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Libye : sommaires exécutions à Syrte

Le groupe Etat islamique (EI) a mené au moins 49 exécutions extrajudiciaires dans la ville portuaire de Syrte, son bastion en Libye.

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C’est ce qu’indique un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié ce mercredi, accusant les djihadistes de crimes de guerre. Les 49 exécutions de Syrte ont été précédées “de procédures en grande partie secrètes bafouant les normes internationales fondamentales relatives à l’équité des procès”, estime HRW. “La nature et l’ampleur des exécutions extrajudiciaires et autres actes pratiqués par l’EI en Libye pourraient également constituer des crimes contre l’humanité”, poursuit l’ONG.

D’après le document de 41 pages, les victimes ont été exécutées par décapitation ou par balle pour crimes présumés de blasphème, sorcellerie et espionnage, remontant à Février 2015.

HRW s’est notamment entretenu avec 45 habitants ayant quitté Syrte pour se réfugier dans la ville côtière de Misrata à 240 km à l’ouest, ainsi que par téléphone ou courriel. Tous ces témoins décrivent “des scènes d’horreur des scènes d’horreur – de décapitations publiques, de dépouilles dans des uniformes orange suspendues à des échafaudages comme « crucifiées » et d’hommes arrachés de leurs lits par des combattants masqués en pleine nuit”, indique le rapport.

“L’EI a également enlevé et fait disparaître des dizaines de miliciens libyens, dont beaucoup pourraient être morts”, indique l’organisme de surveillance basé à New York, en citant des élus locaux en exil et des miliciens de groupes opposés aux djihadistes.

L’ONG dénonce en outre, le détournement de nourriture, médicaments, carburant et argent, par l’EI depuis son arrivée dans la ville côtière de l’ouest de la Libye à la fin 2014 et plus des deux-tiers des 80.000 habitants de la ville ont fui depuis.

Les djihadistes ont aussi ordonné la fermeture de boutiques de lingerie ou de vêtements occidentaux, selon HRW.

“Ils racontent que la police de la moralité, aidée par des informateurs, patrouille les rues, menaçant, punissant et fouettant les hommes qui fument, qui écoutent de la musique ou dont les épouses ou soeurs ne portent pas l’abaya (longue robe ample et flottante) noire”.

Peur à Syrte

Le rapport relate également des cas de prétendues crucifixions et flagellations.

Tout le monde vit dans la peur à Syrte, selon Ahlam, une habitante de 30 ans citée dans le rapport. Elle témoigne qu’il “n’y a pas d’épiceries, l’hôpital n’a ni médecins ni infirmiers, les médicaments manquent (…) Il y a des espions à tous les coins de rue. La plupart des gens sont partis mais nous, nous sommes coincés. Nous n’avons pas assez d’argent pour partir”.

Le groupe djihadiste actif en Syrie et en Irak a profité du chaos dans lequel est plongée la Libye depuis la révolte qui mit fin à la dictature de Kadhafi en 2011 pour s’implanter dans ce riche et vaste pays pétrolier. Il y disposerait de 3.000 à 5.000 combattants, des étrangers pour la plupart, selon des sources françaises et américaines.

Les États-Unis (et d’autres pays occidentaux) ont récemment déclaré qu’ils fourniraient au gouvernement nouvellement formé en Libye des armes pour lutter contre la montée du groupe Etat Islamique dans le pays.

Source: BBC

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