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Réactions des leaders politiques à la marche : « «Nous sommes sortis pour sauver notre pays »

Samedi dernier (15 juillet 2017), les opposants au projet de révision constitutionnelle du président de la République ont battu le pavé à Bamako, à l’intérieur du pays et dans plusieurs villes à l’étranger. Les partisans du Non ont évoqué l’opportunité qui se présente au président IBK de pouvoir encore réunir les Maliens de tous les bords, de toutes tendances, autour de son projet controversé afin de donner une plus grande chance à la paix. Mieux, ils appellent le chef de l’Etat à trouver un consensus pour sauver rapidement le pays et de montrer que chaque Malien compte pour lui.

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*Me Demba Traoré, URD : «Nous sommes sortis pour sauver notre pays »

« Je suis venu marcher pour sauver la République. Notre pays est menacé, sérieusement menacé; pas par l’insécurité mais par les gouvernants. Vous avez remarqué leur entêtement à vouloir forcer un référendum qui n’est pas du tout opportun. Et compte tenu de la situation sécuritaire, le Mali est plus qu’agressé dans son intégrité territoriale. Qu’on le veuille ou pas, c’est cela ; même si la Cour constitutionnelle a tenu malheureusement un autre langage. Tous ceux qui sont sortis aujourd’hui aiment leur pays, ils ne sont pas en déphasage avec les règles de la République.

C’est pour cela que nous sommes sortis pour sauver notre pays, faire en sorte que la paix qui est recherchée soit une réalité. On ne pourrait jamais avoir la paix dans l’exclusion. Qui peut faire participer aujourd’hui l’ensemble des citoyens dans un processus référendaire ? Ce n’est pas possible. L’administration elle-même est absente dans la plupart des localités du pays. Nous sommes sortis pour demander au président de la République qui est l’initiateur de ce projet de le retirer purement et simplement. Les images qu’il va voir aujourd’hui, pas à l’ORTM parce qu’elle ne va pas la diffuser ? Il devra se rendre compte de la réalité.

Nouhoum Togo, PDES : « Si le Non arrivait… »

« Ils n’ont pas pu organiser les élections dans 53 communes du Mali pour les élections communales. Qu’est-ce qui va nous prouver qu’ils auront même la chance d’organiser dans 3 ou dans 4 cercles ? La situation devient de plus en plus grave. On demande à la Cour constitutionnelle de faire extrêmement attention, d’écouter la voix du peuple. On a vu Manassa se battre en 1991, elle a été la voix des sans voix hier. Mais elle est méconnaissable aujourd’hui. Aveuglée par le pouvoir, elle continue à rencontrer le ministre de l’Administration territoriale et de voyager même à l’extérieur pour dire d’oublier les sans voix. La loi, elle est faite pour être appliquée sur la population malienne. Nous ne reconnaissons pas cette façon de faire. Son analyse est biaisée. C’est pour cela qu’on ne peut pas faire confiance, pour ce référendum, à la Cour constitutionnelle»

Tiébilé Dramé, PARENA : « Le peuple a réagi, le peuple a dit non »

« Nous ne voulons pas de la Constitution venue de l’étranger. Et nous demandons au Président de retirer son projet purement et simplement, et de réunir les parties prenantes : les associations, les jeunes, les femmes, l’opposition, la majorité, les opérateurs économiques, les femmes entrepreneurs, les syndicats. Toutes ces forces vives du pays, les réunir pour que nous discutions du présent et de l’avenir immédiat. Le président a fait la preuve pendant ces 4 dernières années qu’il n’est pas un homme de dialogue, qu’il n’est pas disposé au dialogue. C’est pourquoi il a conçu cette Constitution qu’il voulait imposer de façon cavalière. Le peuple a réagi, le peuple a dit non »

*Soumana Sako, CNAS Faso Hèrè : « La Constitution de 1992 est la plus avancée au monde… »

«Quelle Constitution au monde peu reculer un coup d’Etat ? A cet effet, la Constitution de 1992 est la Constitution la plus avancée au monde. Le peuple malien a mis dans cette Constitution qu’un coup d’Etat est un crime imprescriptible. Maintenant l’insécurité résiduelle ! J’avais beaucoup d’estime pour Manassa Dagnoko. Je n’en suis pas arrivé au point où cette estime pour elle est résiduelle. Mais je dois dire qu’elle (Manassa Dagnoko, Ndlr) m’a déçu en disant et répétant qu’au Mali il y a l’insécurité résiduelle. Je ne lui demande même pas d’aller à Kidal, qu’elle tienne la prochaine session de la Cour constitutionnelle à Djenné. Elle verra s’il y a une insécurité résiduelle ou pas. Elle n’a qu’à aller dans les camps militaires dire aux veuves et orphelins des braves hommes et femmes en uniforme, qui sont en train de mourir comme des mouches pour défendre la patrie, que ce dont leurs parents sont victimes, ce n’est que de l’insécurité résiduelle ».

*Dr Madou Diallo, URD : « L’opportunité historique de réunir les Maliens »

« Si on peut comprendre l’initiative de réviser une constitution, il y a des préalables qui existent. Vous savez que la Constitution malienne à travers son article 118, alinéa 13 dit clairement qu’on ne peu pas poursuivre ou entamer une révision constitutionnelle quand il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. Il faut être de bonne foi pour reconnaitre aujourd’hui qu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. Pour que nous révisions la Constitution, il faut qu’il ait un large consensus. Je pense que monsieur le président de la République a l’opportunité historique de réunir les Maliens, de fédérer les Maliens autour de ce projet et de dire que chaque Malien compte. Il y a de nombreuses lacunes dans le texte.

Propos recueillis par Soumaila T. Diarra et Aguibou Sogodogo

Source Le Républicain

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