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2021 : l’année de Choguel Kokalla Maïga

C’est à un moment où beaucoup le disaient en perte de vitesse, qu’il s’est retrouvé dans la lumière. Après des mois de contestation et de tribulations, Choguel Kokalla Maïga  a été officiellement nommé Premier ministre de la transition le 7 juin dernier, à la suite d’un second coup d’Etat ayant propulsé le vice-président de la transition Assimi Goïta à la fonction de chef de l’Etat.  Assises nationales de la refondation, grille unifiée des fonctionnaires, lutte contre la corruption, emprisonnement de politiques ou encore discours à la tribune de l’ONU,  le nouveau Premier ministre aura marqué l’année 2021 par sa politique et ses prises de position. 

 

Sécurité, politique, société. Voilà les trois piliers sur lesquels repose la gouvernance Choguel. Six semaines après sa nomination, le Premier ministre a présenté le 30 juillet le Plan d’Action de son Gouvernement devant un conseil national de la transition (CNT) qu’il jugeait auparavant illégale et illégitime. Bâti autour de quatre axes : le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation des élections générales et la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité.

De ce Plan d’action, ont découlé plusieurs décisions stratégiques qui n’ont pas manqué au Premier ministre de faire parler de lui en 2021.

« Le Mali lâché en plein vol »

Le premier axe du PAG étant le renforcement de la sécurité, Choguel Kokalla Maïga a mal apprécié la réorganisation de la Force Barkhane au Mali, dont l’objectif est de réduire la présence militaire française du pays. Et à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU le 25 septembre dernier, le président du comité stratégique du M5 n’a pas manqué de le faire savoir au monde. « La nouvelle situation née de la fin de Barkhane, plaçant le Mali devant le fait accompli et l’exposant à une espèce d’abandon en plein vol, nous conduit à explorer les voies et moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome avec d’autres partenaires »a-t-il lâché.

Le propos, qualifié de « honteux » par Emmanuel Macron, a contribué à altérer davantage la relation entre Bamako et Paris. Cependant, la déclaration a été saluée par des Maliens qui y voient plutôt un courage politique inédit face à « l’ancien colon ».

Voulant « explorer d’autres partenaires », le pays s’est vu accuser par la France, et d’autres pays plus tard, de recourir aux services de la société de sécurité privée russe Wagner. Accusations balayées de la main par le gouvernement qui y voit plutôt une pression sur le Mali afin de renoncer à ses desseins d’ouverture à d’autres partenariats.

Apaisement du front social   

Lorsque Choguel Kokalla Maïga venait à la primature, un mot d’ordre de grève de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) planait toujours. Les syndicalistes ont donné au nouveau Premier ministre un ultimatum de 10 jours pour entériner leur revendication, dont notamment l’harmonisation de la grille salariale. Promesse à l’appui, il a obtenu des syndicalistes un temps pour s’exécuter. Le 28 septembre, une grille salariale unifiée pour les fonctionnaires a été décrétée par le président de la transition. Si elle a scellé la paix avec l’UNTM, elle a ouvert d’autres fronts sociaux, notamment avec le personnel enseignant et ceux de plusieurs corps des forces de sécurité qui pointent du doigt une « militarisation » de la grille, favorisant largement les forces de défense au détriment d’autres fonctionnaires.

Lutte contre la corruption

En matière de lutte contre la corruption, le gouvernement Choguel a diligenté des enquêtes quant aux irrégularités financières et la corruption relevées par les rapports du bureau du vérificateur général. Plusieurs personnalités sont d’ores et déjà sous mandats de dépôts. Cependant certains soupçonnent le Premier ministre d’être dans une chasse aux sorcières et un règlement de compte politique.

Assises nationales de la refondation

Refondation. C’est le maître mot de Choguel Kokalla Maïga autour duquel s’inscrirait la logique de sa gouvernance. Pour le Premier ministre, parvenir à un nouveau Mali exige la participation de toutes les filles et de tous les fils du pays. C’est dans cette optique qu’il a tenu à l’organisation d’assises nationales de la refondation (ANR), dont les conclusions permettront d’établir un calendrier électoral. Cependant les ANR ont souffert du boycott de plusieurs partis politiques qui soupçonnent une volonté déguisée du gouvernement de transition d’avoir uniquement la « bénédiction du peuple » pour prolonger la durée de la transition.

Un personnage contradictoire

Ce qui a le plus marqué chez Choguel Kokalla Maïga, c’est le double langage qu’il a tenu tout au long de son évolution de 2020 à nos jours. De la même façon que le porteur de bazin s’est mue en friands de boubou à base de tissus traditionnels, ses propos ont changé, mettant en branle la constance de l’homme politique.  « Ce qui m’a beaucoup frappé chez lui en 2021, c’est sa constance avant qu’il ne soit nommé Premier ministre. Il aurait pu améliorer et maintenir cette constance qui l’a caractérisée depuis le Mouvement du M5. Quand il a été nommé Premier ministre, on a eu droit à un double discours, notamment quant à la présence de la France au Mali, la durée de la transition, etc. », regrette l’analyste politique Ballan Diakité pour qui l’année 2021 pourrait également être celle du président de la transition Assimi Goïta.

Le chercheur en sciences politiques Mohamed Ag Ismaël abonde dans le même sens. « Il qualifiait le CNT d’illégal et d’illégitime, pointait du doigt la militarisation de l’administration, etc. Pourtant il a fini par tout avaler une fois à la primature.  D’où la contradiction de sa personnalité ayant abandonné ses principes du M5 RFP.»

Il poursuit que le Premier ministre aurait dû dialoguer d’avantage avec l’ensemble de la classe politique, rassembler les Maliens au lieu de « les diviser  y compris au sein du M5 RFP, sa force naturelle.»

Cependant le chercheur reconnaît que Choguel kokalla Maïga est « le Premier ministre qui exprime la pensée de la rue.»

Source : Journal du Mali

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