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Yacouba Sylla, le capitaine des Aigles du Mali : Le Mali ne mérite pas ça !

Milieu de terrain de Montpellier et capitaine des Aigles du Mali, Yacouba Sylla vit très mal la suspension de son pays par la FIFA. Entretien en forme de cri du cœur patriotique.

Yacouba Sylla joueur footballeur milieu equipe national aigles mali

Yacouba Sylla, la FIFA a suspendu le Mali suite à la dissolution de la Fédération par le ministre des Sports. Comment vivez-vous cette situation ?
C’est grave d’en arriver là. Après la CAN, j’avais dénoncé un problème de luttes entre le ministère et la Fédération qui nous portaient préjudice. Nous, les joueurs, nous n’y sommes pour rien, mais nous sommes les premiers à en pâtir. C’est du gâchis. Le Mali est une grand nation, peut-être pas par les titres mais par la régularité. Et aujourd’hui, on se retrouve avec les U20 éliminés au premier tour de leur CAN, et l’équipe A aussi.

On vous sent très affecté…
Oui. Je suis malien et fier de l’être. De tels événements me mettent un coup au moral. Je pense à tous les gens au pays, pour lesquels le foot est un réconfort, surtout dans les moments difficiles que le Mali traverse. Les gens se disent que le football malien n’avance pas. Il doit avancer à son rythme, mais avancer. Là, il recule. Vous savez, le football en Afrique, c’est très politique. C’est un défouloir mais c’est aussi un facteur d’unité, quelque chose qui réconforte les gens. Aujourd’hui, on peut être comparé à un pays comme le Koweït, lui aussi suspendu par la FIFA. C’est honteux pour les joueurs et pour tous les gens qui supportent l’équipe. Les dirigeants sont en train de mettre en péril tous ce qui avait été fait pour faire progresser le foot malien.

Les clubs maliens engagés ce week-end en 16emes de finale des Coupes africaines risquent l’exclusion…
Je suis triste pour eux. Ces joueurs se battent quotidiennement pour exister dans le championnat. Jouer une compétition continentale, cela peut être la chance de leur vie. Ils en sont aujourd’hui privés, tout cela parce que des dirigeants font passer leur fierté avant les intérêts des clubs et des joueurs. C’est triste.

Les instances maliennes vous ont-elles avisé de la situation ?
Mis à part Alain Giresse et Fousseni Diawara qui me donnent de temps en temps des nouvelles, aucun représentant du ministère ne nous a adressé d’informations.

La situation du sélectionneur n’est pas claire : le président de la Fédération l’avait déclaré indésirable le mois dernier, mais lui n’entend pas démissionner. Cela n’aide pas à la sérénité…
Comme vous le savez, c’est le bazar : le sélectionneur n’est pas en fin de contrat mais le président de la Fédération a décidé de se séparer de lui. Problème : il est employé par la Fédération mais payé par le ministère. On est dans l’impasse. Il y a eu des mots prononcés à l’encontre d’Alain Giresse qui ne sont pas acceptables. Il est très respecté en Afrique, il a une grande carrière et c’est un grand monsieur qu’il faut respecter. En attendant qu’une solution soit trouvée, le Mali perdu du temps. Toutes les équipes vont se réunir en mars. Le faire aurait été un moyen d’aller de l’avant et de se relancer. On prend encore du retard par rapport aux autres.

Vous souhaitiez absolument vous exprimer aujourd’hui. Pourquoi ?
C’est mon rôle. Je ne veux pas que les gens pensent que les joueurs sont indifférents à ce qu’il se passe. Beaucoup de jeunes joueurs ont déjà choisi de porter les couleurs du Mali. Mais d’autres binationaux ne vont pas être encouragés à faire le même choix. Aujourd’hui, compte tenu de la situation, le football malien est en reconstruction. la Fédération et le ministère doit faire quelque chose de propre et de carré pour repartir de l’avant. Le passé doit nous servir à ne plus reproduire toujours les mêmes erreurs.

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