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Que sont ils devenus… Soungalo Diakité dit Djourou : Grand pourvoyeur de centres parfaits et passes décisives…

La situation paradoxale de certaines personnes est parfois indépendante de leur volonté.  Fataliste, on peut leur accorder des circonstances atténuantes en excipant la volonté divine. Cette leçon de morale est une brèche pour aborder l’histoire de notre héros de la semaine : Soungalo Diakité dit Djourou (la Corde). Lui, il ne mettait aucunement les gens dans la corde comme Aboubacar Toumba Diakité (ancien aide de camp du président Moussa Dadis Camara) aime à le dire au procès des événements du 28 septembre 2008 présentement en cours en Guinée-Conakry. Son surnom “Djourou” (la Corde), il le doit à ses centres, à ses passes précises comme un appel téléphonique sur une ligne directe. Allier droit de métier, véritable animateur de couloir, Soungalo Diakité était également un vrai renard de surface, chaque fois qu’il décidait d’agrémenter sa forme du jour. C’était à un moment où le suspense faisait la beauté du championnat national. A l’époque, les gris-gris de Soungalo, sa complicité avec Mamadou Kanté dans un système de jeu concocté par Abdoul Razak mettaient le stade Omnisports en ébullition. Durant sa carrière, la constance de sa forme a défrayé la chronique. Du Nianan au Stade malien de Bamako, en passant par le Djoliba et le Club africain de Tunis, Soungalo s’est imposé avec la manière. A tous ces niveaux, il fût l’arme sécrète du bastion offensif. Hélas ! Ce talent n’a pas produit les résultats escomptés au sens réel du terme, à savoir un contrat professionnel en Europe. Néanmoins, Soungalo Diakité, détenteur d’un diplôme licence II Caf obtenu en 2022, est aujourd’hui entraîneur de l’AC-ODD, un club de 3e division avec un salaire régulier. Nous l’avons rencontré au terrain d’entraînement de ce club.  La rubrique “Que sont-ils devenus” continue son petit bonhomme de chemin pour immortaliser ceux-là qui ont marqué leur temps.

Le poste d’ailier est d’une intensité importante. Son apport dans l´animation de l´attaque est déterminant. Et Soungalo Diakité en était un, qui avait le don de l´explosivité face à un défenseur et le secret de l´accélération pour déclencher un assaut. Endurant dans sa zone d’intervention, rarement il échouait dans sa finition.

En parlant de Soungalo Diakité, on le voit en souvenir sur le flanc droit en dribbles éliminatoires,  pour ensuite adresser un centre judicieux et taillé sur mesure à Mamadou Kanté. Dans sa jeunesse Soungalo était un batteur de tam-tam et du sabar. Avec ses amis habiles, il animait les mariages et autres cérémonies sociales dans les différents quartiers de Koulikoro.

Il finira par comprendre que le football pouvait lui rapporter mieux. L’ancien international du Stade malien de Bamako, Cheick Oumar Koné le récupère au FC Hafia de Koulikoro pour son centre de formation. Il le transfert au Nianan (1996-1997) dont il était aussi entraîneur.

Soungalo dès sa première année en ligue 1 n’épargne aucun grand club. Il se distingue à chaque sortie par une belle prestation, avec au moins un but. Les dirigeants de l´AS Réal mettent les gros moyens pour mettre Soungalo dans le nid des Scorpions : ils lui construisent un appartement dans la famille paternelle à Koulikoro, plus une grosse somme d’argent et une moto Djakarta. Il révolutionne le jeu réaliste, sans remporter un titre.

Globetrotter

Au bout de deux saisons, les Stadistes, dans leur envie de phase de poule de la Ligue des champions, obtiennent son transfert. C’est avec les Blancs de Bamako que Soungalo s’exprime véritablement, en faisant valoir son talent de joueur complet. Déjà sélectionné en équipe nationale depuis le Nianan, il a dominé l’actualité par ses prouesses. De 2000 à 2003, il remporte avec le Stade malien deux titres de champion (2000, 2002) et une Coupe du Mali (2001). Sa grande forme en 2002 avec 26 buts en 27 journées de championnat lui ouvre les portes d’un contrat professionnel qu’il signe avec le Club africain de Tunis pour une saison (2002- 2003).

