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Les humeurs de Facoh : Le ras-le-bol des coups d’Etat

Le Mali prend de plus en plus goût à se faire gouverner par un régime de transition qui lui fait plus de mal qu’un gouvernement régulièrement constitué même pourri par la corruption. Les dysfonctionnements du régime démocratique qui refusa de se faire accompagner par des mesures économiques vigoureuses comme le souhaitait Alexis de Tocqueville, théoricien en la matière, nous ont mis dans cette situation de coups d’Etat permanent car dès qu’il y a un hiatus entre les acteurs politiques, les militaires se sentent invités au pouvoir et donc au festin pour avoir trop été marginalisés. Les dates de 1968, 2012 et 2020 sont à cet effet, tristement célèbres dans nos annales politiques pour les ravages politiques et économiques auxquels elles ont soumis ce peuple.

On ne sait pas si dans l’histoire politique de ce pays il y eut un régime plus voyou que celui du CMLN (1968-1974) mais les tombeurs de Modibo Kéita exercèrent directement le pouvoir sans passer par une transition avec les excès et les abus que l’on sait. Celle-ci n’était d’ailleurs pas encore née en Afrique car ce système d’alternance intermédiaire nous est venu du Bénin après la chute de Mathieu Kérékou en 1990.

Après la chute de Moussa Traoré en 1991, un CTSP fut mis sur orbite avec une transition politique dirigée par l’économiste Zoumana Sacko. Une Conférence nationale fut alors organisée comme au Bénin qui supprima la constitution de 1974 et rédigea une nouvelle constitution, celle de 1992, qui par le choix du libéralisme sauvage dans tous les domaines, jeta le pays au pied des puissances capitalistes et impérialistes du globe.

Les  emmerdes politiques et économiques découlant de ces options pour le moins hasardeuses sont devenues maintenant si criardes que le peuple discute pour savoir si on ne l’avait pas piégé ou si ce sont des avatars du régime précédent.

Pays de stabilité politique entre 1960 et 1968, et entre 1968 et 1991, puis de  1992 à 2002, la folie des coups d’Etat s’y installa à partir de 2012 avec la chute d’ATT. La foire aux putschs violents ou pacifiques domina alors le paysage politique national dès cette époque avec sa série des gouvernements de transition se ressemblant comme bonnet blanc ou blanc bonnet.

Dioncounda Traoré, chef de l’Etat et Président d’une Transition entre 2012 et 2013, consomma 2 bons premiers ministres, M.M. Cheickh Modibo Diarra et Diango Cissé qui en récolta d’ailleurs tous les dividendes financiers. On parla alors d’une transition politique bien réussie en raison de la tenue des élections générales de 2013 qui installèrent au pouvoir IBK et sa famille. On croyait alors le pays sorti d’affaire mais le démon du coup d’Etat et de la transition revint encore en 2020 avec le putsch du CNSP.

Dans toutes ces affaires de coups d’Etat et de transition, l’organisation sous régionale, la Cédéao joua un grand rôle en empêchant les militaires de prendre goût au pouvoir et en prêchant le retour rapide des civils au pouvoir.

La monarchie féodale française, pensait Mirabeau, avait fait son temps aux siècles antérieurs et devait faire de la place à la monarchie éclairée de type constitutionnel comme chez les anglais.

La démocratie malienne, pour éviter les coups d’Etat et les transitions politiques inutiles, doit accoucher de résultats économiques probants à même de permettre au peuple de vivre dignement au lieu de mendier comme aujourd’hui comme au temps de la démocratie de façade. L’ancien président français, Valéry Giscard d’Estaing, dans son unique livre, « La démocratie française », explique qu’une démocratie, qu’elle soit de type parlementaire comme en France ou de type participatif comme en Europe du nord dans les pays scandinaves, doit d’abord disposer d’une bonne base économique avant de songer aux accessoires constitués par les élections, le financement des partis politiques ou le vote de la loi électorale. Tout cela bien évidemment en attendant l’arrivée de Godot.

Facoh Donki Diarra

(écrivain Konibabougou)

 

Source: Mali Tribune

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