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Nos expatriés : Aly Yirango, «je ne comprends pas ma situation en sélection»

L’ancien gardien du Djoliba a été convoqué pour la première fois en sélection nationale en 2012, mais doit, jusque-là, se contenter de rencontres amicales. Avec le franc-parler qu’on lui connaît, l’international malien pointe du doigt le staff technique des Aigles et égratigne au passage les responsables de la Fédération malienne de football

 

L’Essor : Vous venez de rejoindre le FC Versailles après avoir passé deux saisons à l’US Lusitanos. Pourquoi vous avez décidé de changer de couleurs et comment avez-vous été accueilli par les dirigeants, vos nouveaux coéquipiers et les supporters du club ?

Aly Yirango : Deux mois avant la fin de mon contrat avec l’US Lusitanos, le FC Versailles m’a contacté à travers mon agent. J’étais également en discussions avancées avec les dirigeants de l’US Lusitanos qui voulaient coûte que coûte me garder dans leur effectif. Je me souviens, au début de ce mois, l’entraîneur, Emmanuel Da Costa, a consacré une journée pour nous convaincre, mon agent et moi. Au finish, j’ai décidé de changer de club pour quelques raisons. D’abord, j’avais besoin de respirer un nouvel air, ensuite Versailles m’a proposé un très bon projet. Ici, les conditions sont différentes et je vous avoue que les traitements ne sont pas pareils. Dès fois, il est préférable de changer de club.

Pour répondre à la deuxième question, j’ai été très bien accueilli à mon arrivée à Versailles par les dirigeants, mes équipiers et également les supporters. Ce jour-là, l’équipe était en pleine séance d’entraînement et les joueurs m’ont tous souhaité la bienvenue dans l’équipe. J’ai visité les installations du club avec le directeur sportif et juste après la visite, les supporters ont concocté un cocktail au cours duquel, l’entraîneur, Youssef Chibhi, a déclaré qu’il est heureux de m’avoir avec lui et qu’il fera tout pour m’intégrer plus vite dans le groupe. Il a également dit que je suis venu au bon moment. Ces propos m’ont fait chaud au cœur, après, c’était au tour du président du club, Daniel Voisin de dire qu’il est content et fier que je sois là avec eux. Je vais donner le meilleur de moi-même, afin que le club ne soit pas déçu de m’avoir acheté. C’est une promesse que je me suis faite à moi-même.

L’Essor : Quels sont vos objectifs pour la nouvelle saison qui va bientôt démarrer ?

Aly Yirango : L’objectif principal du club, c’est la montée en National, ensemble, dirigeants, staff technique et joueurs, nous allons tout mettre en oeuvre pour atteindre cet objectif. Nous savons que ça ne sera pas facile, mais s’il plaît à Dieu, nous serons au rendez-vous. Ensuite, mon objectif individuel est de tout faire pour avoir le gant d’or (titre de meilleur gardien, ndlr). à défaut, je viserai l’argent ou le bronze mais je ferai tout pour ne pas terminer le championnat les mains vides. Je demande aux Maliennes et aux Maliens de faire bénédictions pour moi afin je puisse réaliser ce rêve.

L’Essor : Vous êtes en France depuis 2013 et le FC Versailles est votre 8è club. Comment expliquez-vous cette instabilité ?

Aly Yirango : Oui, c’est vrai ce que vous venez de dire. Ce que je peux donner comme réponse, c’est que je n’ai pas eu de chance. À mon arrivée en France, j’étais d’abord avec l’Olympique de Marseille où j’avais un contrat de deux saisons. Ensuite, j’ai fait une saison à Guingamp et c’est dans ce club que j’ai signé mon premier contrat professionnel. Mais j’ai eu énormément de problèmes à Guingamp, notamment des blessures et cela a beaucoup joué sur moi. Je pense que c’est une question de chance.Mes débuts ont été difficiles en France, mais je ne me décourage pas et je vais continuer à me battre pour réaliser mon rêve, c’est-à-dire, être parmi les meilleurs. La vie en Europe est très difficile, j’ai eu beaucoup de difficultés, mais toutes ces difficultés ont été des leçons pour moi. Je peux même dire que ces difficultés m’ont aidé à faire plus et à progresser dans ma carrière de footballeur. Pour me résumer, je dirais que mon instabilité s’explique simplement par la malchance.

