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Sans Tabou: plaintes et complaintes sur fond de plaisance et complaisance

Pour l’honneur bafouillé, l’épidermique souverain du Mandé se serait creusé une tombe jusqu’à ce que l’affront soit lavé et que l’éhonté Jolofing Mansa soit puni comme il se doit. Mais c’était ces temps-là où le pays de Soundjata avait l’ambition de ses moyens et les moyens de son ambition. En ces temps-là, le Grand Mali en imposait et imposait son respect, dictait sa loi, et recevait tribut de ces peuples de l’Ouest-africain : de l’Atlantique à l’Aïr, du Sahara à la Forêt… Comme le disait avec beaucoup de nostalgie l’ancien président et non moins le nationaliste Ibrahim B. KEITA avec beaucoup de nostalgie : «nous fumes… » !

 

Mais hélas ! Mille fois hélas ! Ce Mali légendaire reste encore gravé dans nos veines, dans nos chromosomes et dans nos ADN. Nous sommes les descendants de Soundjata, de Biton, de Dah Monzon, de Babemba, de Samory, de Fihroun, de El Hadji Oumar, de Cheickna Hamalla, de Mamadou Lamine Dramé, de Koumi Diossé, de Banzani Théra… Non, nous ne pouvons pas souffrir de tel ou tel affront, de tel ou tel manque de respect…
Et pourtant ! Sauf respect pour notre dignité de descendant de grands héros, nous avons été colonisés comme les autres, et vaincus par une poignée de rebelles aidés par la France. Et nous sommes encore empêtrés dans ce honteux bourbier de la défaite depuis bientôt 10 ans.
Qu’est-ce qui doit faire mal entre notre honteuse posture de nation vaincue et assistée par l’ensemble de la communauté internationale ou les petites vérités d’un voisin qui ne peut nous vouloir l’enfer sans y être consumé ?
Pourtant, les ancêtres dont nous nous réclamons nous ont légué cette autre vérité, liquide, et sans fard ni dard : si ton ami ne te dit pas la vérité, paies ton ennemi pour qu’il te la dise. Le président Mahamed BAZOUM est-il l’ennemi du Mali ?
En dépit de l’émotion, compréhensible, chacun visionnant dans le rétroviseur verra en cet homme un ami et un défenseur de notre nation et de notre peuple.
Mais, point de complainte et de naïveté risible : BAZOUM n’est pas le président du Mali, mais celui du Niger. Donc son devoir premier est de défendre les intérêts du Niger, quitte à sacrifier ceux du Mali. Et c’est ce qu’il a fait. Le Niger est aujourd’hui l’allié stratégique de la France dans le Sahel au détriment de notre pays qui perd trois emprises françaises avec tous les avantages qui y étaient rattachés.
De quoi se plaint-on ? Que BAZOUM ait fustigé la prise du pouvoir par les militaires dans notre pays ? Ou qu’il ait dit que la place des militaires est sur le front ? Mais, est-ce la première fois qu’on entend de pareils critiques dont nul ne peut contester le fondement à commencer par l’armée elle-même ? Des coups d’État, même ceux qui les font ne les souhaitent pas. Alors, sortons des complaintes et des complaisances situationnistes qui ne flattent pas l’honneur de notre pays et qui ne caressent pas ses intérêts dans le sens du poil.
C’est déjà un incident diplomatique que d’élever une vive protestation contre la déclaration souveraine d’un chef de l’État fut-elle ne pas nous plaire.
Mais, au lieu de lâcher la meute incontrôlée des réseaux sociaux pour insulter un chef d’État dont le pays accueilli plus 300.000 de nos compatriotes que nous n’avons pas su protéger, contentons-nous des résultats probants de notre diplomatie lors de ce sommet du G5 : les 4 autres pays du Sahel engagés comme le nôtre dans la lutte contre le terrorisme et leur allié de la France reconnaissent désormais officiellement et sans aucune équivoque le leadership du colonel Assimi GOITA comme «Président de la Transition, Chef de l’Etat, de la République du Mali ». Ce qui constitue un camouflet pour Emmanuel Macron qui est viscéralement contre notre président et un populisme parisien pour BAZOUM qui reconnaît le leadership de Assimi et épilogue sur les coups d’État comme s’il appréhendait quelque chose…
De quoi a-t-il peur BAZOUM pour s’en prendre à Assimi ? C’est à notre avis sur cela qu’il faut communiquer et non sur notre capacité à invectiver et à insulter nos partenaires et nos voisins.
Mettons balle à terre, sans peur et sans honte. Notre situation commande la synergie, encore la compréhension, l’appui et l’assistance des autres, y compris nos voisins dont le Niger qui n’est pas et ne peut être l’ennemi du Mali. Le président Bazoum est certes dans l’obligation de respecter le Mali et son peuple, mais cela ne signifie point qu’il se plie en quatre pour nous dire ce que nous voulons toujours entendre.
Arrêtons d’afficher notre nationalisme à fleur de peau, d’exhiber notre point faible à tout le monde, l’éternelle complainte du trahi qui cherche un bouc émissaire à ses déboires.
Soyons digne de nos ancêtres malinké disaient : Kéle kounkourouni ka foussa kouma kounkourouni ye. Kele be ban, kouma te ban. Mieux vaut un petit conflit guerre entre voisins qu’une courte dispute. Car, la guerre a une fin, pas certains propos.
Arrêtons cette histoire avant que ça ne dégénère.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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