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Sans Tabou: nouveau pôle de gauche, le paradoxe idéologique

Les hommes politiques de notre pays n’en finissent pas avec leur farce. Après l’ancien Premier ministre Soumana SAKO, un autre ancien PM vient de s’illustrer, lundi dernier, par la création d’un pôle de gauche, cette fois-ci avec six formations politiques dans son panier. S’il ne s’agit pas d’une question de leadership, ce nouveau pôle aura du mal à se faire découvrir, puisqu’il s’agit de s’opposer à un régime avec qui il partage les mêmes idéaux : le socialisme.

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Le regroupement, qui a été dévoilé au public, est constitué en plus des FARE Ankawili (Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence) de Modibo Sidibé, de l’UPD (Union pour la démocratie), du PSR (Parti socialiste pour le renouveau), du PRDDM (Parti pour la révolution, du parti pour le développement et la démocratie au Mali), du PIDS (Parti pour l’indépendance, la démocratie et de la solidarité), du Front uni pour l’alternance et le changement (FUAC).
Pour les observateurs avertis, la naissance de ce pôle relève du folklore ou du moins un pur colmatage politique pour un repositionnement en prélude des échéances électorales de 2018.
Sinon, un Modibo SIDIBE tête d’affiche d’un pôle de gauche dans notre pays ne rime pas à grande chose. En effet, cet homme ne semble pas à bien d’égards être le mieux placé pour diriger un tel regroupement. L’homme plutôt connu comme étant un technocrate qui a longtemps séjourné dans les rouages de l’État, depuis les temps de l’UDPM, est très fiché sur l’échiquier politique. En tout cas, pour ce qui le connaissent, il n’a jamais été un élève de l’école socialiste, à plus forte raison y décrocher un diplôme afin d’être militant. Pire, ce technocrate, professeur plutôt de criminologie, n’a jamais été investi d’un quelconque mandat politique : ni maire ni député encore moins membre influent d’un parti politique, si ce n’est ces dernières années.
D’ailleurs, le parti qu’il dirige aujourd’hui n’est-il pas resté longtemps au stade d’association de soutien avant de se transformer en parti politique à la faveur des élections présidentielles avortées de 2012 ?
Sur un tout autre registre, il y a un grand contraste dans cette démarche de l’ancien PM Modibo SIDIBE. En fait, au moment où il annonce la naissance d’un pôle de gauche se réclamant de l’opposition, il se trouve que notre pays est tenu par un régime socialiste de gauche (RPM) affilié à l’international socialiste. Alors, à ce niveau, il y a lieu de s’interroger. Comment un pôle politique se réclamant de ce même bord (la gauche) peut-il surgir du néant pour défendre la légitimité de son combat devant les Maliens ? En tout cas, la logique voudrait bien que les rassemblements politiques partageant la même idéologie apprécient les choses de la même façon et gouvernement de la même manière. À moins qu’on ne veuille prendre encore les Maliens pour des canards sauvages. Sinon, nous pensons qu’il s’agit tout simplement d’une question de leadership et non d’idéologie politique.
Au Mali, il y a désormais, une opposition officielle de gauche incarnée par Soumaïla CISSE, une opposition centriste de gauche, Soumana SAKO, et une extra-parlementaire de gauche ; j’en oublie… et un pouvoir de gauche piloté par le candidat du RPM, mais le dénominateur commun s’appelle le Mali.

Par Abdoulaye OUATTARA

 

Source: info-matin

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