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Le ministre Boubacar Hammadoun Kébé menace la liberté de la presse : « Je ne me fatigue pas à lire les journaux. Tous les journalistes maliens peuvent aller en prison en un seul jour »

On ne sait pas pourquoi le ministre de la Culture, Boubacar Hammadoun Kébé est vivement remonté contre la presse malienne. Récemment lors d’une rencontre avec l’Union des associations des artistes, producteurs et éditeurs du Mali, présidée par le chanteur Salif Kéîta, le ministre Kébé a taclé la presse malienne. « Je ne lis pas les journaux puisque les titres de ces journaux  n’ont rien à voir avec le contenu. C’est pourquoi, je ne me fatigue pas à lire ces journaux. Et tous les journalistes maliens peuvent aller en prison en un seul jour ». Voilà ce que le syndicaliste a dit de la presse malienne. Ce qu’il ignorait c’est qu’un journaliste était dans la salle et a tout capté.

 

 

Le ministre Boubacar Hammadoun Kébé

L’Union des associations des artistes, producteurs et Editeurs du Mali (UAAPREM) est une jeune association dirigée par le chanteur Salif Kéïta. Ce regroupement de plusieurs associations  a pour but de défendre les intérêts des artistes. Raison pour laquelle, l’UAAPREM a entrepris plusieurs actions notamment l’élaboration d’un plan d’action. Et depuis sa création, elle a déposé un cahier de doléances auprès du département de la Culture afin de prendre en compte toutes les préoccupations du monde de la culture malienne.

C’est dans ce cadre que le bureau de l’UAAPREM a décidé de rencontrer le premier responsable du département de la Culture, Boubacar Hammadoun Kébé. C’est dans son propre bureau qu’il a reçu la délégation de l’UAAPREM conduite par le président Salif Kéïta. D’autres membres comme M’Baye Boubacar, Gaoussou Koné, Mamoutou Kéïta et votre fidèle serviteur, Alou Badra Haïdara ont participé à cette rencontre.

En recevant les artistes, le Boubacar Hammadoun Kébé a tout d’abord manqué de diplomatie.« Merci de votre visite chez moi. Nous n’avons pas prévu de faire une séance de travail avec vous pour prendre vos doléances. Mon secrétaire général m’a tout simplement dit que c’est une visite de courtoisie. Et c’est ce que j’ai dans ma tête ». C’est par ces mots que le ministre a donné les couleurs de cette rencontre tonitruante.

Prenant la parole, Salif Kéïta a profité de cette occasion  pour le féliciter, au nom du bureau de l’UAAPREM pour sa nomination à la tête du département. Selon le président de l’UAAPREM : « si rien n’est fait, la culture malienne va mourir. Les téléphones ont détruit la musique. Nous avons besoin de la convention collective pour que les artistes puissent vivre de leur art. Il faut dire que les artistes sont oubliés. Nous sommes venus pour que vous puissiez nous aider à accomplir notre mission ».

Répondant aux  artistes, le ministre  s’est dit préoccupé par la situation. « Je suis convaincu que mon département est obligé de travailler avec vous. Je serai très heureux de voir que la convention collective que vous demandez, soit adoptée en mon temps » a-t-il déclaré.

Lors de cette rencontre, le ministre a montré son mécontentement contre la presse malienne. Tout est parti lorsque le Secrétaire général du département, El Hadj Koita a demandé à Souleymane Cissé (pas le cinéaste) présent à la rencontre la contribution qu’il avait publiée dans la presse concernant son patron. Du coup, le ministre s’est levé pour dire : « il faut être tranquille. Je n’ai pas lu cet article parce que cela ne m’intéresse pas ». Une façon pour lui de dire qu’il n’accorde pas une grande importance à la presse malienne. « Je ne lis pas les journaux puisque les titres de ces journaux  n’ont rien à voir avec le contenu. C’est pourquoi, je ne me fatigue pas à lire ces journaux. Et tous les journalistes maliens peuvent aller en prison en un seul jour »  a-t-il précisé.

Le pire est que le ministre de la Culture ne sait pas si « le Café des arts » fait partie du Palais de la Culture, Amadou Hampaté Bah, une structure rattachée à son département. Lorsque Mamoutou Kéïta a informé le ministre que l’UAAPREM n’a pas de siège et qu’elle est obligée de tenir très souvent ses réunions au Café des arts, le ministre Kébé de répondre : « mais le Café des arts, c’est où ?  Le Café des arts se trouve où ». Voilà un ministre qui ne connait pas les services relevant de son département.

En tout cas, Boubacar Hammadoun Kébé a de la peine à diriger son département. Heureusement qu’il a à ses côtés un bon  Secrétaire général, qui maîtrise la situation. Le hic est qu’il manque le plus souvent de diplomatie envers ses proches. Selon ses collaborateurs, on a l’impression qu’il a été surpris de se voir bombardé ministre.  Il ne sait plus où mettre la tête.

Cette sortie déplacée du ministre à l’encontre de la presse malienne prouve que l’homme ne supporte pas la contradiction. Sinon pourquoi vouer aux gémonies des journalistes qui ne font que leur travail. Cette prise de position prouve à suffisance les appréhensions des artistes maliens qui disent douter des capacités de Boubacar Kébé à mieux gérer son département.

Nous pensons que le  syndicaliste doit mettre un peu d’eau dans son vin, s’il veut aller le plus loin possible.

                        Alou B HAIDARA

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