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La société civile

Dans ce billet je vais parler du rôle de la société civile aux yeux de Sémou Pathé Guèye. L’expression société civile prête à confusion. Mais avant, qu’est-ce que la société civile ?

La société civile « regroupe des instances et des structures associatives aussi différentes les unes des autres que les partis politiques, les syndicats, les institutions religieuses et les autres associations de défenses d’intérêt privés » (S. P. GUEYE, 2003, p. 98). La société civile ainsi comprise est appelée à exercer dans la société trois fonctions sociales de ‘’veille permanente, d’alerte et de contre-pouvoir’’. Dans son ouvrage intitulé Du bon usage de la démocratie en Afrique, Guèye (2003, p. 102) décrit ainsi les fonctions de la société civile :

« fonction de veille permanente surtout les aspects de la vie publique pour déceler en temps, prévenir et éventuellement combattre tout ce qui, soit dans le comportement de l’Etat soit dans celui de telle ou telle composante de la société, peut porter préjudice à la collectivité dans son ensemble ou aux intérêts et droits légitimes d’individus ou de groupes vivant en son sein, fonction d’alerte pour mobiliser l’opinion publique et toutes les forces dont le concours pourrait s’avérer nécessaire pour réparer un tel préjudice s’il arrivait à se produire ; fonction de contre-pouvoir enfin, dans la mesure où l’accomplissement conséquent des deux fonctions précitées peut avoir un effet dissuasif contre toute tentative d’attenter aux principes et aux valeurs dont la défense et la promotion constituent sa raison d’être.

En se référant aux propos de Guèye, nous remarquons que la plupart des sociétés civiles se fondent dans le pouvoir en place. C’est pourquoi elles ne jouent plus leurs rôles. Le cas du Mali en est un exemple concret d’où les membres de la société civile cherchent à arriver au pouvoir. Ce qui fait que les fonctions citées ci-haut sont oubliées. Certes, un membre de la société civile peut vouloir conquérir le pouvoir, mais cette fois-ci il doit quitter la société civile. Elle peut aussi jouer le rôle de « facilitateur de dialogue, de médiation et d’intermédiation pour prévenir les conflits ».

L’effondrement de l’éducation et de l’enseignement résulte également de l’inactivité de la société civile. Le gouvernement malien qui se dit engager pour la cause commune ne fait que négliger l’indispensable qui est l’éducation. Tout pouvoir qui considère l’éducation comme secondaire est dirigé par des hommes de mauvaise foi. L’inintelligent, l’incompétent, l’anormal est ce gouvernement qui ne prend pas au sérieux les études. Un gouvernement qui ne se soucie pas de l’éducation de sa jeunesse est malheureux. La société civile est indépendante de l’Etat, de partis politiques, des pouvoirs économiques et tous pouvoirs dont les intérêts sont opposés ou pourraient s’opposer aux intérêts généraux ou aux intérêts légitimes de certains membres particuliers de la société.

Enfin, pour dire que les sociétés civiles africaines sont pleines d’imposteurs. Et par conséquent, les gouvernants font de l’espace politique un lieu de comédie et de luxe.

J’implore le comportement des gouvernants maliens face à la situation scolaire car aucun pays ne peut se développer sans ce secteur. C’est une déception !

Bamako, le 25/04/2020

Judé SOGOBA-Prof. de philo

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