des pannes partout et le plus souvent possible et descendons de nos engins pour les pousser ou aidons-nous à les pousser (Pannes fréquentes); arrêtons-nous et attendons le plus longtemps possible aux feux de signalisation même lorsque les feux sont au vert, faisons la même chose aux panneaux de Stop et à toutes les intersections ; ne payons aucune amende ou contravention pendant cette période ; mettons-en place des groupes mobiles de communication pour le cas où internet serait coupé ou ralenti ». En plus, Mme Sy Kadiatou Sow donnait des détails « importants » aux manifestants par rapport à l’exercice de cette désobéissance civile. Elle a invité les manifestants à ouvrir toujours des points de passage aux ambulances, sapeurs-pompiers et tous autres véhicules de secours, à fraterniser avec les forces de sécurité, à ne pas bloquer de résidences privées. Enfin, elle invita les manifestants à protéger les biens privés (Stations-service, Banques, services de téléphonie…) et à protéger au maximum les ambassades, consulats et toutes les représentations diplomatiques et de façon générale tous les étrangers et leurs biens.

Aguibou Sogodogo

Source : Le Républicain

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