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Le Far West du nord du Mali

C’est triste à dire, mais oui nous avons besoin de la communauté internationale. Logiquement,  l’État malien devrait pouvoir faire face, devrait pouvoir répondre aux demandes des enfants du pays. Notre Etat est démocratique mais le dysfonctionnement de certaines de nos institutions est tel que nous en arrivons à ces extrémités… Le fait est, notre gouvernement s’est montré incapable de gérer le pays, des problèmes qui touchent évidemment le nord mais aussi le sud du territoire. L’ensemble de la population, et je dis bien l’ensemble, doit être sécurisée rapidement. Cet appel au secours est inéluctable.

Quant à Dioncounda Traoré, le président malien par intérim, ce n’est pas deux lettres qu’il aurait dû envoyer (à François Hollande et à L’ONU), mais des centaines et depuis très longtemps ! A quel moment notre gouvernement s’est montré capable de protéger ses concitoyens des exactions ? La réponse tombe sous le sens. La sécurité des personnes, c’est le minimum syndical dans une démocratie. Or, aujourd’hui, le Mali, c’est le Far West, chacun essaye de survivre comme il peut.

L’islam utilisé comme un cheval de Troie

On ne va donc pas tergiverser, si la communauté internationale n’intervient pas rapidement, les massacres dans le nord du pays vont se multiplier. Les chefs religieux en place dans ces régions, qui ne sont pas pour la plus part de nationalité malienne, utilisent l’islam comme un cheval de Troie pour imposer leur domination et instaurer la terreur. Et pourtant, ce qu’ils prêchent n’a rien à voir avec la religion musulmane.

Les personnes sous leur joug, soit résistent comme ils peuvent et avec si peu de moyens, soit tentent tant bien que mal de fuir. L’état de guerre n’est pas une chimère, c’est la réalité dans le nord du pays. Alors, que des pays soient désintéressés ou pas, peu importe aujourd’hui, nous avons urgemment besoin d’aide. Quand on se retrouve face à un danger mortel, on n’a pas le loisir de se poser ce genre de question question.

Je vis dans le sud du pays à Bamako, mais je suis actuellement à Paris (depuis 2 semaines) dans le cadre d’un projet artistique lié à la situation au Mali. J’essaye de me mettre à la place d’un compatriote qui vit, au jour le jour, avec la peur au ventre, se demandant continuellement s’il ne va pas finir par se faire agresser, violer, amputer ou bien même assassiner.

Aucun ne se soucie du bien-être de la nation

Dans ces conditions, ceux qui organisent des manifestations pour réclamer le départ de Dioncounda Traoré sont des irresponsables politiques. Ils ne cherchent qu’à récupérer une part du gâteau dans un pays qui s’émiettent, qui se retrouve de plus en plus en lambeaux. La cohésion sociale risque de se déliter et je ne sais s’ils se rendent réellement compte de ce qu’ils font. C’est de la manipulation pure et simple. Être pour ou contre le président par intérim n’est pas la question à se poser aujourd’hui. La seule qui vaille est comment ramener la stabilité, la sécurité et la paix au Mali.

Encore une fois, la population est le jouet de groupuscules divers, au sein de la classe politique comme de l’armée. Tous ont des intérêts divergents et aucun ne se soucie du bien-être de la nation. Qui peut dire, aujourd’hui, qu’il n’y aura pas un nouveau coup d’État? Dioncounda Traoré est aux mains de l’armée malienne. N’a-t-il pas été agressé à l’intérieur même du palais présidentiel? Sans la trahison de ses propres services de sécurité, cela n’aurait jamais pu se faire. Et il n’est évidemment pas le seul pris dans cette tenaille.

Dans le sud, c’est le pays entier qui est en otage de l’armée. Quant au nord, ce sont les terroristes. Nous sommes tous en prison !

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