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La mort de Diango Cissoko Clairvoyant, bienveillant, exigeant

L’ancien Premier ministre de Dioncounda Traoré s’est éteint  lundi, à l’âge de 74 ans, à Bamako, dans une clinique privée.

2022 aura fauché de grandes figures politiques…  Soumeylou Boubèye Maïga, Diango Sissoko, deux grands commis de l’Etat. Clairvoyant, humainement bienveillant, intellectuellement exigeant, Diango a publié  plusieurs ouvrages qui attestent de sa profonde connaissance des rouages de l’administration malienne. Cet universitaire, spécialiste  réputé du droit, restera comme l’un des hommes politiques les plus ouverts et les plus indépendants au Mali. Il aura occupé d’importants postes, tous dévouées au bien public, affichant une probité intransigeante. Avec lui, l’argent et le pouvoir ne risquaient pas d’avoir des relations incestueuses.

Décembre 2012, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré nomme le médiateur de la République Diango Cissoko au poste de Premier ministre. Sa nomination survient moins de 24 heures après la démission forcée de ce poste de Cheick Modibo Diarra. Un peu avant la publication du décret nommant le nouveau premier ministre, le président Dioncounda Traoré avait fait une déclaration à la télévision nationale malienne pour annoncer avoir accepté la démission de Cheikh Modibo Diarra.

Le chef de la transition, le capitaine Amadou Sanogo, a aussi fait une déclaration à la télévision malienne pour expliquer les raisons de la démission de Cheikh Modibo Diarra. Le capitaine Sanogo a déclaré que l’ancien premier ministre était devenu un facteur de blocage et ne reconnaissait pas l’autorité du président de la République. Il a aussi expliqué que Cheikh Modibo Diarra n’était pas en résidence surveillée et que les militaires sont à son domicile pour assurer sa sécurité.

Un parcours élogieux

 Docteur d’État en droit, Diango Cissoko est né en 1948. Il a occupé de multiples fonctions dans la haute fonction publique : directeur adjoint puis directeur des services pénitentiaires et de la prison centrale de Bamako (1972-79), directeur national de la Fonction publique et du personnel (1982-83), directeur de cabinet du ministre du Travail et de la Fonction publique (1983-84).

Il fut ministre de la Justice de décembre 1984 à février 1988. Du 15 février 1988 au 26 mars 1991, il est secrétaire général de la présidence de la République. Le nouveau Médiateur de la République a été aussi gouverneur suppléant du FMI et de la Banque mondiale pour le Mali, de la Banque islamique de développement pour le Mali, de la Banque africaine de développement et du Fonds africain de développement. L’on notera également les postes de gouverneur de la Banque mondiale pour le Mali, de directeur de cabinet du Premier ministre (2002-2008). Depuis le 26 janvier 2008, il occupait la fonction de secrétaire général de la présidence de la République.
Expert-consultant de 1994 à 2002, Diango Cissoko est un spécialiste reconnu de l’administration et de la fonction publique comme en atteste les articles, communications et ouvrages qu’il a publiés depuis 30 ans jusqu’au livre “Rédaction administrative”, publié en 2005 et distingué du prix Malouet 2006 par l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France.

L’orfèvre du droit

En 2006, il est membre du comité directeur de l’Institut international de droit d’expression et d’inspiration françaises (IDEF). Membre du Conseil scientifique de l’Association internationale de la fonction publique (AIFP), il appartient aussi au Groupe de travail franco-africain sur la gouvernance au Sud (Groupe Sud).
Cette intense activité intellectuelle s’appuie sur une grande expérience professionnelle, mais aussi sur un solide parcours universitaire sanctionné en 1985 par un doctorat d’État en droit, obtenu avec la mention “très honorable” et les félicitations du jury, à la faculté de droit et de sciences économiques de l’université de Rouen en France. Sujet de la thèse publiée un an plus tard : “La Fonction publique en Afrique Noire, le cas du Mali”. Particulièrement pointu sur ce thème, Diango Cissoko pouvait déjà se prévaloir d’un doctorat de 3è cycle de droit public de l’université de Rouen, d’un diplôme de l’Institut international d’administration publique (IIAP) de Paris, d’un DEA de droit international et relations internationales de l’université de Caen (France) et d’un diplôme de l’ENA de Bamako.
Officier de l’Ordre national du Mali, Diango Cissoko a aussi un long passé de professeur derrière lui pour avoir enseigné différentes spécialités du droit (constitutionnel, administratif, du travail) et la rédaction administrative à l’Ecole des hautes études pratiques (EHEP), l’Ecole nationale des ingénieurs (’ENI), l’Ecole nationale d’administration (ENA) et à l’Université de Bamako.

Source: L’Informateur

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