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Justice malienne : Pourquoi le dernier rempart doit résister

Plus que jamais attendue par l’opinion sur la suite à donner à des dossiers très médiatisés, la justice malienne est à la croisée des chemins. Dernier rempart des institutions et donc de la société,  la justice doit se tenir debout pour aller au bout de son combat.

 

Les syndicats de la magistrature, le Barreau, la CNDH, les acteurs politiques et la société civile se sont indignés face à la tentative de libération du commissaire divisionnaire Oumar Samaké par des policiers, vendredi dernier.

En effet, la libération au forceps du policier patron de la Forsat, le commissaire divisionnaire Oumar Samaké démontre toute la fragilité de la justice, qui, malgré tout, doit se tenir debout.

La décision venue du sommet de l’Etat, pour libérer le mis sous mandat de dépôt, le commissaire divisionnaire Oumar Samaké, à la maison d’arrêt centrale de Bamako, présumé coupable des tueries des manifestations du 10, 11 et 12 juillet 2020, met en mal l’indépendance de la justice dans notre pays. La pression montée par les syndicats des policiers pour obtenir la libération d’un de leur chef est un coup dur pour la justice, appelée à se prononcer sur plusieurs affaires.

L’acte posé en faveur du commissaire divisionnaire Oumar Samaké, selon certains observateurs, prouve le caractère sélectif de la justice qui agit en fonction de la tête du client. Jamais les autorités de la transition ne devraient accepter sa libération parce que des policiers ont manifesté, estime un observateur.

Trois jours après, le président de la Transition Assimi Goita s’est prononcé sur l’affaire. Il aurait demandé au commissaire Oumar Samaké de se remettre à la disposition de la justice.

On se rappelle qu’en mars 2021, l’opposant sénégalais Ousmane Sonko avait été inculpé et mis sous mandat de dépôt dans une affaire de viol par la justice de son pays. Les manifestations grandioses organisées dans la capitale par des jeunes pour obtenir sa libération n’ont pas permis de faire plier la justice totalement. Libéré provisoirement, M. Sonko a été placé à nouveau sous contrôle judiciaire. Une mise en liberté provisoire assortie de diverses conditions.

«La responsabilité du juge doit être soulevée dans ce pays. Tous les dossiers classés sans suite le sont par des procureurs. Ils ne peuvent pas se cacher derrière une pression du pouvoir politique comme élément d’explication. Ils doivent dire le droit car ils en ont le pouvoir et selon leur intime conviction », lance Maître Mamadou Ismael Konaté sur le plateau d’Africable Télévision. « Si on tente aujourd’hui de faire un bilan de la justice malienne en prenant le traitement salarial, la rentabilité n’est pas au bout », a-t-il regretté, avant d’ajouter : « Il faut combattre ceux qui s’attaquent à l’indépendance de la justice ».

C’est dire que la justice malienne est interpellée. Elle doit résister.

Ousmane Morba

Source : L’Observatoire

One thought on “Justice malienne : Pourquoi le dernier rempart doit résister”

  1. Siaka Koné says:

    La justice n’a pu entendre l’imam frondeur en son temps et certains s’en sont réjouis. Là encore, elle fait un traitement partiel et partial de cette affaire en ne s’intéressant pas au point de départ des évènements. Serait-elle sous ordres ?

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