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Sans Tabou: école en vrille, la désertion des politiques 

La crise actuelle que traverse l’école malienne du fait d’un Plan d’OPA des Syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre 2016, ravive la facette la plus exécrable des hommes politiques de notre pays qui observent un silence assourdissant, l’extrémisme frisant le hooliganisme des vecteurs du savoir, mais également une posture ambiguë du Gouvernement.

 

En ce qui est de la Majorité présidentielle, sans procès en sorcellerie aucun, on peut soutenir que leur pacte politicard n’a pas tenu. Chacun des membres s’en délivre désormais de la pire des manières : en rasant les murs quand ils doivent aller au charbon. De l’autre côté, à l’Opposition, l’on ne peut que se délecter de la faillite d’un Gouvernement concocté sur la base d’un Accord de Gouvernement dont a été l’inspirateur, avant d’être floué.

Pour les Syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre 2016, c’est l’obstruction plutôt que l’action constructive, la victimisation plutôt que la justification. À chaque fois, le cynisme la dispute à l’opportunisme et l’article 37 de la loi N° 2018-007 du 16 JAN 2018 qui stipule : ‘’toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale’’ sert de prétexte à tous les jusqu’au-boutismes.

Échaudé par l’expérience de l’année scolaire 2018-2019 sauvée in extrémis, le Gouvernement force pour reprendre la main. En cela, le timing de recruter 15 000 volontaires pour suppléer aux enseignants grévistes n’est pas très heureux ; d’autant plus que l’école publique est en déficit chronique d’enseignants. Pis, le Gouvernement est dans un fauteuil d’autant plus inconfortable que pendant qu’il demande aux enseignants de serrer la ceinture, les allocations des caisses de souveraineté semblent narguer une crise financière ambiante.

En tout état de cause, ce sont deux radicalités qui s’affrontent désormais. D’une part, les Syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre, d’autre part le Gouvernement déterminé à mettre un terme à la chienlit des arrêts intempestifs et prolongés des cours.

Entre ces deux radicalités, il y a des innocents, des enfants, nos enfants, victimes collatérales d’une situation de violation de l’un de leurs droits fondamentaux, à savoir l’éducation. En effet, l’article 17 de la Constitution du 25 Février 1992 dispose : ‘’l’éducation, l’instruction, la formation, le travail, le logement, les loisirs, la santé, et la protection sociale constituent des droits reconnus’’.

Le détachement avec lequel nos hommes politiques observent ce spectacle dantesque est affligeant. Parce que l’homme politique est celui qui a une vision, qui appréhende l’avenir et pose les actes pour la consolidation du futur. A contrario, le politicard est celui qui est affriolé par le gain immédiat, que cela s’appelle un mandat électif, un strapontin. L’homme politique, c’est indubitablement celui qui se préoccupe de l’instruction, de l’éducation, de la formation de la jeunesse, parce que l’avenir d’une nation c’est sa jeunesse.  Il est dès lors aisé de catégoriser ceux qui se drapent de la qualité d’homme politique, tout en manquant à leur mission élémentaire. Pas étonnant que le PM qui se dit apolitique soit amené à mettre à contribution la Majorité présidentielle au cours d’une rencontre, ce week-end, pour désamorcer la crise scolaire.  Suprême injure pour des gens qui ont pour vocation la conquête et l’exercice du pouvoir… Néanmoins, elle reste interpellée tout comme l’ensemble de la classe politique malienne et par-delà, la société civile.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : Info-Matin

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