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Délinquance financière: Le dossier de détournement de 354 millions FCFA impliquant le ministre Me Baber Gano, le PDG de l’Office du Niger et son DAF au Pôle Économique

Agacé, par les détournements du dénier public, le Président de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics et des Délégations de Service Public (ARMDS), le Dr Alassane Ba,  a envoyé le 21 mai 2019, au Pôle économique et financier de Bamako,  le dossier d’une transaction frauduleuse de 354 millions FCFA (354 864 622F) commise à l’Office du Niger (ON) par  le PDG  Mamadou M’baré Coulibaly et son DAF, Oumar Touré, au profit de Me Baber Gano, aujourd’hui,  ministrede l’Intégration africaine.  Bientôt, les trois personnalités  vont devoir défiler au Pôle économique. Et ce n’est qu’une question de jour. Du moins, si l’on en croit une source bien introduite.

 

On dit de Me Baber Gano, ainsi que du PDG de l’Office du Niger Mamadou M’baré Coulibaly et son DAF, Oumar Touré, plus ou moins ironiquement, qu’ils sont opportunistes, qu’ils sont riches et puissants. Très puissants. Trop puissants, au point de se comporter, sous nos cieux, comme des éléphants dans un magasin de porcelaine.  Pour cette raison, ils n’ont pas dérogé à la tradition, en soutirant frauduleusement des caisses de l’Office du Niger, la somme de 354 millions de francs CFA.

Une vraie mise en scène

Pour réussir ce braquage financier, ils ont volé, sans support, au niveau de trois comptes bancaires de l’Office du Niger. Histoire de ne pas se faire remarquer par une des banques, vu la monstruosité du montant et cela en l’espace de 3 mois.  D’abord, il y a eu un Ordre de virement (OV n°1537) de 145 millions FCFA (145 678 779F) à ECOBANK, en date du 20 décembre 2016 ; ensuite, un autre (OV n°313) de 109 millions FCFA (109 186 903F) à la BDM-SA, le 22 février 2017 ; et un dernier (OV n°725) de 100 millions FCFA à la BNDA, le 19 avril 2017.

Ce contrat d’assistance judiciaire qui fait tant jaser dans l’opinion publique, n’est point une nouveauté à l’Office du Niger. Mais que se passe-t-il réellement ?

En effet, l’Office du Niger doit, depuis 24 ans, 4 milliards de FCFA à l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS). Ce montant couvre des charges sociales et des pénalités dans le retard de paiement. Le PDG sortant en 2016, Ilias Dogoloum Goro, et son équipe ont fait un rapport circonstancié au ministère de tutelle qui, à son tour, a saisi son homologue des Finances qui trouve les moyens de faire un rabattement de cette dette sur l’Office du Niger, pour éponger cette dette. Une année avant, soit en 2015, de façon floue et encore injustifiée, l’Office du Niger a fait recours au service d’un cabinet d’avocat. Mais pas n’importe lequel, celui de Me Baber Gano, le tout-puissant Secrétaire Général du parti au pouvoir, le RPM et non moins actuel ministre de l’Intégration africaine.

Ce contrat porte sur une assistance judiciaire pour 15 millions de francs CFA par an et comportant diverses prestations : plaidoirie, suivi de procédures judiciaires, défense des intérêts de l’ON, étude de dossiers et avis juridiques, assistance, rédaction d’actes, rédaction de mémoires, interprétation de textes, formation des agents d’encadrement et des paysans sur les textes organiques, audit juridique et même le recouvrement des créances de l’Office du Niger.

En plus de ce montant avec ses prestations, Me Baber Gano et son cabinet ont la possibilité, dans le contrat N°020 de l’année 2015 avec tacite reconduction, de renflouer ses caisses. Il s’agit de jouer le rôle de recouvreur pour l’Office du Niger. Avec trois (3) sortes de taux à gagner : au moins 10% si le cabinet recouvre des créances de l’Office du Niger jusqu’à 5 millions ; 5% entre 5 et 10 millions et 2,5% pour des sommes recouvrées à plus de 10 millions. Jusque-là tout va bien.

Pendant trois ans de contrat (2015, 2016 et 2017), le cabinet de Me  Baber Gano n’a formé ni les agents ni les paysans encore moins recouvrer un francs des créances que l’Office du Niger a avec des particuliers ou des structures.

Décembre 2016, le nouveau PDG de l’ON, Mamadou M’baré Coulibaly, et le DAF, Oumar Touré, ont trouvé les moyens de payer  354 millions d’indus au Secrétaire Général du parti présidentiel, Me Baber Gano. Une lettre de ce dernier informe que l’intervention de son cabinet a permis d’apurer la dette de l’Office du Niger auprès de l’INPS. Et exige pour cela 10% des 4 milliards, soit 400 millions. Alors même que l’entreprise, au lieu d’encaisser, a plutôt perdu. Comme preuve de cette supposée assistance (la situation avait été déjà réglée entre les départements de l’Agriculture et celui des Finances), il soumet une décision du ministère des Finances pour mandatement au Trésor public en date du 20 décembre 2016 et qui fait référence à un arrêté signé le 26 décembre 2016. Trouvez l’erreur ! Le Tout signé par l’ex Secrétaire général du département  des Finances, Mme Sidibé Zamilatou Cissé.

