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Editorial : Ansar Dinne, les raisons d’un dialogue

 

A l’heure où le Mali se prépare à envoyer une force armée internationale au Nord, le groupe terroriste Ansar Dine s’engage dans une négociation de paix à Ouagadougou et à Alger. Mais pourquoi maintenant? Cette demande de dialogue n’est-elle pas une ruse en vue de gagner du temps?

 

Cheick Ag Wissa (d), un porte-parole d’Ansar Dine, et Algabass Ag Intalla (c), représentant du groupe islamiste, dans un hôtel de Ouagadougou, le 23 juin 2012 © AFP

 De toute évidence, ces bandits pensaient pouvoir s’éterniser au Nord. Avec des otages en leur possession, ils ont cru pouvoir continuer à exercer du chantage vis-à-vis de la communauté internationale. Mais cette fois-ci, c’est raté ! Le nouveau Président François Hollande n’a pas joué le jeu. Alors, en dernier recours, ils optent pour le dialogue.

A Ouagadougou, Blaise Comparé, tel un chef d’orchestre, continue de défendre les vertus d’une négociation apaisée où la recherche de l’intérêt des groupes Ansar Dinne et MNLA prend le pas sur la guerre. L’Algérie, à son tour, ne pense « à priori » qu’à son propre intérêt : celui de ne pas voir à sa porte une base de l’OTAN à Tessalit, ou le risque de voir débarquer tous ces indésirables sur son sol.

Si Ouagadougou et Alger pensent que la négociation se limitera uniquement à une question de territoire, ils se trompent. Loin de là. Les choses doivent être claires dès le départ. Après toutes ces exactions commises sur les populations maliennes, ce problème du Nord ne relève plus d’un simple dialogue sur une table de négociation, mais plutôt d’un engagement ferme : aller jusqu’au bout pour enfin régler la crise malienne une fois pour toutes.

Si l’art de la négociation requiert une écoute et résulte en général sur un compromis, il est temps de se demander à quoi s’attendent ces « fous de Dieu » qui sont déterminés à instaurer la charia sur toute l’étendue du Mali. Comment les persuader de renoncer à la loi de Dieu et suivre celle des hommes, et quels sont leurs objectifs ? Ensuite poser  aux Maliens et ceux du Nord exactement la question suivante: qu’est-ce qu’ils attendent de cette négociation? Ces différentes questions doivent  permettre d’identifier les intérêts de chaque partie et les éventuels points de convergence. Il faut enfin penser aux contreparties. Qu’est-ce que le  Mali est prêt à céder pour obtenir une paix éternelle?

Oui pour une négociation ! Mais cela doit d’abord passer par une vraie connaissance des enjeux qui en découlent car le gagnant-gagnant n’est pas une fin en soi,  il faut aussi préparer psychologiquement les Maliens traumatisés par les atrocités commises. A l’avenir, ils doivent apprendre à vivre avec des hommes qui leur ont infligé tous les malheurs du monde. Quand bien même un accord est conclu, comment avoir une négociation réussie si les populations du Nord ont du mal à cohabiter avec leurs bourreaux d’hier?

Néanmoins, la négociation en elle-même est l’attitude la plus intelligente à adopter dans un conflit. Mais si ces manipulateurs campent sur des positions perverses, le Mali doit sans hésiter rejeter systématiquement toutes propositions et se préparer pour une guerre. Vous serez d’accord que chacun de ces groupes rebelles ne peut démontrer que leur intention répond à un intérêt collectif, celui du Mali. Pourtant, cela doit être la base de la négociation malienne.

Neimatou Naillé Coulibaly

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