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Comment Mohammed VI a fait du Maroc un pays «multipolaire»? Explications d’un géopolitologue

Contrairement à sa géopolitique au temps de la guerre froide, «le Maroc d’aujourd’hui est un Maroc multipolaire», affirme le géopolitologue Aymeric Chauprade à la revue Le Point. Il explique comment les réformes engagées depuis 20 ans par Mohammed VI sur le plan interne ont permis un retour du royaume sur la scène régionale et internationale.

 

Suite à la publication de son livre «Géopolitique d’un roi», Aymeric Chauprade, géopolitologue français et ancien député européen, a retracé, dans un entretien avec la revue Le Point les réformes engagées par le roi Mohammed VI au Maroc dès son accession au pouvoir le 23 juillet 1999. Selon lui, les résultats probants de ces réformes sur le plan interne ont permis au royaume chérifien de mener une géopolitique pragmatique qui lui a permis de se repositionner sur l’échiquier régional et international et de devenir un pays «multipolaire».

​«Durant la guerre froide, le Maroc était dans le camp occidental face aux régimes socialistes, et il en paye encore le prix dans la question du Sahara occidental, corseté dans un héritage onusien aujourd’hui dépassé», a-t-il rappelé. «Le Maroc d’aujourd’hui est un Maroc multipolaire, proche de la France, des États-Unis, mais qui entretient aussi de bonnes relations avec la Russie, et discute avec Pékin des étapes des routes de la soie dans le Maghreb», a-t-il ajouté, soutenant que «face à tous les défis qu’affronte l’Europe, défis identitaires, démographiques, climatiques, le Maroc est un partenaire fiable et stable pour la France et, au-delà, pour les Européens».

​Pour étayer son analyse, M.Chauprade parle les résultats obtenus en matière de lutte contre l’extrémisme religieux, le terrorisme et l’immigration clandestine. Il met également l’accent sur l’effort d’industrialisation du pays, notamment dans la production automobile, l’activité portuaire, les nouvelles technologies et les énergies renouvelables. Le tout accompagné d’une politique sociale, salariale, de santé et d’éducation progressiste, bien que beaucoup de chose, selon lui, restent à faire.

Le retour du Maroc sur la scène africaine

S’appuyant sur les acquis de sa dynamique interne, «le Maroc a réintégré l’Union africaine. Il est redevenu ce qu’il a toujours été durant sa longue histoire, une puissance africaine, avec son extension saharienne qui le lie historiquement à l’Afrique subsaharienne», rappelle l’expert.

​Par ailleurs, il mets en exergue que le continent africain comptera en 2050 «trois Africains de moins de vingt-cinq ans, pour un Européen proche de la cinquantaine» et que «l’influence du Maroc en Afrique va se révéler très utile aux Européens dans leur relation avec ce continent jeune, en pleine explosion démographique, et avec les défis migratoires que nous connaissons, et qui, s’ils continuent à ne pas être traités en Europe, aboutiront un jour à une fermeture brutale de l’Europe à son voisinage africain et méditerranéen».

​Le PIB du Maroc connaît une croissance annuelle moyenne de 4% sur la dernière décennie qui a atteint 298 milliards de dollars en 2017. Les grandes réformes et les grands chantiers entamés par le pays ont donné de bons résultats, notamment avec la hausse continue du PIB, même durant les mauvaises saisons agricoles dues à des périodes de sécheresse aiguës, selon les statistiques du ministère marocain de l’Économie.

sputniknews.com

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