C’est par trois virements bancaires d’une centaine de millions chacun sur le compte de l’avocat que le paiement a été fait.

Mais entre ce qui est écrit et le faire, le paradoxe est à son summum. Dans une lettre,  le Syndicat Autonome de l’Office du Niger (SAON), dénonce en effet le versement sans taxes de la faramineuse somme de 354 865 682 F CFA au cabinet de l’ancien ministre.

Une première facture sans numéro du 20 décembre 2016 de 145 678 779 F CFA payé par lettre de virement bancaire le même jour par le DAF de l’ON. Une seconde Facture (N°293) du 31 janvier 2017 portant 209 186 903 F CFA payée par lettre de virement bancaire le 22 février 2017…

Les spécialistes sont unanimes que dans chaque service du pays, le mandatement de ce genre de paiement au Trésor est fait par le département de tutelle. Or, c’est la Secrétaire générale du ministre des Finances, Mme Sidibé Zamilatou Cissé, aujourd’hui Directrice de Cabinet de la Primature, qui l’a fait ; ce qui démontre à suffisance qu’un flou artistique entoure cette affaire. Une imitation de signature n’est pas à exclure dans ce cas. Une précipitation visiblement de faussaires qui oublient d’antidater la décision pour la rendre conforme à l’arrêté de référence. Comme quoi le crime parfait n’existe pas.

Mais le hic dans cette opération bancaire et cette évasion de fonds, c’est que l’avocat est supposé gagner de l’argent en cas d’entrée et non le contraire. Mais au lieu de cela, on lui paye une prestation non effectuée sur une dette qui est apurée et non une créance qu’il a recouvrée, entendu que c’est lui qui fut à la base. Alors même que la prestation est comprise dans son montant annuel de 15 millions qu’il gagne déjà.

À supposer même que ce soit une créance recouvrée et comme le stipule son contrat, la commission de Me Baber Gano est juste de 2,5 % et non 10%. Tout porte donc à croire que c’est un détournement de fonds qui s’est opéré et pour lequel à l’Office du Niger, c’est le branle-bas et le service minimum juste de règle car les agents dans leur ensemble demandent des comptes.

La vérité à tout prix

Pour étudier ce fait brûlant de l’heure, le Dr Alassane Ba, Président de l’ARMDS a tenu contre toutes les pressions et intimidations. Il a travaillé sur ce dossier de détournement en investiguant et en faisant passer à l’audition tous les mis en cause, le mois de mai dernier.
Il a refusé des pots de vin, des postes de promotion et a fini par envoyer au Procureur du Pôle Économique et Financier, sous pli confidentiel, le 21 Mai dernier, le dossier qui sent un montage financier éhonté de Me Baber Gano, aujourd’hui ministre de l’Intégration Africaine ; du PDG de l’Office du Niger, Mamadou M’baré Coulibaly et de son DAF, Oumar Touré, portant sur  un montant de 354 millions de nos francs (354 864 622F) qu’ils ont volé.

Surpris par leurs habitudes, les autorités publiques sont désormais déterminées à connaître la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Elles veulent savoir qui a fait quoi ? Qui n’a pas fait quoi ? Et qui a bouffé quoi ?

Face à cette situation, que fera le PM Boubou Cissé ?  Son ‘’accord politique’’ pour la formation de l’actuel équipe gouvernementale traite dans son préambule : « l’assainissement et la gestion rigoureuse des finances publiques, le tout soutenu par une lutte implacable contre la gabegie, la corruption et l’enrichissement illicite ». Et l’Article 4 de ce document est sans ambages pour les cadres auteurs de délinquance financières : « En cas de faute professionnelle pouvant entacher la réputation du Gouvernement ou d’un crime ou délit flagrant, le Premier ministre et le regroupement dont est issu le ministre concerné, se concerteront pour proposer son remplacement au Président de la République ». Le PM est donc servi !

Aussi, quelle sera la réponse du Procureur anti-corruption M. Diawara ? En tout cas, ces derniers temps, il a mis à leur place des activistes. Et pourtant, depuis le 21 Mai 2019, un dossier des sangsues de l’économie malienne est sur sa table. Pourra-t-il jouer le rôle de fer de lance du vœu du président IBK ? La lutte implacable contre la corruption et la mal gouvernance, cause de tous ces malheurs qui nous arrivent sans compréhension.

Quant au  ministre Malick Coulibaly, en charge de la Justice, il doit assurer la sentinelle pour que la Justice ne laisse passer à travers ses mailles des brigands financiers passibles de la prison à vie.

Décidemment, la Justice doit passer à la vitesse supérieure pour trancher ce détournement de denier public… Du moins, si Me Baber Gano, le PDG de l’ON et son DAF ne rendent pas à César ce qui n’est pas à eux: 354 millions de nos francs. Et cela  dans un bref délai. Mais du côté des travailleurs de l’Office du Niger, cette manne financière est considérée comme un détournement de trop.

Déjà mis au parfum d’une probable interpellation au Pôle économique, Me Baber Gano ; le PDG de l’Office du Niger, Mamadou M’baré Coulibaly et son DAF, Oumar Traoré, multiplient des démarches nocturnes pour se garer des mouches.

Affaires à suivre et à poursuivre donc !

Jean Pierre James

LE NOUVEAU REVEIL 

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