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Abrogation du décret de nomination des membres restants de la Cour constitutionnelle : Moussa Timbiné, député “frelaté’’ nommera trois Magistrats

L’autre nœud gordien qui enfoncera IBK
De drible en drible, le Président de la République a fini par faire une première concession le 11 juillet 2020 tard dans la nuit suite aux allures qu’ont prises les manifestations dans le pays. Coups de pierres, gaz lacrymogènes, vandalisassions et pillages des biens publics sont entre autres scènes auxquelles l’on assiste depuis le 10 juillet 2020.
Face à une telle situation, qui risque de tourner court à un coup d’État, le président a vite réagi pour calmer les ardeurs des uns et des autres. Il a dans son adresse à la nation tard dans la nuit devenue depuis le 9 juillet, la nouvelle façon de s’adresser à son peuple, IBK lâche enfin Dame Manasa Danioko, présidente de la Cour Constitutionnelle.

 

Dans son discours à la nation, il a fait savoir sa concession en ces termes : « le Mali doit toujours parler au Mali. Je sais que le Mali doit concéder au Mali. Je sais enfin que le Mali peut accepter pour le Mali ».
Ensuite, il a affirmé que suite aux nombreuses analyses et consultations, sollicitations sur la crise postélectorale, et pour la sauvegarde et la préservation de la vie, même des membres restants de la cour constitutionnelle, de se « surpasser ».
« J’ai donc décidé d’abroger le décret de nomination des membres restants de la Cour constitutionnelle et d’aller vers la mise en œuvre des recommandations issues de la mission de CEDEAO », a-t-il indiqué.
C’est une première concession que le Président de la République vient de faire depuis le 5 juin, date à laquelle les hostilités ont démarré. Seulement au regard de la configuration de la crise et surtout des lois de la République du Mali, on a résolu un problème pour créer un autre plus grave.
Selon la constitution malienne, les membres de la Cour Constitutionnelle, au nombre de neuf (9), sont désignés et répartis comme suit : trois (3) membres nommés par le Président de la République, trois (3) membres autres de la Cour suprême et enfin trois (3) aussi nommés par le Président de l’Assemblée.
Si l’abrogation du décret de nomination des membres restants de la Cour constitutionnelle est un lieur d’espoir, son application risque cependant de réveiller les vieux démons de la contestation qui ne sont d’ailleurs pas endormis.
«La dissolution de la cour va nous conduire dès la semaine prochaine à demander aux autorités compétentes la désignation de membres pour que rapidement, une cour reconstituée nous aide à trouver les solutions au contentieux issu des élections législatives », a annoncé IBK.
Comme annoncé par le président de la République, il est bien clair que Moussa Timbiné, l’actuel Président de l’Assemblée dont l’élection a été contestée lors du deuxième tour des législatives, proposera lui aussi trois (3) Magistrats pour siéger dans la nouvelle Cour Constitutionnelle. Et pire, il n’est pas exclu que l’un des trois qu’il aura à proposer puisse devenir dans les jours à venir le nouveau président de la Cour Constitutionnelle. Et comprenons-le bien, c’est cette nouvelle Cour qui devra statuer sur le sort des députés contestés de l’actuelle Assemblée Nationale dont fait partir Moussa Timbiné.
Face à cette situation, ne dirigeons-nous pas tout droit vers une nouvelle crise, étant donné que Moussa Timbiné ne peut pas nommer un Magistrat et si celui-ci, par malheur devenait président de la Cour, ne pourrait peut-être pas trancher en défaveur de Timbiné.
Pour rappel, la Cour Constitutionnelle et l’Assemblée Nationale se présentent comme l’œuf et la poule, un cercle vicieux qui ne permet pas de savoir entre les deux institutions qui décide réellement de l’autre.
Le nœud gordien
Le nœud gordien est resté dans le langage pour caractériser une difficulté qu’on ne peut résoudre, un obstacle qu’on ne peut vaincre. Se tirer d’embarras par un moyen expéditif et vigoureux, c’est trancher le nœud gordien. C’est ce à quoi ressemble le contexte malien de la crise institutionnelle. Et cette information une fois bien cernée par l’opinion ne tardera pas à réagir. Car les Maliens n’accepteront pas une nomination fantaisiste et à plus forte raison par une personne dont la légitimité est bien contestée dans le pays. En tout cas, il y aura bien débat autour de ce sujet.

Bourama Kéita

LE COMBAT

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