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Rencontre de dialogue de la coordination du sous-groupe élevage et pêche avec le ministre de l’élevage et de la pêche.

Le Ministre de l’Elevage et de la Pêche, Dr Nango DEMBELE, accompagné de quelques membres de son cabinet, a reçu le vendredi 31 mars 2017 dans la salle de conférence de son  Département une forte délégation conduite par le chef de file des PTF-SGEP, Madame Stéphanie GUHA, directrice suppléante de la Coopération Suisse au Mali.

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La rencontre  de la coordination du sous-groupe  Elevage et Pêche avec le ministère  avait pour objet d’échanger  par rapport aux possibilités d’appuyer les structures du Département pour le développement de l’élevage et de la pêche.

Après les mots de bienvenus du département, Madame Stéphanie GUHA dans son intervention  au nom de la Coordination du sous-groupe Elevage et Pêche a tout d’abord remercié le Ministre pour sa disponibilité  et son soutien constant qui ont contribué à matérialiser la franche collaboration entre le Département et les PTF du Sous-groupe.

Elle a ensuite rappelé la rencontre du genre, tenue en novembre 2014 et qui fût l’occasion pour les PTF de souligner l’importance qu’ils accordent aux deux sous-secteurs et aux différentes initiatives du Gouvernement du Mali  dans le cadre du développement du pastoralisme, de la pêche et de l’aquaculture au Mali.

Dans cette logique d’action, le sous-groupe avait élaboré pour 2016 un plan de travail dont la mise  en œuvre a permis d’intenses échanges avec le secteur privé et les Organisations Professionnelles des deux sous-secteurs. Ces échanges ont abouti à des recommandations pertinentes pour l’avenir  de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture au Mali.

Tout comme les recommandations, des messages-clés  issus du dialogue avec ces acteurs ont été transmis à Monsieur le ministre pour toutes fins utiles.

Les PTF du sous-groupe encouragent le Gouvernement malien à :

De façon générale,

Relever le taux de l’aide budgétaire alloué aux sous-secteurs de l’Elevage (de 11 à 30%), de la Pêche et de l’Aquaculture (de 3 à 10%) en commençant par une plus grande allocation au niveau du Fonds National d’Appui à l’Agriculture (de 3,32% à 30% pour l’élevage et de 3% à 10% pour la pêche et l’aquaculture) en raison de l’importance (sur le plan économique et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle) des deux sous-secteurs et du faible investissement dont ils bénéficient.

 Promouvoir le leadership des Organisations Professionnelles de l’Elevage, de la Pêche et de l’Aquaculture (OPA) en favorisant leur accès aux marchés, leur autonomisation et en améliorant la gouvernance, la gestion et la diffusion de l’information en leur sein.

De façon spécifique,

Concernant l’Elevage, la nécessité de :

Evaluer la mise en application des textes législatifs et réglementaires  relatifs au foncier  pastoral, de les adapter au besoin et de les appliquer en fonction de l’évolution du contexte ;

Réviser la Stratégie nationale de valorisation du lait cru local en l’adaptant et en la focalisant sur l’organisation de la filière ; Prendre et/ou appliquer des mesures législatives et réglementaires plus attractives (fiscales entre autres) favorisant l’intervention du Secteur Privé dans la promotion du lait local ;

Examiner la possibilité d’instaurer l’assurance sur le bétail en faisant une étude de faisabilité pour la mise en place d’une assurance sur le bétail.

 Concernant  la Pêche et l’Aquaculture, il  pourrait être avantageux pour les acteurs  de :

Favoriser l’application de la gestion décentralisée de la pêche sur l’ensemble des pêcheries du Mali, soutenue par la cogestion participative (élaboration des conventions locales de pêche et des plans de cogestion participative) ;

Traduire, en langues nationales, les différentes lois et directives sur la pêche (la Loi N° 2014-062 portant principe de gestion de la pêche et l’aquaculture, le Code de conduite pour une Pêche Responsable de la FAO de 1995, les Directives volontaires de la FAO de 2012 portant sur la Gouvernance responsable des régimes fonciers,  le Décret fixant la composition des Conseils de Pêche et le Décret fixant les redevances des permis de pêche) et faire la diffusion au sein des communautés de pêche ;

Elaborer et mettre en place une stratégie de renforcement des ressources humaines dans le sous-secteur Pêche ;

Dans le cadre de la recherche–action en pêche/pisciculture/aquaculture, i) Développer   la recherche en pisciculture pour mettre à la disposition des usagers les intrants indispensables (alevins de qualité et aliments) pour booster la production de poisson au Mali ; ii) Tester toutes les nouvelles technologies (cages flottantes et bac, etc.) en station et en pré vulgarisation avant de  les mettre à la disposition du public ; iii) Renforcer la capacité des stations d’alevinage pour satisfaire la demande locale en alevins.

