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Rentrée judiciaire 2012 – 2013 : L’ordre et la liberté gages de la démocratie

«L’ordre et la liberté dans un Etat démocratique» était le thème de l’audience solennelle de la Cour Suprême du Mali marquant l’ouverture de l’année judiciaire 2012 – 2013 dans notre pays. Cette cérémonie solennelle constitue le grand rassemblement des membres de la famille judiciaire du Mali.

La rentrée judiciaire était présidée par le Président de la République, Président du Conseil supérieur de la magistrature, en présence du Président de la Cour Suprême du Mali, Nouhoum Tapily, du Procureur général près ladite cour, du Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali et du Rapporteur de cette audience, Demba Tall, Juge au Tribunal administratif de Bamako.

Dans un véritable cours magistral, il a développé le thème en 43 pages. Dans une première partie, il a présenté «l’ordre et la liberté dans un Etat démocratique», en expliquant les concepts, avant de faire, dans une seconde partie, une tentative de conciliation entre l’ordre et la liberté, gages d’une bonne démocratie. Ainsi, il a présenté l’ordre comme moyen de protection de la liberté et comme moyen limitant la liberté.

Cette audience s’est tenue à un moment où les 2/3 de notre pays sont occupés par des bandits sans foi ni loi. Dans cette situation, peut-on parler d’ordre et de liberté pour les populations qui vivent dans ces parties du Mali? Que non! C’est pour cette raison que, dans son réquisitoire d’ouverture, le Procureur général près la Cour Suprême, Mahamadou Boiré, a tiré la sonnette d’alarme, dressant un tableau très sombre de la situation.

«Le Maliba, ou le grand Mali, trahi et coupé en deux, ses fils atrocement tués, humiliés, les hommes dépouillés de leurs biens, puis battus et réduits en esclavage, les mains coupées, les pieds coupés, lapidés jusqu’à ce que mort s’ensuive, les lieux profanés et détruits, les femmes et les petites filles violées et soumises comme esclaves sexuelles par des traitres apatrides qui ont fait appel à de grands criminels pour asservir leur compatriotes et vivre de leur sueur, en ce 21ème siècle».

A sa suite, le Bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Issaka Kéita, a plaidé pour dénoncer les privations de liberté, les arrestations arbitraires et les autres crimes. Me Kéita a surtout plaidé pour une justice équitable envers les militaires arrêtés, rappelant que la liberté est la règle et la détention l’exception et qu’il n’y avait pas de justice des vainqueurs. «Il y a un ordre de justice applicable à tous et égal pour tous».

En ouvrant l’année judiciaire, le Président de la République par intérim, le Pr Dioncounda Traoré, a reconnu qu’il était déjà difficile de parler d’ordre et de liberté en temps normal, à plus forte raison dans un pays occupé. Pour Dioncounda Traoré, il n’y a pas d’ordre s’il n’y a pas de liberté. Et cette dernière ne peut également exister sans le premier. A en croire le Président de la République par intérim, cette complémentarité est essentielle pour la cohésion sociale. Selon lui, leur existence est le socle de la vie démocratique et, par conséquent, le gage du développement économique.

Youssouf Diallo

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