Les Djolibistes prennent de l’avance à son retour de Tunis pour la saison 2004-2005. Avec les Rouges Soungalo réalise un doublé. La saison suivante, le président de la Section football du Stade malien, Seydina Oumar Sow  revient à la charge, pour acter le retour de Soungalo dans la famille Blanche. Il met les moyens et récupère Djourou (2005-2006). Un an après, l’homme s’envole pour le Burkina Faso où il signe à l’Asfa Yennega (2006- 2008). Un passage marqué par un doublé.

Le fait de se retrouver à la Jeanne d’Arc (JA) après l’aventure burkinabé s’explique clairement par ses bonnes relations avec le dirigeant sportif Seydina Oumar Sow. Parce que celui-ci s’est fortement investi pour ses deux contrats en Tunisie et au Burkina Faso. Aussi il l’a beaucoup entretenu au Stade malien. Pendant son séjour burkinabé une crise a éclaté au Stade. Des incompréhensions qui finiront par précipiter le départ de Seydina Oumar Sow et de Yéhia Ag. Lesquels vont mettre sur les fonts baptismaux la JA. Sinon comment comprendre que Soungalo quitte une équipe de première division, pour signer directement dans un club de D2 ? Il favorise la montée à l’élite du nouveau bébé avant de rejoindre l’AS Sonavel au Burkina Faso entre 2010 et 2015, avec un saut à  Al Jazzera (2011-2012).

Son aventure à l’étranger s’arrête à Bobo-Dioulasso, où il a effectue un passage à l’AS Fonctionnaires. L’âge ne pardonnant pas, surtout que Soungalo a fourni trop d’efforts, reçu plusieurs coups, il tombe en hibernation. Il joue une saison au Stade malien (2015-2016) et décroche le titre de champion. Soungalo termine sa carrière au Nianan de Koulikoro en 2020. Djourou a-t-il manqué de chances ? Comment explique-t-il la distorsion entre sa carrière et son talent ? Quel a été l’impact du football sur sa vie ?

Tournant décisif

“J’étais bien parti pour avoir une carrière plus riche. Mais à l’analyse, le constat amer résulte de ma non-sélection pour la Can-2002. Cet état de fait explique le paradoxe entre mon parcours et mon talent. Il est indéniable que l’homme ne peut rien contre la volonté de Dieu. Malgré tout je me réjouis de ma vie sportive. Le football m’a permis de me marier, d’assurer mon indépendance. A présent, des supporters de tout bord me couvrent de cadeaux partout où je les croise. Cela est réconfortant !”

Dès sa retraite Soungalo Diakité bascule dans l’encadrement technique. Il suit une formation d’entraîneur et met en œuvre son expérience au FC Badian (2021-2022). Il le propulse en deuxième division. Depuis janvier 2023, il coache l’AC-ODD, une équipe de 3e division qui s’entraine à Sébénicoro au bord du fleuve. A notre arrivée pour le rendez-vous, Djourou faisait des remontrances à un joueur, pour avoir manqué une reprise de volée sous le nez du portier.

Un journaliste ne manque pas de brèche pour gagner la sympathie de son interlocuteur ou pour engager un débat. Nous décrispions l’atmosphère en affirmant que ce jeune n’est pas aussi talentueux que son entraîneur le fut. Soungalo, content pour ce témoignage devant des jeunes (dont la plupart ne l’ont pas vu jouer), nous a servi une chaleureuse bienvenue. Nous nous installions derrière les buts sur une vieille carcasse de véhicule. Et l’interview pouvait commencer.

Aujourd’hui, Soungalo Diakité regrette d’avoir échoué à faire qualifier le Stade malien à la phase de poule de la Ligue des champions. Les titres de champion avec les Blancs de Bamako, la montée de la Jeanne d’Arc en première division sont ses bons souvenirs.

L’ancien international est marié et père de sept enfants. Le bon mec BCBG en somme !

O. Roger (00223) 63 88 24 23

Source: Aujourd’hui-Mali
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