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Corruption dans les Universités de Bamako : le doyen d’une faculté a pu bénéficier de 56h supplémentaires par semaines pendant 36 semaines, soit 11h supplémentaires par jour, malgré ses obligations administratives quotidiennes et ses travaux de recherches

Le rapport de vérification du Végal sur la gestion de l’université vient de tomber. Un communiqué de presse publié, le 2 mai dernier, sur le site du Vérificateur général lève le voile sur certains aspects de la corruption à l’Université de Bamako pendant la période 2010-2012.

A la demande des plus hautes autorités qui entendent donner à l’école malienne son luxe d’antan, le Vérificateur général a effectué une mission de vérification financière qui a porté sur les opérations de recettes et de dépenses de l’université de Bamako pendant les exercices 2010, 2011 et 2012. C’est-à-dire avant la scission de l’université de Bamako en quatre universités.

Les résultats de cette mission de vérification est sans appel. Il ressort de ce rapport du Végal que l’université de Bamako où les cadres du pays sont formés est le sanctuaire des délinquants financiers de tout poil. Le rapport révèle qu’entre 2010 et 2012, une terrible mafia a fait main basse sur les ressources de l’université de Bamako.

Selon ce rapport, plus de 35 milliards F CFA ont été octroyés, à titre de subvention, entre 2010 et 2012 à l’université de Bamako. Soit en moyenne 11,6 milliards par an. Sans compter les recettes que génère l’Université elle-même. Mais l’essentiel de ces ressources a fini sa course dans les poches des délinquants financiers qui se la coulent douce.

La plus grande magouille est faite autour de la gestion des heures supplémentaires. Selon le Vérificateur général, sur les 5,73 milliards F CFA versés à l’université de Bamako ces dernières années, plus de 2,5 milliards F CFA font l’objet de mauvaise gestion et de détournements. La rémunération des heures supplémentaires, précise le rapport, se fait sans pièces justificatives.

Le Vérificateur a même donné un exemple de fraude qui grince les dents. Le doyen d’une faculté de l’université a pu bénéficier de «56 heures supplémentaires par semaines pendant 36 semaines, soit 11 heures supplémentaires par jour, ce malgré ses obligations administratives quotidiennes et ses travaux de recherches».

S’y ajoute l’aménagement du jardin de la faculté des sciences techniques (FAST) au cours duquel le sac du ciment a été facturé à 35 000 F CFA l’unité. Cela malgré le rejet du marché par le contrôleur financier. Sans compter l’attribution des bourses à des étudiants fictifs, alors que la destination réelle de ces bourses est les poches des administrateurs de l’université.

Ce sont entre autres manœuvres par lesquelles les administrateurs des Universités de Bamako ont fait saigner ces dernières années le trésor public.

Face à la magouille autour des heures supplémentaires, le gouvernement a décidé de les supprimer purement et simplement.

Le Vérificateur général a indiqué que la corruption est monnaie courante au niveau de l’enseignement supérieur. Toute chose qui constitue une perte à deux niveaux : d’une part, l’Etat perd une quantité inestimable de ressources financières et d’autre part, l’avenir de générations entières d’étudiants est hypothéqué, faute de formation adéquate.

Face à cette situation, le Vérificateur général rassure que les responsables de ce gâchis ont été identifiés. Ils seront signalés dans quelques jours au Pôle Economique et Financier.

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