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Le prix des engrais met en difficulté les agriculteurs ouest-africains

Depuis six mois, le prix des engrais grimpent. Résultat, certains agriculteurs sont contraints de réduire leur utilisation sur le continent africain. Une tendance qui ne sera pas sans conséquence.

Les agriculteurs ouest-africains sont les grands perdants sur le marché des engrais cette année. Les prix ont atteint des sommets. Et certains opérateurs se retrouvent en difficulté faute d’avoir passé leur commande à temps.

Le DAP, l’engrais phosphaté le plus répandu a vu son prix doubler en six mois pour atteindre 600 dollars la tonne. L’Urée, qui appartient à la famille des engrais azotés, a subi le même sort et se maintient à des prix très élevés même si la tendance est à la baisse.

Le prix du DAP victime de l’explosion du prix du soufre

La raison est à chercher dans le prix des composants des engrais, qui ont augmenté. À titre d’exemple, le prix du DAP dépend de celui du soufre, qui est passé de 70 dollars l’été dernier à 230 aujourd’hui.

Autre explication, l’explosion du prix des matières agricoles : elle a fait du bien au porte-monnaie aux grands cultivateurs. Quand en temps normal, ils achetaient dix sacs d’engrais, ils en achètent désormais 15. Ce qui crée un appel d’air sur les prix. Sans compter l’augmentation du coût du fret.

En temps normal, les cultivateurs ouest-africains utilisent déjà 8 fois moins d’engrais par hectare que la moyenne mondiale selon la Banque africaine de développement. Mais cette année ce chiffre pourrait encore chuter… Certains pays comme le Burkina Faso, le Togo et le Mali n’ont presque pas acheté de fertilisants ces derniers mois, confie un négociant à Genève.

Des commandes ouest-africaines trop tardives

Les importateurs d’intrants n’ont pas anticipé la tendance du marché, et lorsqu’ils ont voulu passer leur commande fin 2020 pour une livraison au premier trimestre 2021, ils n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer devant la courbe des prix. L’histoire ne dit pas s’ils ont dû consoler aussi les cultivateurs qui fatalement dans certaines régions débutent leur semis aujourd’hui avec moins d’engrais… et dans la crainte d’une mauvaise récolte l’année prochaine.

D’autres pays comme le Bénin s’en sortent mieux. Mais là pour des raisons structurelles, le président est lui-même investi dans le secteur du coton et des engrais, et sait où et quand acheter pour ne pas se retrouver pris au piège du marché international.

RFI

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