La salle de conférences de la direction nationale du travail a servi de cadre, vendredi dernier, à la présentation de la liste de travaux léger autorisés aux enfants de 13 à 14 ans établie par le ministère en charge du travail et le projet Joining Forces for Africa : Agri Contre le Travail des Enfants (JOFA-ACTE). Pour la vulgarisation cet arrêté, une trentaine de médias ont été outillés.
L’ouverture des travaux a enregistré la présence de Ben Abdoulahi Ibrahim TAHAR, directeur national du travail; de Harouna Ouattara, représentant de l’ONG Graadecom ; André Pascal COULIBALY, manager du projet JOFA ACTE…
L’objectif était d’informer les hommes de médias sur l’arrêté N 2024-2109/ MTFPDS-SG du 05 Juillet 2024 portant établissement de la liste des travaux légers autorisés aux enfants de 13 à 14 ans afin qu’ils véhiculent de leur tour le contenu dudit arrêté.
Élaboré à la suite d’une concertation entre les acteurs de la lutte contre le travail des enfants; ledit arrêté autorise ainsi les enfants de 13 à 14 ans à s’exercer dans certains branches d’activités, dans lesquels les tâches les plus faciles leurs sont confiées.
À travers cette décision ministérielle, les mineurs de 13 à 14 ans sont désormais autorisés à s’activer dans l’agriculture, l’élevage, la pêche et la pisciculture ; orpaillage ; artisanat ; et dans la commerce.
Cependant, leurs tâches sont bien déterminées et conditionnées dans chacune de ces branches.
Dans les activités agricoles comme la préparation et l’aménagement des espaces culturaux et du sol, ils sont autorisés à faire des tâches telles que délimiter des espaces à cultiver et bornage; désherber et défricher (à l’exception de l’abattage des arbres); et aussi le labour (manuel ou à la charrue).
Aussi, pour la préparation des semences et pépinières, ils peuvent aider au décorticage, égrainage et tri manuel des grains (coton, maïs, haricots, gombo, arachides, riz…); trempage des graines dans l’eau préparation des germoirs et déversement de graines.
Dans la branche de l’élevage où s’exerce des activités comme l’aménagement des fermes ou sites et la gestion et élimination des déchets; leur tâche se limite au nettoyage de la parcelle (désherbage, défrichage etc.), achat et transport des matériaux de construction, achat ou collecte et transport des produits; le ramassage des déchets (par pèles) et chargement dans les récipients ou brouettes; transport des déchets (par brouette et charrettes); déversement et étalage des déchets dans les champs.
Dans le domaine de la pêche et pisciculture notamment en ce concerne l’approvisionnement en appâts; ils peuvent partir à la recherche des verres de terre et préparer les appâts à base de savon et des aliments.
Par ailleurs, dans les activités comme l’aménagement des sites d’orpaillage, les enfants de 13 à 14 ne sont autorisés qu’au nettoyage de la parcelle et le désherbage y compris le marquage de l’ouverture du puits.
Concernant les activités de cordonnerie et maroquinerie ; leurs tâches sont désormais connues. Il s’agit du découpage, couture; petites réparations et cirage; rangement en stand et vente des articles finis.
Dans les activités commerciales comme la vente de petits articles (à l’exception des produits chimiques, pharmaceutique, et produits ou images pornographiques), les enfants sont autorisés à faire des tâches telles que vendre sur les étals, dans les boutiques et les magasins à l’exclusion de la vente dans les débits de boissons alcoolisés et autres produits prohibés.
Bien que l’autorisation leur soit donnée par le gouvernement, ces activités peuvent présenter certains risques comme une agression par les animaux ou par les végétaux. C’est pourquoi des conditions d’autorisation ont aussi été posées par les acteurs.
Ainsi, ils exigent la limitation des charges à transporter et des horaires de travail raisonnables (en tenant compte des heures de cours) ; les équipements de protection individuelle adéquats et suffisants; la formation ou sensibilisation des enfants; prévoir les moyens d’intervention en urgence en cas de besoin etc.
« Tout contrevenant sera puni conformément aux dispositions légales en vigueur » peut-on lire dans le document officiel.
Pour Harouna Ouattara, représentant du Graadecom, cet arrêté portera impact sur la vie de plus d’un million d’enfants au Mali et répondra à une demande sociale.
Aussi, selon lui, cette décision consistera un bon moyen de travail, socialisant les enfants en préservant leur santé, sécurité et surtout leur scolarisation.
PAR AMINA SISSOKO