Abordant le Plan de Travail 2017 du sous-groupe, Madame Stéphanie GUHA a précisé que l’accent a été mis sur l’approche « One Health » et l’Aviculture dans les échanges avec les acteurs concernés : le départ a été donné par l’organisation, en janvier 2017, d’un atelier sur le concept One Health, en vue de recueillir le point de vue de la société civile pastorale, mais aussi d’afficher la volonté du sous-groupe d’approfondir en 2017 ses échanges avec les acteurs sur « One Health » et l’Aviculture.

Le chef de file des PTF-SGEP a terminé son propos par un clin d’œil dans le domaine plus global du renforcement de la concertation entre les PTF et le Gouvernement : le sous-groupe, se réjouissant d’avoir été associé à la réflexion sur les orientations stratégiques du ministère de l’Elevage et de la Pêche, avait contribué à la réflexion.

A l’occasion de la présente rencontre, le chef de file a émis le vœu de connaitre l’appréciation que le ministère  porte sur les éléments de la contribution du sous-groupe.

Dr Nango DEMBELE  a remercié à son tour les  partenaires au développement pour l’ensemble des appuis en faveur de la visibilité économique des deux sous-secteurs au Mali.

Il a rappelé  la pertinence de la création du Cadre de concertation avec les Organisations professionnelles des deux sous-secteurs. Pour la transparence dans la collaboration, il a ensuite informé les partenaires sur  les  processus en cours au niveau du département. On note parmi les informations :

L’institution de la Journée de l’Eleveur, à l’image de la Journée du Paysan (plus commune au secteur du développement rural);

L’apport  du budget national, qui est en  nette progression dans  le financement de l’élevage et de la pêche  pour 2017 : augmentation  du budget d’investissement et de la subvention. Cela marque la fin de la dépendance budgétaire entre les activités de l’agriculture végétale et celles de l’élevage et de la pêche au temps de l’ex-MDR ;

Les projets ou programmes :

en cours  d’exécution tel que le PRAPS (Banque mondiale-BM)

en phase de démarrage tel que le PDIRHAM (BAD)

en cours de formulation tels que le PAFHA-filière halieutique (Coopération Belge), l’Office de développement de la pêche et de l’aquaculture, le projet d’appui au développement de l’élevage au Mali (PADELM)/BM, le Programme de développement Durable des Exploitations Pastorales du Sahel Malien en République du Mali–une extension du PRAPS–qui sera financée par la BID.

L’intérêt manifeste des populations rurales pour la pisciculture, comme effet positif  de la mise en œuvre de l’ex-PRODEFA. Cet intérêt  mérite d’être soutenu  en s’appuyant sur l’avantage de la bonne organisation  de la filière et  en trouvant des solutions appropriées aux contraintes principales du développement de la filière Poisson à savoir : i) des spécialistes pour le sous-secteur de la pêche,  ii) l’alimentation du poisson  et  iii) les souches de poisson ;

Le ministre a dit être satisfait d’entendre que  la mise en œuvre de « One Health »  et le renforcement de la filière avicole constitueront les activités phares de l’année 2017 ;

La collaboration avec le ministère de la Recherche Scientifique  sur divers niveaux de la chaine de valeur (filière) aquacole ;

Concernant le pastoralisme, le ministre a abordé les aspects suivants :

un sous-secteur de l’Elevage où l’éleveur est de moins en moins visible, selon l’un des constats de l’atelier  des acteurs sur le pastoralisme, organisé à Bougouni en janvier 2017 ;

un sous-secteur de l’Elevage  qui donne des signes d’essoufflement, car étouffé de plus en plus dans sa composante pastorale par les problèmes fonciers comme conséquences malheureuses de l’échec des politiques de l’agriculture végétale. L’aménagement et l’affectation  des zones de Daouna et de Missibougou (région de Ségou), non encore soumises à la pression démographique (habitat et agriculture végétale) à des fins strictement pastorales sont envisagés pour une expérience  qui apparait nécessaire  à tester ;

l’évaluation de la mise en œuvre de certains textes législatifs/règlementaires, de concert avec d’autres départements  est  tout autant une nécessité, dans la mesure où certains intervenants  pointent plutôt  la non application des textes existants.

