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DÉPUTÉS PROROGES : Flagrant délit d’usurpation de titre

Proroger illégalement le mandat des députés est une violation flagrante de notre Loi fondamentale. Les autorités piétinent allègrement notre démocratie comme pour dire : « qu’il n’y a rien en face » à en croire les contestataires de la prorogation.

Les bénéficiaires de cette 2e prorogation, les députés ont voté les yeux fermés le projet de loi déposé par le gouvernement sur la table du président de l’Assemblée nationale, la représentation nationale qui, si l’on se réfère à la Constitution ne représente plus légalement le peuple du Mali. Depuis fin décembre comme il est inscrit dans la Loi fondamentale, les députés devaient retourner aux urnes solliciter les suffrages des populations.

La prorogation, un moindre mal

La prorogation est un moindre mal pour tous ceux-là qui ne peuvent présenter un bilan de leur mandat à leurs électeurs et qui ont peur de solliciter les suffrages des populations. La prorogation est et reste pour eux une bouée de sauvetage pour eux. Elle est aussi un moindre mal pour la communauté internationale et les partenaires qui sont au chevet du Mali et qui voudraient vaille que vaille donner au Mali une nouvelle Constitution qui prendrait en compte les éléments de l’accord. Des raisons qui expliquent la prorogation du mandat des députés.

Et les autorités avec bien entendu la complicité des députés obsolètes vont adopter en catimini la Loi fondamentale sachant bien que la situation sécuritaire délétère ne permet pas la tenue d’un référendum. Les Maliens dans leur grande majorité souhaitent que les députés en fin de mandat aillent chercher leurs suffrages donc aller aux législatives car ils sont dans l’illégalité constitutionnelle.

La Constitution a été violée une seconde fois par les autorités de la République pour des fins qu’elles seules connaissent. La Constitution n’est pas un chiffon de papier que l’on peut déchirer ou même brûler au gré des circonstances comme l’a dit un grand politicien de notre pays.

« La loi, c’est moi »

Il faut que l’on apprenne à cultiver chez le citoyen l’esprit de la loi et sortir de cette conception éhontée « la loi c’est moi ». Le 30 juin après la première prorogation de leur mandat l’on devrait renvoyer les députés à leurs électeurs et là sans aucun doute leurs mandants comprendraient qu’ils sont humbles et à l’écoute de leur peuple. Cette prorogation est un coup de force dont seules les autorités sont responsables. Dans tous les cas c’est le peuple qui a élu les députés.

Le président de la République devrait en toute responsabilité dissoudre l’Assemblée caduque et gérer le pays par ordonnance avec soumission à la Cour suprême pour contrôle et correction des textes et à la Cour constitutionnelle pour la conformité à la Loi fondamentale du 25 février 1992.

Dans tous les cas, les députés obsolètes vont par redevabilité tout voter et faire passer comme « lettre à la poste ». La prorogation du mandat des députés reste aux yeux des citoyens comme une banalisation de la Constitution, fondement des monarchies constitutionnelles, des républiques et de la démocratie.

Dans tous les cas, les Maliens sont d’accord pour les assises nationales inclusives où tous les sujets seront abordés sans tabous pour aboutir à une Constitution consensuelle pour fonder une République solide et une démocratie forte.

Abdrahamane Wellé (contribution)

Source: Notre Printemps

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