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Un pa de plus vers une intervention militaire armée au nord du Mali

Les représentants d’Ansar Dine ont tenu une conférence de presse mercredi à Ouagadougou.

Alors que des chefs d’état-major ouest-africains étaient réunis mardi à Bamako pour étudier le plan d’opération, élaboré par des experts internationaux, de la force armée pour reconquérir le nord du Mali, Ansar Dine, l’un des groupes islamistes armés occupant le nord du pays, a solennellement proclamé son rejet du terrorisme et appelé au dialogue.
Cette réunion a lieu au moment où des négociations se tiennent à Ouagadougou et Alger avec Ansar Dine, l’un des trois groupes islamistes qui occupent le nord du Mali, pour qu’il se désolidarise des deux autres, al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).
Les chefs d’état-major de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) doivent se prononcer sur le « concept stratégique » de la reconquête du nord du Mali, mis au point pendant une semaine à Bamako par des experts internationaux, africains et occidentaux. Ce concept doit préciser la composition de la force, le niveau de participation des pays de la Cédéao qui en constitueront le noyau, le financement et les moyens militaires dont elle devrait disposer.
À l’ONU
Une fois validé par les militaires, il devra ensuite être approuvé par les dirigeants politiques africains. Il sera alors transmis, avant le 26 novembre, au Conseil de sécurité de l’ONU qui avait voté le 12 octobre une résolution donnant à la Cédéao 45 jours pour préciser ses plans de reconquête du nord du Mali.
« Il s’agit de s’entendre sur un concept d’opération pour aider rapidement le Mali à récupérer le Nord », a déclaré à l’ouverture de la réunion le général Soumaïla Bakayoko, chef d’état-major de l’armée ivoirienne, dont le pays préside la Cédéao. Le chef d’état-major de l’armée malienne, le colonel-major Ibrahim Dembelé, a pour sa part affirmé que « le concept stratégique soumis aujourd’hui est à la fois flexible, innovant et consensuel ».
Le général guinéen Sékouba Konaté, chef de la Force africaine en attente, chargé par l’Union africaine de superviser la préparation de la force de la Cédéao au Mali, assiste à la réunion. Des troupes non africaines pourraient participer à la reconquête du Nord si les chefs d’État africains donnent leur accord, avaient indiqué lundi des experts à l’issue de leur réunion.
Jusqu’à présent, la France et les États-Unis ont toujours écarté l’idée d’envoyer des troupes, mais se sont déclarés prêts à fournir un appui logistique. Mais des responsables ouest-africains espèrent une intervention de leur aviation, qui pourrait s’avérer décisive pour chasser les groupes islamistes.

 

Ralliement
Un responsable africain avait également indiqué que le nombre de militaires de la force de la Cédéao, « pourrait atteindre les 4000 au lieu des 3000 initialement prévus » et qu’ils seraient répartis un peu partout au Mali.
Parallèlement à la préparation de la force armée à Bamako, une délégation d’Ansar Dine a rencontré mardi après-midi le président Blaise Compaoré, médiateur au nom de la Cédéao. Les pourparlers semblent avoir été fructueux, le groupe affirmant rejeter « toute forme d’extrémisme et de terrorisme et s’engage à lutter contre la criminalité transfrontalière organisée », indique une déclaration lue par un membre de la délégation du groupe présente à Ouagadougou.
Cette déclaration marque un tournant, car elle affiche une prise de distance d’Ansar Dine avec ses alliés djihadistes d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), avec qui il contrôle le nord du Mali depuis sept mois. Ces trois groupes y imposent la charia de manière très rigoriste.
Tout en saluant les engagements pris par les islamistes d’Ansar Dine, le chef de la diplomatie burkinabé, Djibrill Bassolé, a souhaité qu’ils aillent « au-delà de la déclaration d’intention ».
Il faut que les groupes armés du Nord malien « s’abstiennent d’actes et d’exactions qui prennent l’allure de pro- vocations inutiles », a-t-il insisté, alors qu’Ansar Dine n’a pas fait référence à la charia et a seulement évoqué le « respect des droits et des libertés fondamentales ».
De son côté, un responsable de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Ibrahim Ag Assaleh, a depuis Ouagadougou félicité Ansar Dine pour s’être démarqué du terrorisme et a lui aussi réclamé le dialogue.
Laïc et prônant l’autodétermination, le MNLA avait été évincé de la région par les islamistes. Mais il est largement considéré comme un acteur d’une éventuelle solution négociée.

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