Le vol du bétail, devenu une contrainte au développement de l’élevage au Mali. Une rencontre  des acteurs a eu lieu à Bamako  sur la question. Ceux-ci proposent  d’aller plus loin dans la criminalisation du vol d’animaux ;

L’abattage abusif et incontrôlé des ânes, un phénomène inhabituel au Mali qui a réveillé l’attention des consommateurs  et des services techniques. Aussi, l’arrêté interministériel  relatif à l’inspection sanitaire et de salubrité des denrées alimentaires d’origine animale  a été relu et adapté à la situation actuelle ;

Au plan sanitaire et alimentaire du bétail :

la fièvre de la vallée du Rift (FVR) sévit au Niger et le risque de son incursion au Mali plane toujours. Le département avait sollicité une mission d’appui du Centre de Gestion des Crises  (CGC) de la FAO. Cette mission a été réalisée et un rapport déposé. L’une des recommandations de la mission a trait à l’organisation d’une campagne de vaccination du bétail sensible avant la saison des pluies 2017 ;

toutes informations prises en compte, la situation alimentaire du bétail semble critique dans le Gourma. Il y a l’urgence d’un appui en aliment bétail.

FENALAIT a polarisé l’attention sur un pic assez élevé de la production laitière, à tel point que l’Organisation de producteurs a procédé à des distributions gratuites de lait afin de désengorger ses stocks. Ici, la solution préconisée est  de renforcer les capacités  des laiteries à stocker, transformer et commercialiser le lait cru ;

La nécessité d’améliorer les conditions de transport de la viande dans le district de Bamako et environs a abouti à la formulation d’un projet dans ce sens dont le document est disponible. Le transport du poisson est assuré par l’Agence de gestion du marché à  poisson de Bamako (AGMPB).

Après les interventions de Madame Stéphanie GUHA et du ministre, certains membres de la

Coordination du sous-groupe Elevage & Pêche se sont exprimés. Ainsi :

La carte de localisation des interventions des partenaires du sous-groupe  sur le terrain a été remise au Ministre qui n’a pas tari d’éloges pour l’initiative ;

A propos de la production laitière  en hausse, la pasteurisation du lait  frais est à envisager parmi les solutions  préconisées ;

Le manque de ressources humaines  constaté sur le terrain n’est pas favorable aux efforts de développement  déployés ; il est même contradictoire. Il faut davantage former et recruter. Sur ce point spécifique, le Ministre a mis l’accent sur  l’encouragement  du secteur privé (mandataires et inséminateurs) ;

L’exemple cité des zones de Daouna et de Missibougou serait une bonne  initiative si elle est suivie d’effet, mais  cet espace sera largement insuffisant pour le bétail local et transhumant. Il faut explorer d’autres  espaces similaires sur la frontière  Mauritanienne ;

La question de l’assurance sur le bétail est revenue, mais en termes de faisabilité de l’action, compte tenu de la méfiance du système bancaire vis-à-vis de la matière « bétail » ;

Quelque soit l’intérêt des programmes d’amélioration génétique par croisement pour de meilleurs rendements en viande et lait, il faut  éviter  la perte des races locales ;

La rencontre de dialogue a été informée de la mise en place du dispositif de suivi-évaluation des deux sous-secteurs, dans le cadre du  projet d’appui institutionnel au ministère de l’élevage et de la pêche (PAI) financé par la coopération Belge.

La rencontre de dialogue a pris fin sur la note de satisfaction et d’engagement des deux côtés à renforcer la franche collaboration.

La prochaine rencontre est prévue  dans trois  mois.

     Source/MEP

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