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Référendum: le fond du problème

Le paysage socio-politique connaît des soubresauts depuis l’éclatement de « la crise du referendum constitutionnel ». Assez brûlante au départ au point de faire craindre le pire, la fièvre est en train de tomber progressivement grâce au courage et à l’abnégation de certains acteurs du monde de la presse et de la société civile dont l’action conjuguée a permis de rattraper le déficit de communication à l’origine des mécontentements.

tiemoko sangare ministre mines adema

DIEU AIME LE MALI. SINON, QUE CE SERAIT-IL
PASSÉ SI…
Le premier meeting organisé contre le projet de révision de la Constitution a eu un grand retentissement parce que les contestataires ont pris les devants en propageant les rumeurs les plus fantaisistes et en abusant d’amalgames aussi saugrenus les uns que les autres. Que ce serait-il passé si la jeunesse avait cédé aux chants de sirènes? Le Mali aurait pu sombrer dans un chaos indescriptible ouvrant la voie à des velléités sécessionnistes. Heureusement, les arguments des contestataires n’ont pas résisté à l’épreuve de la confrontation des idées. Aujourd’hui, les faits sont clairement rétablis : le pays ne court aucun risque de se transformer en monarchie, l’intégrité du territoire n’est pas menacée malgré des problèmes sécuritaires graves, le régime reste républicain, la durée du mandat présidentiel n’est pas en cause. L’argument de trop qui va jeter le discrédit sera l’affirmation que la révision rendra possible le mariage homosexuel ! Celui qui a eu cette idée farfelue ne semble connaître ni le projet de texte, ni la culture malienne. Même si cet ultime mensonge a rendu un grand service à la vérité, le mal est déjà fait et il faut trouver le moyen de ramener la sérénité.
Que ce serait-il passer si, chauffés à blanc et pris dans une sorte de folie meurtrière, les jeunes avaient accepté de mettre le feu à leur propre pays, un pays déjà meurtri par des attaques terroristes dont les premiers responsables sont ceux qui ont applaudi le retour des rebelles en provenance de la Libye avec armes et bagages et qui, au lieu de faire leur mea culpa poussent la jeunesse à la violence et au sacrifice ultime? Que ce serait-il passé si le président de la république avait choisi de répondre par la répression ? Le « prince des ténèbres » jubilant sur les corps encore chauds des victimes aurait crié au massacre des populations avant d’exiger sa démission qui reste l’objectif à atteindre. Les Maliens ont toujours su raison garder, prouvant que le peuple n’est pas encore descendu dans rue. Le pays reste béni de Dieu parce que la foi ici n’est pas un vain mot. Sus donc aux marchands de la mort qui ont jeté leur dévolu sur les enfants d’autrui pour les offrir en victimes expiatoires, en gardant les leurs à l’abri.

LE CHOIX DE DÉFENDRE LA RÉPUBLIQUE
Même si la crise n’est pas terminée, tout le monde a fini par flairer l’arnaque en apercevant enfin le dos des pêcheurs en eaux troubles. En vingt ans d’exercice ou de soutien au pouvoir politique, lequel d’entre eux a-t-on vu se battre pour une bonne cause : moralisation de la vie publique, prise en charge des jeunes de plus en plus désemparés, réarmement moral de la société agressée de toutes parts par des fléaux innommables, des forces de défense et de sécurité minées par le clientélisme et la corruption, de l’administration et de la justice décriées par les populations ? Pendant que certains étaient occupés à mettre à l’abri des biens mal acquis, d’autres en héritiers putatifs attendaient tranquillement que le fruit mûr du pouvoir tombe dans leur besace. Pour tous, le 22 Mars 2012 sera un cauchemar suivi d’un réveil en sursaut. Le capitaine Amadou Haya Sanogo, en véritable OVNI apparaîtra sous les traits du briseur de rêves. Voilà comment le sort s’est joué d’eux et ils boiront la coupe jusqu’à la lie.

En effet, IBK contre lequel l’implosion de l’ADEMA avait été orchestrée de l’intérieur en 2000 afin de le sortir du jeu de la succession, contre lequel un Front du refus baptisé « Tout sauf IBK » a été créé pour lui barrer la route de Koulouba en 2012, va finalement être élu à une écrasante majorité. Vraiment, le peuple est méchant ! Mais il ne l’est jamais gratuitement car chacun finit par récolter ce qu’il a semé. Pour paraphraser Abraham Lincoln, on peut tromper tout le peuple une partie du temps, on peut même tromper tout le temps une partie du peuple, mais personne n’est suffisamment futé pour tromper tout le peuple tout le temps. Mars 1991 a vécu et cette révolution a ouvert les yeux des populations qui, le cœur meurtri ont assisté vingt ans durant à des actes de prédation à grande échelle sur l’économie et sur les mœurs sociales. Les hommes politiques sont désormais un livre grandement ouvert. Cette «crise du referendum » a eu le mérite de susciter de nouvelles vocations chez certains jeunes qui interviennent de plus en plus non avec des invectives et des menaces, mais en suscitant des débats constructifs. A présent, le président de la république s’évertue à faire baisser les tensions pour éviter la radicalisation des positions.
A ceux et celles qui annoncent des troubles et des incendies qu’ils n’ont jamais su eux-mêmes éteindre dans un passé encore récent, la majorité silencieuse doit opposer une détermination ferme en poursuivant les actions de sensibilisation car, comme cela est écrit dans le préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO, «les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix».

Mahamadou Camara
Email : [email protected]

 

Source: info-matin

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