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Recycler la classe politique malienne !

Après 26 ans d’immobilisme, de pilotage à vue, d’amateurisme, de magouilles et de détournements impunis du dénier public….. la classe politique semble avoir montré ses limites. D’où la nécessité de son renouvellement. Du moins, si les Maliens veulent voir s’opérer les changements attendus. Tant dans le mode de gouvernance, que dans la gestion de cette crise. Qui n’a que trop duré.

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« On ne peut pas faire du vieux avec du neuf ! », dit-on. Depuis près de 25 ans, le Mali est géré par la classe politique issue du « Mouvement démocratique ». Composé, entre autres, de l’Adema-association, du CNID-association, de l’AEEM et de l’UNTM, il avait suscité beaucoup d’espoir après la chute du régime dictatorial du Général Moussa Traoré, qu’il a obtenu de haute lutte. C’était en mars 1991.

Les raisons du changement
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L’élection d’Alpha Oumar Konaré, à la tête du pays en 1992, a suscité moult espoirs au sein de nos populations. Qui entendaient, enfin, gouter aux fruits de la démocratie et de la bonne gouvernance. Mais deux ans après, surprise sur … prise : les populations redescendent dans la rue, en réclamant plus de justice sociale, plus d’équité dans la distribution de la justice, des fruits de la croissance ….
Issus de l’implosion de l’Adema-PASJ et du CNID-FYT, la centaine de partis politiques n’ont pu apporter les changements attendus par nos populations. Que ce soit sous le président Konaré, sous ATT, comme sous IBK, ce sont toujours les mêmes acteurs politiques qui se relaient aux commandes du pays. Avec les résultats que l’on sait : corruption, népotisme, délinquance financière, gabegie….

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Elu, sur la base de son programme de société, chaque président de la République se voit « obligé » de composer avec les mêmes acteurs politiques. Dont l’objectif n’est pas de développer le pays ; mais d’être ministres, directeurs généraux ou présidents-directeurs généraux… pour jouir des privilèges de leur poste. Résultat : 25 ans après, le pays n’a pas bougé d’un iota. Au contraire, il a reculé sur bien d’aspects.
Partout, le même refrain : « bouffe et tais-toi, et s’il en reste la nation pourrait en profiter », entend-on au sein de l’administration publique. Le pillage des caisses publiques est devenu un sport national. L’homme qu’il faut ne sera plus à la place qu’il faut. Un étudiant peut décrocher une maîtrise, dans n’importe quelle série, sans jamais fouler le sol de son amphithéâtre. Des jeunes, issus de parents nantis, se retrouvent avec des grades d’officier ; alors qu’ils n’ont jamais tiré avec une simple carabine ; d’autres se retrouvent haut sommet de l’Etat, sans la moindre formation ; sans parfois, le diplôme adéquat.
La justice, elle, fonctionne selon la célèbre fable de La Fontaine : « selon que vous soyez riches ou pauvres, les jugements des cours vous rendront blancs ou noirs ». L’école malienne est devenue une fabrique de chômeurs, d’analphabètes-diplômés et de diplômés non instruits. Pléthorique et inefficace, l’administration fonctionne à certains endroits, encore, avec les machines à écrire des années 20.
Conséquences : réduite à sa plus simple expression, le pays s’est vu obligé de recourir à la France, en 2012, pour arrêter l’avancée des djihadistes à Konna ; mais aussi, de sous-traiter sa sécurité avec l’Elysée. Signé avec la France, peu après le redéploiement de « Serval » au nord, « l’accord de défense » empêche, désormais, l’armée malienne de s’approvisionner en armes. Sans l’accord préalable de la France, qui soutient – au su de tout le monde – les groupes rebelles.
Un an après la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, le massacre des populations – civiles comme militaires – se poursuit de plus belle. Jadis considérée comme l’apanage des régions du nord, l’insécurité a gagné tout le pays, y compris notre belle et sale capitale. La pauvreté a fait place à une misère endémique. Sept Maliens sur dix peinent à se procurer trois repas par jour. Le front social est en permanente ébullition. Les grèves succèdent aux grèves à un rythme infernal. L’avenir s’annonce sombre pour les 17 millions de Maliens, qui désespèrent de pouvoir espérer.
Et comme si tout cela ne suffisait pas, le nord et le centre du pays sont devenus le terrain de jeu des djihadistes de tout poil.
Pour mettre fin à cette hécatombe, la conférence d’entente nationale avait recommandé aux autorités maliennes d’ouvrir des négociations avec Iyad Ag Ghali, chef du mouvement terroriste Ansar Dine. Dès le lendemain, coup de théâtre : la France dépêche ses ministres des Affaires Etrangères et de la Défense, à Bamako, pour persuader IBK d’y renoncer.
C’est pour toutes ces raisons, que le renouvellement de la classe politique s’impose comme une nécessité. « Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps », disait l’écrivain français Châteaubriand.
Pour redonner espoir à nos populations, meurtries par 25 ans de tâtonnements, de scandales, d’amateurisme, d’insécurité, de misère… le Mali a besoin d’un président de la République jeune ; mais aussi, en phase avec son temps. Contrairement aux chefs des institutions actuelles, qui ont – dans leur écrasante majorité – franchi le seuil de leur soixante-dixième année. Exemple : le président de la République, celui de l’Assemblée nationale, du Conseil Economique Social et Culturel….. pour ne citer que ceux-là.

Elire un président en phase avec son temps

Pour relever les défis de l’heure, qui se posent avec acuité, le Mali a besoin d’un président de la République proche des populations et de leurs préoccupations. Et non d’un président de la République vivant dans une Tour d’ivoire. Le Mali a besoin d’un président de la République patriote, prêt à se sacrifier pour les intérêts de son pays. Et non d’un président de la République, dont la seule référence reste la France, son histoire et sa littérature.
Le cas du Rwanda en est la parfaite illustration. Après le génocide de 1994, l’horreur de la rébellion et l’exil de millions de populations à travers le monde, le Rwanda est, 13 ans après, cité comme l’exemple d’un pays sur la voie de l’émergence. Grâce au leadership de Paul Kagamé, qui a cassé les ponts avec l’ex-pays colonisateur, la France, le Rwanda fait figure de proue en Afrique, sur les plans économique, politique et social.
Certes, la vieille garde politique n’acceptera pas, aussi facilement, d’être mise au placard. Elle usera de tous les moyens, y compris l’achat de conscience, pour se maintenir en selle. Il faut l’y obliger. Cela passe par l’information et la sensibilisation de nos concitoyens, victimes, en grande partie, de leur analphabétisme.
Notre salut passe par là ; celui de notre pays, aussi.

Oumar Babi

 

Source: Le Canard Déchaîné

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