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Révision de la constitution : pourquoi je voterai OUI au referendum « La valeur d’un état ne se reconnait pas par sa capacité à gagner une guerre mais plutôt à trouver une solution pour l’éviter » disait un grand Amiral.

Je suis un jeune malien de la diaspora revenu au pays, né en Côte d’ivoire, grandis en côte d’ivoire et étudié en côte d’ivoire. J’y étais présent lorsque la crise a éclatée le 22 Septembre 2002.
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Le pays a été divisé en 2 blocs ; la moitié centre jusqu’au sud était occupée par le régime du président Laurent Gbagbo et l’autre moitié centre jusqu’au nord par les rebelles armés.
Sous pression de la « communauté internationale » à négocier avec les insurgés, le président Gbagbo a fait cette déclaration: « je ne discuterais jamais avec les rebelles tant qu’ils ne déposeront pas les armes ».après quelques tentatives à récupérer les territoires occupés par la rebellions qui se sont tous soldées par des échecs, le président Gbagbo a fini par préconiser la voie du dialogue sans pour autant exiger aux rebelles de déposer les armes. Plusieurs négociations ont étés entamées notamment : Lomé 1 et 2 ; Marcoussis 1 et 2 ; ACCRA ; Afrique du sud puis Burkina Faso.
Les partisans de Laurent Gbagbo très remontés contre lui parce qu’ayant cédé aux revendications des rebelle, sont descendus dans la rue pour manifester leurs mécontentements. Les français vivants en côte d’ivoire ont été molestés et chassés de la côte d’ivoire par ceux-ci sous prétexte que le président a cédé sous la pression de la France.
Le président Gbagbo déclara ceci : « je n’ai pas gagné la guerre voilà pourquoi j’ai négocié, si je l’avais gagné je n’allais jamais négocier, je pense qu’il faut aller maintenant aller vers la paix même si cette pullule est amère, il faut l’avaler »
Les recommandations formulées pour parvenir la paix étaient tous en porta faux avec la constitution ivoirienne.
1-le premier Ministre de Gbagbo a cédé son fauteuil au chef de la rébellion Mr Soro Guillaume ;
2- quelques postes Ministériels ont étés accordés à la rébellion ;
3-la constitution a été revissée pour prendre en compte quelques exigences de la rébellion ;
4-le président Gbagbo s’est servi de l’article 48 de la constitution pour permettre aux autres ; candidats de se présenter à l’élection présidentiel ;
5-l’election présidentiel a été certifiée par l’ONUCI et non la cour constitutionnelle.
Après 10 ans de tractations et de tergiversations, la côte d’ivoire a retrouvé la paix et commencée à amorcer un nouveau développement. Le président Alassane Ouattara parle aujourd’hui d’émergence, tous cela a été possible grâce aux efforts de négociations et le sens du vivre ensemble des politiciens ivoiriens.
Aujourd’hui, le Mali traverse une crise presque similaire qu’a connue la cote d’ivoire.
Une partie du pays est occupé par les bandits armés.
2 blocs s’affrontent ; celui du OUI et celui du NON au referendum.
Les partisans du OUI disent qu’il faut tenir compte de l’accord d’Alger et que cette révision permettra au pays de sortir de l’anormalité pour aller à la paix.
Les partisans du NON disent que ce referendum viole la constitution ; compte tenu des conditions sécuritaires, une partie du pays est sous occupation des djihadistes et des narcotrafiquants d’armes et de drogues.
Or, si j’ai bonne mémoire, les élections législatives et municipales ont étés organisées pendant qu’une partie du pays était occupée par ces fameux bandits.
OUI, les partisans du NON sont dans la légalité et la vérité. OUI, les partisans du OUI veulent qu’on fasse entorse à une partie de la loi pour retrouver la normalité. Pour ma part, je pense qu’il est temps de confronter la légalité à la réalité car à situations exceptionnelles, il faut appliquer des mesures exceptionnelles. Ce sont les hommes qui font les lois et non les lois qui font les hommes.
La légende AKAN nous enseigne que La reine ABLA POKOU pour sauver son peuple qui était pourchassé par des ennemis armés a été obligée de se plier aux exigences des génies du fleuve en sacrifiant son fils unique afin de pouvoir traverser le fleuve en toute quiétude .
Je voterai donc OUI, ce sera ma part de sacrifice pour mon pays.

MOUSSA KEITA
Confessions d’un peureux
Qui a connu et fuit la guerre
La rédaction
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