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Soumeylou Boubèye Maïga à propos de la grève des magistrats : «L’ÉTAT NE PEUT FAIRE AUCUN EFFORT SUPPLÉMENTAIRE, PARCE QU’IL SERAIT INSOUTENABLE»

Depuis Mopti, le Premier ministre s’est exprimé publiquement pour la première fois sur la grève des magistrats, depuis la prise par le gouvernement du décret de réquisition. C’était à la faveur d’une rencontre avec les représentants de l’Etat dans la région. Soumeylou Boubèye Maïga s’est montré déterminé à préserver tous les droits constitutionnels, y compris le droit à la grève qui ne saurait cependant s’exercer que dans les limites fixées par la loi.

Cette réquisition des magistrats vise essentiellement à assurer la continuité  du service public de la justice. Contrairement aux supputations, le chef du gouvernement a démontré que les magistrats, qui sont d’ailleurs astreints au service minimum, peuvent être réquisitionnés. Et du reste, a-t-il souligné, l’Etat d’urgence en vigueur ouvre de fait le droit de réquisitionner les biens et services des personnes.

Pour Soumeylou Boubèye Maïga, le droit à la grève ne saurait s’exercer au-delà des limites prescrites par la loi. «Parce que si le pays reconnaissait à quelque catégorie que ce soit la possibilité de faire grève de manière illimitée, c’est que le pays donne le droit à une de ses composantes de prendre l’ensemble national en otage», a-t-il soutenu. Avant d’exprimer l’engagement de l’Etat à faire tout pour que les citoyens aient accès aux services. «Cet accès-là est aussi un droit constitutionnel», selon le Premier ministre. Il a indiqué que le gouvernement respectera tous les engagements financiers qu’il a pris, dont l’augmentation des salaires des magistrats à hauteur de 10%. Mais, pas plus. D’ailleurs, «le gouvernement ne peut actuellement faire aucun effort financier supplémentaire, parce qu’il serait insoutenable», a tranché Soumeylou Boubèye Maïga, ajoutant que l’Etat a la responsabilité de préserver l’équilibre général du pays.

Cette semaine, a-t-il annoncé, «nous ferons le point de l’effectivité du service minimum sur la base de la réquisition que nous avons faite et le cas échéant nous saisirons le conseil supérieur de la magistrature pour un certain nombre de mesures d’accompagnement, y compris celles relatives à la mobilité des personnels». Par ailleurs, le gouvernement se propose d’organiser  (entre décembre 2018 ou janvier 2019) une conférence sociale sur la question générale des salaires. Objectif : trouver des solutions durables, équitables et soutenables.

Lors de cette rencontre, le chef du gouvernement a aussi rendu hommage aux agents de la région. Des hommes et des femmes dévoués qui se débrouillent dans un environnement difficile pour être au service des Maliens.

«C’est un vrai sacerdoce que de travailler au service des citoyens dans ces zones», a dit Soumeylou Boubèye Maïga. Il a informé ses interlocuteurs de la décision de l’Etat de consacrer tout le premier semestre de 2019 à l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents, notamment dans les zones frontalières.

Déjà, un architecte a été engagé pour faire des plans standard des lieux de travail et de résidence des préfets, sous-préfets et magistrats qui seront également dotés de moyens de déplacement.

Par ailleurs, Soumeylou Boubèye Maïga a annoncé l’ouverture imminente, probablement durant cette semaine, des cantines scolaires, notamment à Moussawal.  Des actions concrètes sont aussi envisagées pour permettre la réouverture d’au moins 40% des écoles restées fermées durant la dernière année scolaire.

Issa DEMBÉLÉ

L’Essor

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