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SEKOU DJIGUE : Un mécène engagé dans la promotion de la jeunesse malienne

Dans le cercle de Kati, à Kalabancoro, Sékou Djigué, un jeune opérateur économique de 28ans, a créé une association dénommée Waati sera pour organiser les jeunes afin de les impliquer dans le développement de la localité. Son engagement pour sa communauté lui a valu des reconnaissances de la part des autorités de sa commune et des postes électifs au sein de deux grandes fédérations sportives au Mali : le taekwondo et le hippisme.

Il n’est certes pas le pionnier dans les initiatives de développement de la jeunesse au Mali, mais Sékou Djigué a su innover. A 28 ans, M. Djigué est un opérateur économique « puissant » mais toujours disponible pour sa communauté. A Kalabancoro, il a organisé les jeunes au sein de l’Association Waati sera (il est temps), ayant pour objectif de faire la promotion de la jeunesse. Pour cela, il ne réclame pas des postes pour la jeunesse, mais  pousse celle-ci à s’engager pour la communauté. « Lorsqu’on accède à des postes de responsabilités par mérite, nous ne pouvons que servir la communauté, le Mali », explique-il, souriant.

Tout est parti d’une causerie de grin (lieu prisé de retrouvaille des jeunes). En 2014, une année après l’élection du président IBK pour son premier mandat et quand les débats politiques portaient essentiellement sur l’élection de nouveaux maires à travers le pays, M. Djigué et certains de ses camardes du quartier ont décidé de s’impliquer dans le développement de leur commune en soutenant un jeune dans la conquête de la mairie. « Nous avons toujours eu des maires et des conseillers qui ne sont, le plus souvent, pas disponibles pour la population. Ils ne sont là qu’à l’approche du renouvellement de leur mandat. Or, les problèmes de la communauté sont nombreux et nous n’avons personne pour mieux s’occuper de nous. Il fallait donc apporter un changement ». Ils ont donc lancé un mouvement qui axe ses actions par l’appui direct à la population. Le mouvement se fait connaitre à travers des actions concrètes comme des dons de médicaments au CSCOM de Kalabancoro, l’appui aux personnes démunies et malades, les opérations de ramassages d’ordures, de curage de caniveaux et de bitumage de certaines artères, etc.

En moins de deux ans, M. Djigué, surnommé « Le Obama Malien », et son mouvement ont été sollicités par les plus grandes formations politiques du pays, mais ne soutiendra que le PIDS, le parti de Daba Diawara, un homme politique habitant le quartier. « Nous ne l’avons pas choisi pour de l’argent encore moins pour son parti, mais pour son engagement auprès de la communauté. Bien avant son souhait d’être candidat à la mairie, il avait déjà posé des actes concrets, c’est pourquoi les jeunes l’ont aidé », révèle M. Djigué.

Depuis, son association ne cesse de poser des actes pour conscientiser les jeunes en les invitant à plus d’abnégation, d’effort personnel et d’engagement pour leur communauté.

Le sport, son autre combat

Malgré ses multiples occupations, partagées entre son travail et sa vie associative, M. Djigué est très remarqué sur un autre terrain : le sport. Bien avant le Mali, le jeune commerçant s’investissait déjà dans le hippisme au Sénégal où il est propriétaire de plusieurs purs sangs, des chevaux de race améliorée. Grâce à son amour pour le cheval, il a été sollicité par la Fédération malienne des sports équestres (FMSE) pour apporter son expertise. Il a ainsi ouvert une écurie au Champ hippique de Bamako et amené des purs sangs au Mali. Il est aussitôt élu comme chargé des relations extérieures au sein du bureau fédéral de la FMSE. Aujourd’hui, de par son amour pour ce sport, il reçoit des invitations pour assister et participer à des compétitions partout à travers le monde.  « Le Mali était premier en hippisme en Afrique de l’Ouest. Les sénégalais avaient le Mali comme modèle. Le Sénégal a maintenant déjà dépassé notre pays. Pour les dépasser, nous devons attendre dix ans ou plus. C’est pourquoi, je me bats pour amener des purs sangs et relever le niveau de notre course. Nous devons être au top sur le continent », s’exclame-t-il.

Mécène, il est également contacté en 2017 par la Fédération malienne de taekwondo pour parrainer le championnat national de la discipline. Il accepte le challenge et met la main à la poche. Suite à la réussite de ce tournoi national, il est plébiscité pour intégrer le bureau fédéral de cette discipline.

Le travail, l’unique clé pour réussir

Contrairement à beaucoup de jeunes « riches » maliens qui sont nés avec des cuillères en or, Sékou Djigué n’est parti de rien. Issue d’une famille de commerçant,  il a vite abandonné les études au profit du marché. Elève plutôt brillant, Sékou développera les mêmes compétences dans le commerce. Il enchaine avec le transit, l’électronique et le pétrole. Il avoue n’avoir jamais opté pour l’aventure, contrairement à beaucoup de jeunes maliens, singulièrement dans le milieu Djawando.

« C’est possible de réussir ici. Le monde est devenu un gros village ou tous les coins sont pareils. Il faut croire à ce qu’on fait, c’est l’unique solution pour réussir ». Pour lui, il est temps que les jeunes soient conscients de l’urgence. « Les vieux ont tout donné. De l’indépendance à nos jours, après le mouvement démocratique, ils ont vraiment travaillé. Nous devons donc tourner cette page de l’histoire en ne regardant que le Mali. Il est temps de faire le changement et cette mutation devra être incarnée par notre génération », conseille-t-il.

Comment faire alors ? « L’union et le pragmatisme », répond-t-il. Il ajoute : « nous devons travailler et maitriser le métier qui nous passionne. Dans tous ce qu’on fait, nous devons penser à l’apport communautaire, ce que les autres bénéficient de mon activité. Cela est très important pour le développement d’une nation. Pour que les jeunes viennent au pouvoir, ils doivent se battre, pas sur les réseaux sociaux ou à travers les insultes, mais en travaillant dur et en s’engageant réellement pour le Mali ».

Marié et père de quatre enfants, Sékou Djigué, du haut de ses 1m80, est un leader plutôt apprécié par ses travailleurs. « Il pense à nous dans tous ce qu’il fait. Pendant les grands évènements comme les fêtes, il nous appuie financièrement. Et lorsque nous avons des cérémonies personnelles dans nos familles, il est là pour partager ces moments avec nous. Au bureau aussi il est jovial », reconnaissent quelques employés de M. Djigué.

Sory I. Konaté

30minutes

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