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Sacs plastiques : qu’en est-il de l’interdiction ?

Le 3 juillet sera célébrée la journée mondiale sans plastique. Au Mali, une loi interdisant les sacs dans cette matière a été votée en 2012, mais son application sur le terrain traîne des pieds.

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« Un sachet plastique est comme une plaie. Un être humain qui a une plaie purulente et qui ne veut pas la soigner, et cette plaie finit par se gangrener », explique Oumar Goïta, spécialiste des questions sur les sachets plastiques. La métaphore de cet informaticien de formation, illustre assez bien le problème que posent les sachets en matière non dégradable. « Ce n’est pas qu’une question d’environnement, c’est aussi une priorité d’aménagement territoriale et de santé », objecte Goïta, en réponse selon lui à plusieurs personnes qui minimisent la problématique. En 2012, l’Assemblée nationale a adopté la loi interdisant la production, l’importation et la commercialisation des sacs plastiques non biodégradables.

Mais censée entrer en vigueur en avril 2013, l’application de cette loi se fait toujours attendre, et semble même en train de s’acheminer vers les oubliettes. La croisade contre les sachets plastiques qui devait permettre au Mali d’emboîter le pas de pays comme le Rwanda, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, n’aura finalement jamais eu lieu. La même année, des concertations se sont tenues entre différents acteurs pour trouver des alternatives adéquates à la fin du « sac plastique ». « Tous étaient là, les importateurs, le ministère de l’Environnement et des fabricants de sachets biodégradables, mais à la fin rien de bon n’est sorti de cette réunion. On était plus dans le déni », raconte Goïta. La loi faisait également état de l’achat de 15 détecteurs qui devait s’effectuer en 2014 pour un coût de 400 millions de francs CFA. « Jusqu’à présent nous n’avons rien vu, même de loin, et pis, malgré une exonération sur les produits biodégradables, la douane fait payer des échantillons à ceux qui veulent se lancer dans cette importation. Ce n’est pas incitatif », explique notre interlocuteur. Toujours selon lui, la mauvaise foi affirmée des commerçants et le laxisme de l’État sont les principales causes de la non application de la loi. « Ceux qui importent les sacs plastiques au Mali sont immensément riches et puissants, ils leur suffit d’une petite brèche pour s’engouffrer et l’État, en retour, ne montre aucune opposition », ajoute-t-il. Des propos réfutés par les commerçants qui mettent en avant leurs efforts pour se conformer aux textes en vigueur. « Les personnes ont généralement peur du changement. La population sera désemparée si elle ne voit plus les fameux sachets noirs ou bleus. Nous n’avons, pour l’heure, pas besoin de cela », se défend, Ousmane Traoré, grossiste au marché.

Solutions Pour Oumar Goïta, « si l’État le veut, c’est un problème qui se règle en un mois. Il faut des mesures fortes que tout le monde respectera. Les sachets biodégradables ont une durée de vie de 6 à 9 mois pour les compostables et de 18 mois pour les Oxobio, faits de matières synthétiques biodégradables. À contrario le sachet que nous utilisons dure près de 400 ans ». L’urgence est donc à l’action pour préserver santé et environnement.

 

 

Source: journaldumali

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