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Dr Choguel Maïga, leader du M5-RFP : « six mois après le départ d’IBK, les maux que déploré le peuple malien sont toujours manifestés »

Durant ces trois dernières semaines, Dr Choguel Maïga, leader du M5-RFP, a fait plusieurs déclarations fortes sur la gestion actuelle du pays par les putschistes du 20 août 2020. Pour plus de précisions, nous lui avons tendu notre micro. C’était le week-end dernier, dans un coin secret de Bamako. Parce que, dit-il, même dans notre belle et sale capitale, les murs ont des orteils, pardon, des oreilles. Interview imaginaire. Ou presque.

 

Bonjour président !

Bonjour, Le Mollah sans barbe.

Vous avez déclaré, récemment, que six mois après le départ d’IBK, rien ou presque n’a changé dans la gestion du pays. Voulez-vous être plus précis ?

J’ai été, pourtant, suffisamment clair. Posez la question aux Maliens, ils vous diront la même chose que moi. Je peux même aller plus loin, en vous disant qu’IBK vaut encore mieux que ceux qui sont à la tête du pays. Parce qu’au temps d’IBK, aucune zone, située à trois heures de route de Bamako n’a été pris par les djihadistes. Je veux parler de Farabougou, assiégé depuis le 04 octobre par un groupe. Cinq mois après, ils n’ont pas été délogé par la junte militaire au pouvoir.

Peut-on savoir pourquoi ?

Allez leur poser la question !
Et dans les autres domaines, qu’est-ce qui a changé, selon vous ?

Je viens de vous dire que sous ce régime militaire, les choses se sont empirées. Dans son discours d’investiture, le 25 septembre 2020, le président Bah N’Daw avait promis zéro impunité pour les détournements de dénier public. Ce « zéro impunité » est devenu, finalement, impunité zéro. Les rapports du Vérificateur général continuent de pourrir dans les tiroirs des juges.
Sur le plan économique aussi, la situation est loin d’être reluisante. Du moins, si l’on en croit les informations, dont nous disposons, chiffres à l’appui.
Pire, le plan d’action gouvernemental présenté, par le Premier ministre, la semaine dernière, devant le CNT, n’est, ni plus, ni moins, que de la poudre de perlimpinpin.

Pourquoi ?

Parce qu’il est irréaliste, non évalué et non chiffré. S’il était bien étudié, Moctar Ouane devrait pouvoir dire, aux membres du CNT, que ce plan devrait couter tant de milliards. Pire, personne au sein du CNT n’a eu le courage de lui poser la question : Mr le Premier ministre, tout ce que vous venez de dire est bien beau, mais combien coutera-t-il ?

Donc, pour vous, le pays va droit dans le mur…

C’est une évidence. Et c’est, justement, pour cela que le M5-RFP a battu le rappel de ses troupes, la semaine dernière, pour sauver le Mali, sa démocratie et son intégrité territoriale.

Vous avez, aussi, déclaré que le meeting du 21 février dernier constitue le point de départ des nouvelles manifestations du M5-RFP. Qu’entendez-vous par là ?

Cela veut dire, très clairement, que dans les semaines à venir, le Mouvement de contestation va reprendre ses activités, comme nous l’avons fait sous IBK, pour sauver le pays, ou ce qui peut l’être.

C’est ce que vous avez appelé « remettre le rouleau compresseur en marche ».
C’est cela ! Et vous allez voir, ce que vous allez voir.

De leur côté, les syndicats continuent de faire grise mine. Comme en témoignent les grèves, qui ne finissent pas de finir.
Même ces grèves sont à lier aux mécontentements des populations, qui n’ont pas vu une once de changement depuis l’arrivée de ces militaires au pouvoir.

Que voulez-vous dire, concrètement, quand vous déclarez ceci, à l’issue du colloque sur la Transition : « Une charte de la Transition, un président de la Transition surveillé de près par un vice-président de la Transition, véritable maître du pays ; un Conseil National de la Transition, aussi, illégal qu’illégitime ; un Premier ministre de la Transition, nommé à ce poste pour couvrir les intérêts de la junte ; un gouvernement de Transition, dont les membres sont autant de copains, parents et amis ».

Le Mollah, c’est pourtant clair, comme l’eau de roche. On n’a besoin d’aucune explication pour comprendre ce que je viens de dire. Ça se voit, comme le nez, au milieu du visage.

En parlant de « vaste mouvement populaire pour rectifier la Transition et s’opposer à la partition programmée du Mali », de quoi parlez-vous ?

Je parle, bien évidemment, du M5-RFP. Dans les semaines à venir, nous allons remobiliser nos troupes pour, non seulement, mettre fin à la gestion, pour le moins, catastrophique du pays ; mais aussi, freiner la partition du Mali, programmée par les autorités de la Transition. Lorsqu’elles parlent de « mise en œuvre intégrale de l’Accord d’Alger », tout le monde sait ce que cela veut dire. Et nous allons nous y opposer. Même au prix de notre sang, de notre vie.

Propos recueillis par Le Mollah Omar 

Source : Canard Déchaine

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