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Lettre à grand-père : Cher grand-père…

Sais-tu que celui qui a compris tout le problème du Mali, est mort ? Mort d’une belle mort ? Grand-père, personne ne peut cerner tout le problème du Mali. Personne. Car c’est au Mali que, lorsque le pays est blessé au Nord, on le tue au Sud. Quand il est frappé au Centre, on l’achève à l’Ouest. Toujours une nouvelle histoire ! Un nouveau problème. Un nouvel incendie. Comme si on n’en a pas assez ! Triste cher grand-père.

 

Si au Nord nous avons le MNLA et Ançar, au Sud notre UNTM et la Synergie des enseignants jouent pleinement leur rôle. Chacun son arme. Les uns prennent des fusils, les autres prennent l’avenir en otage. Pire, les dirigeants, par quel opium, je ne saurais le dire, font pire qu’eux et font le plus mal à notre cher Mali.

On ne sait plus à quel diable se fier. Ni quel enfer choisir. Personne ne pense à ce pays. Ni les dirigeants qui le prennent comme un gâteau à partager, ou l’UNTM qui n’a d’autres conquérants que les enseignants et ces derniers qui jouent à l’extrême sans arrière-pensée. Au même moment, des Djihadistes attaquent par-ci et les bandits par-là.

Le Mali est devenu un véritable jeu de cirque. Un film de clown qui fait rire à mourir. Au Nord, certains militaires tombent en défendant le territoire, la République, nos valeurs laïques, démocratiques et institutionnelles. Au Sud, d’autres sont applaudis et soutenus pour avoir fait tomber un «Président de la République». Pour avoir piétiné toutes les institutions démocratiques.

Pis, on met une transition en place. Un délai est fixé. L’avenir de 20 millions d’habitants est en jeu. Un autre coup d’éclat est applaudi. Motif : Deux supers ministres n’ont pas été reconduits dans un gouvernement. Silence de tous comme chose normale. Même les très démocrates patriotes. Pour couronner le tout, on a quelqu’un pour porter notre croix. La France. Sacré Mali !

On n’a même pas fini de savoir où nous sommes dans l’histoire. Est-ce une transition ou un nouveau régime politique? Il y aurait-il de vote ou on va continuer ? Avec un pays qui s’affaiblit chaque jour davantage. Un autre problème. Une guerre où ce sont deux syndicats qui se haïssent et se servent du pays pour se satisfaire. Pour des petites guéguerres à rejeter même en temps normal a fortiori dans cette instabilité totale.

Et pire, il n’a pas eu de résultat, un an après IBK, seulement des bouches pleines qui ne crient plus car le changement voulu était au fait leur changement et non celui du pays. Aucun Imam ne prie à la Place de l’Indépendance. Aucun muézin n’y fait appel à la prière mais les choses demeurent telles qu’elles ont été. Rien n’a changé. Seulement d’aucuns ont eu des postes, d’autres des promesses. Et c’était ça, mourir en martyrs !

Un jour, grand-père ! Un jour, peut-être, les Maliens parleront ensemble ! On en a ASSEZ ! ASSEZ !  Et à partir de ce jour, les choses auront leur valeur ! La justice serait pour le peuple et non pour une corporation. Le pouvoir sera un Etat et non des hommes. Les choses seront des questions de valeur et non des questions d’appartenance. Et à partir de ce jour, chaque Malien sera citoyen et personne ne piétine encore notre Démocratie, notre République ou nos institutions. Et nous aurons un véritable Etat de droit. Un vrai Etat. Je rêve de Kayes à Kidal. Inch’Allah ! A mardi et c’était ma 105ème lettre.

Lettre de Koureichy

Source : Mali Tribune

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