L’Essor : Votre statut de deuxième, voire troisième gardien de la sélection nationale dure depuis plusieurs années. Quels commentaires vous inspire cette situation ?

Aly Yirango : Pour dire vrai, je n’ai pas de statut dans l’équipe nationale, parce que la sélection nationale ne m’a jamais donné un statut. Je me rappelle, j’ai commencé aux côtés de mon grand frère Soumaïla Diakité que je salue au passage. C’était en 2012 lors de la double confrontation avec le Botswana (victoire des Aigles à l’aller à Bamako 3-0 et au retour 4-1, ndlr), comptant pour les éliminatoires de la CAN, Afrique du Sud 2013. L’équipe nationale était alors dirigée par le Français Patrice Carteron. Quand mon nom est apparu sur la liste de l’entraîneur, cela a fait un grand bruit. Et de cette date à maintenant, on ne m’a jamais donné une chance de jouer en sélection.

Autrement dit, de 2012 à cette année, je n’ai joué un seul match entier avec les Aigles à part les rencontres amicales. Je ne sais pas ce que j’ai fait, mais je n’ai pas trop de communication, ni avec les membres de la Femafoot, ni avec l’encadrement technique. Je suis tranquille dans mon coin, le coach Mohamed Magassouba ne me parle pas. Pour moi, avant de juger un joueur, il faut le faire jouer, il faut lui donner sa chance, c’est tout ce que je demande. Au lieu de me critiquer dans le dos, qu’on me donne la chance de jouer. Je suis fatigué de répondre aux convocations pour les matches amicaux. C’est l’indifférence totale, il n’y a personne qui m’explique ce qui se passe. J’aime beaucoup mon pays, mais il faut que les dirigeants cessent ce genre de traitement à mon égard. Mon orgueil ne me permet pas d’aller voir un dirigeant ou de le supplier pour me faire jouer en sélection, ça, je ne le ferai jamais.

Je ne sais pas si je suis deuxième, troisième ou même cinquième gardien, poser la question à Mohamed Magassouba. J’aimerais bien qu’ils répondent à cette question, lui et l’entraîneur des gardiens des Aigles (Mahamadou Sidibé dit Maha, ndlr). Je veux qu’on me dise la vérité parce ma situation ne peut pas rester comme ça.

L’Essor : La sélection nationale n’a plus gagné depuis quatre matches. Selon vous, qu’est-ce qui explique cette longue disette ?

Aly Yirango : Je ne peux rien dire sur cette longue disette et je suis désolé de ne pas pouvoir répondre à cette question parce que j’étais présent seulement lors du match contre la Guinée (0-1). Pour les stages en Algérie et en Tunisie, je n’étais pas dans le groupe. Ce que je peux dire, c’est qu’il n’y a plus de petites équipes dans le football de haut niveau. Il faut respecter tous les adversaires et bien préparer tous les matches pour espérer obtenir des résultats.

L’Essor : Les éliminatoires de la Coupe du monde, Qatar 2022 débutent en septembre et le Mali en découdra avec l’Ouganda, le Kenya et le Rwanda. Que pensez-vous de cette poule ? Est-elle abordable pour les Aigles ?

Aly Yirango : Pour moi, le Mali a sa chance dans cette poule, mais la réalité se trouve sur le terrain. Nous sommes dans une période un peu compliquée, car l’équipe n’arrive pas à marquer et prend trop de buts. Ce n’est pas bon signe et il faut que les attaquants se réveillent pendant les éliminatoires. Il est grand temps, pour le Mali de se qualifier pour la Coupe du monde. Je souhaite bonne chance à l’équipe et je prie pour que les Aigles puissent disputer l’année prochaine le Mondial. Peu importe que je sois là ou pas, le plus important, c’est la qualification du Mali au Mondial.

L’Essor : Un petit message pour le public sportif malien ?

Aly Yirango : Je salue tous les supporters des sélections nationales. Je leur demande de continuer à soutenir les joueurs maliens car nous sommes là pour eux et nous allons tout faire pour leur donner satisfaction. Je demande aussi aux dirigeants d’enterrer la hache de guerre, qu’ils se donnent la main pour travailler ensemble pour le bonheur du football malien. Je salue ma famille, le journal L’Essor et ses lecteurs. Que Dieu bénisse le Mali et que la paix revienne dans notre pays. Amina yarabi !

Interview réalisée par

Djènèba BAGAYOKO

Source : L’ESSOR

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