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les mises en garde de l’Algérie

L ’attitude contradictoire affichée ces dernières quarante-huit heures par sa direction à l’égard des préalables posés par la communauté internationale pour le faire passer du statut de groupe terroriste à celui d’acteur politique a, en effet, courroucé au plus haut point les autorités algériennes.

Et la colère d’Alger n’a visiblement d’égale que les intenses efforts diplomatiques investis tout le long de ces dernières semaines pour convaincre les plus sceptiques qu’Ançar Eddine est « récupérable ». Si effectivement pour Paris – capitale que le Mali a appelé en premier à la rescousse pour libérer son Nord occupé – ce groupe que dirige depuis sa création Iyad Ag Ghaly est un mouvement terroriste allié d’Al Qaîda qui doit être combattu sans vergogne, l’avis d’Alger est beaucoup plus nuancé. Les diplomates algériens rappellent d’ailleurs souvent que le nombre de ses éléments qui ont versé dans le terrorisme est infime et que l’essentiel de sa composante est issue de l’ethnie targuie qui n’a d’autres revendications que de se voir reconnaître et traitée sur le pied d’égalité que les autres Maliens.

Avertissement

C’est d’ailleurs son exclusion qui l’a amené, à de nombreuses reprises depuis l’indépendance du Mali, à se rebeller contre le pouvoir central de Bamako. Autre élément mis en exergue : contrairement à AQMI et au Mujao, Ançar Eddine a montré, à de nombreuses reprises, sa disponibilité à dialoguer. Mais face aux atermoiements de certains de ses chefs et, surtout, à leur refus de se démarquer clairement des terroristes et des narcotrafiquants qui sévissent actuellement au Sahel, les autorités algériennes avertissent qu’en agissant de la sorte, Ançar Eddine hypothèque durablement ses chances de « faire partie de la solution ». Bref, on explique qu’on ne l’attendra pas éternellement.

A ce propos, l’on insiste particulièrement sur l’idée qu’après les négociations qui ont actuellement lieu à Alger et à Ouagadougou, les discussions seront closes. Et très probablement de manière définitive. Cela devrait être le cas, du moins, avec la direction d’Ançar Eddine qui devra alors assumer ses responsabilités. En d’autres termes, cela veut dire qu’il ne lui sera plus fait de quartier et que ses éléments seront appelés à devenir des cibles privilégiées pour la future force militaire internationale à laquelle sera confiée la mission de reconquérir le Nord-Mali.

« Nous leur disons de la manière la plus déterminée que la fenêtre d’opportunité pour Ançar Eddine de se démarquer des terroristes et des narcotrafiquants est en train de se refermer. C’est aux chefs de ce mouvement de décider rapidement s’ils veulent être une partie du problème ou devenir une partie de la solution », a averti lundi après-midi une source officielle algérienne, visiblement remontée par les déclarations tenues, samedi 4 novembre, dans la presse algérienne, par un certain Sanda Ould Boumama qui se présente comme étant le porte-parole du mouvement.

Alors qu’une délégation du mouvement armé Ançar Eddine venait de mettre le pied à Alger pour entamer les négociations politiques sur la crise du Mali, celui-ci avait assuré en effet, à la surprise générale, qu’Ançar Eddine n’envisageait pas de se démarquer d’AQMI. Adoptant un ton grave, la même source a prévenu que « dans un cas comme dans l’autre, l’Algérie tirera les conclusions qui s’imposent et ce ne sont pas les déclarations contradictoires et contreproductives d’un certain porte-parole de ce mouvement qui changeront quelque chose à cette équation ».

Se peut-il justement, au regard des contradictions qui émaillent son discours, qu’Ançar Eddine soit en réalité traversé par un courant qui cherche coûte que coûte à entraîner les Touareg dans la guerre qui se profile à l’horizon ? Si elle est difficilement explicable, une telle hypothèse n’est pas à exclure tant effectivement, les chefs d’Ançar Eddine peuvent être mus par des logiques différentes. Si ce n’est pas le cas, à charge donc à Iyad Ag Ghaly (jusque-là favorable au dialogue) de prouver que c’est lui le chef et que seule sa parole compte. Au-delà, les autorités algériennes, qui connaissent les subtilités du dossier de la rebellions touareg ainsi que la nature extrêmement mouvante du Sahel, paraissent, de ce point de vue-là, avoir pris en ligne de compte dans leurs prévisions l’éventualité que ce groupe puisse faire volte-face à la dernière minute. Mais pour le moment, nous n’en sommes pas encore là. La prudence recommande d’attendre la fin de toutes les discussions.

Zine Cherfaoui

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