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Mohamed Bazoum: sortie inamicale ?

Lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français Emmanuel Macron, à Paris, ce vendredi 9 juillet 2021, le chef d’État nigérien, Mohamed BAZOUM, a vivement critiqué la propension des colonels à prendre le pouvoir au Mali après des revers militaires. «Il ne faut pas permettre que les militaires prennent le pouvoir parce qu’ils ont des déboires sur le front où ils devraient être et que les colonels deviennent des ministres ou des chefs d’État. Qui va faire la guerre à leur place ?», s’est insurgé M. BAZOUM contre les colonels qui dirigent notre pays depuis le coup d’Etat contre le président IBK le 18 août 2021.

 

Je veux aussi compléter le président Macron sur deux des questions qui lui ont été adressées.
Pardonnez-moi de répondre à des questions que vous ne m’avez pas posées. Non, franchement, j’entends souvent les Africains se plaindre de ce que le Sahel fait l’objet de grands débats. Et puis qu’il y a des forces importantes extérieures qui opèrent sans que ça ne donne des résultats.
Ça ne donne pas de résultats, et je suis chef d’Etat, je vais vous le dire. Ça ne donne pas de résultats, parce que, pour le moment, ce sont nos armées qui n’ont pas été à la hauteur de la situation.
Je ne conçois pas que c’est la vocation de la France ou de son armée, ou la vocation de quelque autre pays, de venir faire la guerre à notre place.
Nous avons à faire en sorte que nos forces soient efficaces, qu’elles soient bien entraînées, qu’elles soient bien équipées.
C’est leurs tâches à elles, qu’elles l’accomplissent avec beaucoup de courage. Mais, elles sont en train d’apprendre. Et elles sont en train d’améliorer leur niveau, et à mesure que le temps va passer, vous verrez qu’elles seront aguerries et leurs réponses seront à la hauteur du défi que pose le terrorisme.
Entre nos résultats, il y a de cela trois ans, quatre ans, en tout cas au Niger, et ce doit être pareil ailleurs, et nos résultats aujourd’hui, les choses ont considérablement changé.
Je voudrais que les Africains comptent sur leurs armées d’abord, et les autres peuvent seulement venir en complément.
Je l’ai dit tout à l’heure dans ce que nous nous n’avons pas, c’est tout simplement une question de moyens financiers. Et quand nous nous adressons à nos partenaires, nous leur demandons davantage des équipements et des financements de notre guerre par nos propres forces. Mais pas qu’ils se substituent à nous.
Donc 5 000 soldats français sur le territoire du Mali ne vont pas régler le problème du Niger, du Burkina, de la Côte-d’Ivoire et d’ailleurs. C’est très clair, il faut que nous le sachions.
Deuxièmement, je suis aussi interpellé quand même par la question posée au président Macron relativement aux situations du Tchad et au Mali.
Le Niger membre du G-Sahel a validé la situation de fait qui a résulté de l’assassinat du maréchal Idriss Deby ITNO.
Nous aurions pu nous dire dans le cadre de l’Union africaine qu’il s’agit d’un coup d’État.
Mais, ce serait simplifier les choses que de réagir comme ça. Parce que si, lorsque le maréchal avait été tué et les débats avaient consisté à dire il faut mettre en place une transition de 90 jours, appliquer la Constitution, faire en sorte qu’on ait un président élu dans les 90 jours prévus par la constitution, alors que le pays était agressé de l’extérieur, on le sait.
Et n’étant pas sûr de la cohésion de l’armée, de l’état de son moral, de ses capacités à faire face à cette situation, si c’est la Constitution dans sa lettre qui devait être appliquée, il y avait des risques que ce pays qui constitue un pôle de stabilité dans notre zone bascule aussi dans l’instabilité. Même si nous devrions considérer qu’il s’est agi d’un coup d’État, la raison commandait que nous fassions le pari que, à la faveur de cette transition pour laquelle nous avons exprimé notre point de vue et demandé de faire les choses, qu’on ferme à un certain nombre d’objectifs qui nous ont été promis et sur lesquels nous sommes en train de marcher ; qu’on envisage donc une transition qui permette un dialogue et qu’ils fassent en sorte que le Tchad ait, peut-être, un nouveau départ. C’est le pari que nous avons fait pour la stabilité de notre région. Nous aurions pu être très à l’aise pour dire que c’est un coup d’Etat, nous le condamnons, et après ? Et après ? Et après ?
Qui va faire face aux colonnes de rebelles ? Et si elles venaient jusqu’à Ndjamena et qu’il y a une guerre civile ?
Quelles vont en être les résultats ? Qui va appliquer la Constitution ? Et en ce moment, quelle est la modalité de l’application de la Constitution ? C’est autant de questions complexes que nous nous sommes posées et qui ont présidé à notre décision de dire on fait le pari avec les militaires. Et c’est le travail de suivi que fait l’Union africaine aujourd’hui.
Par contre, au Mali il y a une Charte, il y a un Protocole sur la bonne gouvernance et la démocratie que le Mali a souscrit en même temps que nous dans le cadre de la CEDEAO qui prévoit que lorsqu’il y a un coup d’État, qu’on prenne un certain nombre de mesures qui consistent notamment dans l’exclusion de ce pays des instances de la CEDEAO. C’est ça que nous avons demandé au Sommet que nous avons tenu à Accra.
Et nous n’avons pas été d’accord avec ceux des chefs d’État qui pensaient que non bon, c’est n’est pas bien, on ferme les yeux. Nous avons dit, mais nous nous sommes partisans de l’Etat de droit. L’État de droit prévoit quelque chose de très précis, il s’agit de l’appliquer.
Les mesures de fermeture des frontières et tout le reste, Monsieur le président, ça n’existe pas d’un le traité de la CEDEAO. Voilà pourquoi nous Niger, nous n’avons pas préconisé cela.
Mais nous avons été intraitables quant à mettre en œuvre les dispositions prévues par la CEDEAO.
Il ne faut pas permettre que des militaires prennent le pouvoir parce qu’ils ont des déboires sur le front où ils devraient être. Et que les colonels deviennent des ministres, deviennent des chefs d’État. Qui va faire la guerre à leur place ?
Ce serait trop facile qu’à chaque fois qu’une armée, dans nos pays, a des échecs sur le terrain qu’elle vienne prendre le pouvoir.
C’est ça qui s’est passé, par deux fois, au Mali.
En 2012 les militaires avaient échoué, ils sont venus faire un coup d’État.
Cette année encore, en 2020, ils ont fait la même chose. Ce ne sont pas des choses acceptables.
Et nous avons pris les mesures de sanctions prévues par la CEDEAO, par le Traité de la CEDEAO. Nous ne sommes pas allés au-delà. En tout cas, nous n’avons pas été d’accord qu’on aille au-delà.
Mais, nous avons exigé que cela soit respecté, parce que c’est ça l’exigence de l’État de droit.

Transcription libre
Info-Matin

Source : INFO-MATIN

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