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CEDEAO : la marche graduelle vers l’Eco

S’il ne tenait qu’au seul président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, le franc CFA, dépouillé de son oripeau colonial et revêtu du manteau plus attractif de l’Eco, deviendrait la monnaie commune des 15 pays de la CEDEAO.

 

Le 16 février dernier, comme en réponse au vice-président du Conseil italien Ligui Di Maio qui, quelques semaines auparavant, avait accusé la France  » d’appauvrir l’Afrique au moyen du franc des colonies qu’elle imprime pour financer sa dette publique » il déclarait, au sortir d’un entretien avec Macron :  » Le FCFA est notre monnaie. C’est la monnaie des pays qui l’ont librement choisie depuis leur indépendance en 1960 « .

Et d’ajouter :  » Je ne comprends pas ce faux débat sur le  franc CFA qui est une monnaie solide, appréciée, bien gérée. Une monnaie qui contribue à la croissance et à la stabilité de l’espace UEMOA« .

Profitant de la visite de son homologue sénégalais Macky Sall à Abidjan, en juin, il précisait sa pensée relativement à la monnaie communautaire en gestation:  » La monnaie unique de la CEDEAO doit fonctionner sur le modèle du FCFA qui a été performant« .

Retour à Paris. A l’issue d’une nouvelle audience à l’Elysée, le 9 juillet, le président de la Côte d’Ivoire déclare aux journalistes :  » Le FCFA se porte bien. Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont décidé qu’ensemble, à 15, nous allons mettre en place une nouvelle monnaie qui s’appelle l’Eco. A terme le franc CFA s’appellera l’Eco«

Formulée comme telle, sans explication complémentaire, la dernière phrase renforce chez les détracteurs du franc CFA et adversaires déclarés de Ouattara le sentiment que la monnaie communautaire annoncée ne sera, dans l’optique de ce dernier, qu’un prolongement, sous un nouvel habillage, de la monnaie coloniale décriée. Ce qui, eu égard à la place prépondérante de son pays dans l’économie de l’espace UEMOA, pourrait être un facteur de compromission d’un projet d’importance historique.

La 21e session de la Conférence des chefs d’Etat de l’UEMOA, tenue le week-end dernier à Abidjan, aura permis à celui qui est aussi le président en exercice de cette organisation sous-régionale de lever l’équivoque sur sa démarche.

Celle-là ne consiste pas à terme une substitution de l’Eco au franc CFA en conservant toute l’architecture sur laquelle il repose. Mais ce sera bien le cas, dans un premier temps.

En effet, partant du constat que ce sont les Etats de l’UEMOA qui satisfont le mieux les critères de convergence économique nécessaires pour lancer la monnaie unique, il en déduit qu’ils seront les premiers à utiliser l’Eco, les autres devant les rejoindre au fur et à mesure qu’ils satisferont les mêmes critères. En attendant, l’Eco fonctionnera bien comme le Franc CFA : il sera arrimé à l’Euro et  » garanti » par le Trésor français contre le dépôt dans ses caisses de 50%  des avoirs extérieurs des Etats utilisateurs.

La donne changera lorsque le géant nigérian, le Ghana, la Guinée, la Sierra Leone et les autres membres de la CEDEAO adhéreront au système. L’Eco sera alors arrimé à un panier de monnaies (Euro, Dollar, Livre Sterling,Yen, Yuan etc) . Il sera flexible et gouverné par une Banque Centrale Communautaire.

Alassane Ouattara est donc bien en phase avec les décisions de la 55e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement tenue à Abuja le 29 juin dernier.

Saouti HAÏDARA

Source: l’Indépendant

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