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Au Burkina Faso, 2019 s’ouvre dans les violences intercommunautaires

Mercredi 2 janvier 2019, une attaque meurtrière suivie de représailles a fait au moins 13 morts dans un village burkinabé du centre du pays.

Cet affrontement, fruit d’un conflit persistant entre différentes ethnies, a eu lieu alors que les autorités ont décrété lundi 31 décembre 2018 l’état d’urgence dans plusieurs régions afin de contrer la menace terroriste de groupes islamistes armés.

Les premiers jours de 2019 ont une coloration tragique à Yirgou, un village de la commune de Barsalogo, située au centre-nord du Burkina Faso. À l’issue de deux attaques menées mercredi 2 janvier, au moins 13 personnes ont perdu la vie. Six d’entre elles ont péri dans un premier assaut. Les sept autres, identifiées comme peules, ont été victimes de représailles menées par des membres de l’ethnie des Mossis.

Des tensions régionales exacerbées

Selon une source sécuritaire, « des individus armés non identifiés ont attaqué mardi matin le village de Yirgou et tué six personnes dont le chef du village ». Une déclaration concordant avec celles de témoins sur place, rapportant également que les assaillants sont arrivés à bord de motocyclettes en tirant des coups de feu en l’air.

Après le départ des agresseurs, des groupes de Mossis, proches du chef du village, ont attaqué un campement de Peuls, accusés d’être complices des tueurs. D’après une source ayant préféré conserver l’anonymat, « sept éleveurs peuls ont été lynchés à mort » et des cases ont été incendiées.

Pour rappel, le Burkina Faso est une mosaïque composée de multiples ethnies. Dans ce pays peuplé de 20 millions d’habitants, les Mossis représentent la communauté la plus importante, soit plus de 40 % de la population et près de 6,2 millions de personnes. Le reste de la population est fracturé en une soixantaine d’ethnies, dont les Peuls, des éleveurs nomades présents dans toute l’Afrique de l’Ouest et très majoritairement musulmans.

Depuis l’apparition il y a trois ans de groupes djihadistes au Burkina Faso, les violences semblent se multiplier entre Peuls et autres ethnies de la région. À leur origine, l’idée répandue selon laquelle les Peuls sont pour la plupart complices des terroristes. Une théorie absurde selon les Peuls, qui avancent que cela est faux bien que certains membres de leur communauté aient rejoint les djihadistes.

L’état d’urgence décrété dans plusieurs régions

Cette attaque intervient alors que le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, a décrété l’état d’urgence dans plusieurs régions du pays, lundi 31 décembre 2018. Ces derniers mois, les djihadistes ont intensifié le rythme de leurs assauts au Burkina Faso, qui représente à leurs yeux le pays le plus faible du G5 Sahel, ce groupement d’États également composé du Mali, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie.

Au total, depuis 2015, les attaques attribuées notamment aux mouvances djihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), ont ainsi fait plus de 270 morts. Au cours de ces trois dernières années, Ouagadougou a déjà été visée à trois reprises. La dernière offensive sur la capitale, en mars 2018, a fait une trentaine de morts et plus de 85 blessés.

Plus récemment, jeudi 27 décembre 2018, dix gendarmes burkinabés ont été tués dans une embuscade tendue dans les environs de Toeni, une localité du nord-est du pays située près de la frontière malienne.

Anouk Helft

La Croix

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