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Rassemblement Pour le Mali : S’unir ou Périr !

Aujourd’hui, plus que jamais ce parti qui, selon l’ultime conviction de nombre de ses militants de la première heure, exerce le pouvoir sans réellement avoir le pouvoir, doit complètement revoir sa stratégie, sous peine de sombrer.

Rassemblement Pour le Mali (RPM)

Honnêtement, les militants du RPM n’ont pas été gâtés depuis l’avènement de leur mentor à la magistrature suprême. Après plus d’une décennie au cours de laquelle que de couleuvres avalées, renforçant ce sentiment diffus d’exclusion, voire de trahison résultant de la séparation avec l’ADEMA, le RPM pensait enfin pouvoir gérer pleinement le Mali, s’assumer exclusivement.

Hélas, la première désillusion sera l’interprétation des 77% de voix IBK, qui, rapidement dira, objectivement et à juste titre, qu’il ne doit nullement son élection à la présidence exclusivement au RPM. La douche froide se poursuivra avec la nomination de Premier ministres non issus du parti et comble de frustration, n’ayant aucun député à l’assemblée nationale, foulant ainsi allègrement aux pieds le fait majoritaire.

Ainsi, en lieu et place du plein exercice du pouvoir, une cogestion de fait avec une majorité présidentielle toujours plus boulimique rognera sérieusement l’assise du parti qui ne doit son salut qu’à l’activisme de certains cadres et militants membres du gouvernement, de la haute administration et caciques de base qui refusent de se laisser spolier leur victoire.

Tant bien que mal, l’illusion sera préservée, mais les vicissitudes et aléas inhérents à la gestion de l’Etat et surtout l’assentiment de militants de plus en plus ulcérés éroderont insidieusement les fondements du parti. Logiquement et comme il fallait s’y attendre, des clans se forment progressivement, déclenchant une querelle de leadership féroce ; la perspective de l’accession à la présidence du parti rendant encore plus grave un combat fratricide à présent étalé au grand jour sur la place publique.

N’est-il pas superfétatoire de rappeler quelques épisodes saillants de cette déliquescence rampante de la cohésion au sein du parti ? Qui peut oublier les coups bas lors du renouvellement des instances du parti à Bamako, dans maintes régions, notamment parfois avec le recours à la justice comme à Gao ? Que dire de la fronde de certains députés à l’assemblée nationale, bravant ouvertement et avec fracas les décisions de la direction du parti et partant cherchant à décrédibiliser des ministres forts du parti au sein du gouvernement ?

La difficile accession du Dr Bocari Tréta , après un épique combat à la présidence donnera l’impression que le RPM allait se ressaisir, renforcer la cohésion interne.

Même si le change semble perdurer, le premier bénéficiaire de ce soutien, IBK lui-même ne cache pourtant pas à quelques occasions, sa déception de déplorer une majorité présidentielle atone, anone et dont le dynamisme semble rarement, pour ne pas dire jamais à hauteur des défis et des attaques de l’opposition. Non seulement les activités gouvernementales ne sont pas suffisamment vendues, la vision du chef de l’Etat, elle semble se réduire à des incantations ostensiblement  distillées par les ministres devant la télévision. Et même là encore, les autres ministres y excellent davantage, cependant que le RPM devrait, avec sa majorité écrasante être la locomotive.

Devant ce constat implacable, les militants sincères se posent une question récurrente, à qui vraiment la faute ? Ceci est un large débat et non des plus simples.

LA NOUVELLE DONNE

Aujourd’hui, le RPM doit ouvrir grandement les yeux et regarder la conjoncture actuelle du pays caractérisée par une crise politico-sécuritaire sans précédent. Il doit surtout être conscient que l’exacerbation des crises politiques résulte d’une seule et unique perspective : les élections de 2018.

Pense-t-il pouvoir et / ou devoir pleinement compter sur ses alliés de la majorité présidentielle ? Cela serait risqué pour ne pas dire suicidaire. Des évènements de la vie politique, plus précisément la polémique sur le projet de révision constitutionnelle montrent à quel point cette majorité peut se fissurer.

Des partis ont déjà clairement quitté le navire. D’autres manœuvrent et pour peu que les rapports de force semblent défavorables, ils n’hésiteront point. Certains annoncent clairement ou laissent  comprendre qu’ils présenteront leur propre candidat ; ce que l’on peut honnêtement et difficilement leur reprocher. En effet un parti politique a pour vocation fondamentale de conquérir le pouvoir. Alors pour largement de raisons, cette majorité aujourd’hui observable peut voler en éclats, laissant le RPM orphelin ou avec des partenaires microscopiques.

QUE FAIRE ?

Si l’objectif est d’accompagner réellement et efficacement le président Ibrahim Boubacar Kéita pour une fin de mandat paisible servant de socle à un  second mandat, il revient impérativement au RPM de revoir sa stratégie. Pour ce faire, les règles d’or seront l’unité d’actions, une cohésion parfaite, une vision connue, une politique partagée et surtout une analyse approfondie permettant d’anticiper sur l’avenir. Aujourd’hui, il n’ya plus de place pour un RPM de Bocari Tréta, un RPM d’Abdoulaye Idrissa Maïga, un RPM de Issiaka Sidibé, un RPM de Boulkassoum Haïdara, pour ne parler que de ceux-ci.

L’heure exige un RPM solide, cohérent, pacifié et réconcilié avec lui-même. Cela ne sera pas facile tant certaines plaies sont encore profondes. Mais cela s’impose immédiatement au regard du temps restant trop court pour panser ces plaies.

A l’instar d’autres situations vécues dans d’autres pays, une piste à explorer par les tisserands, serait la mise en place diligente d’une commission de dignitaires fondateurs du parti, pour proposer au bout d’un délai court à déterminer, un rapport portant analyse approfondie de la situation politique et des scénarii alternatifs pour permettre au RPM de renforcer son leadership et affronter toute éventualité ; avec une réflexion argumentée sur les inévitables partenariats politiques, pour l’émergence d’un bloc solide et efficient.

Si le Pr Bocar Sall, paix à son âme, n’est plus de ce monde, des fondateurs comme Nancoma Kéita, Bakary Koniba Traoré, Toumani Djimé Diallo et deux ou trois autres peuvent se placer au dessus des divergences et querelles internes, et proposer à la direction du parti un document cadre sur les réalités et perspectives du RPM à l’horizon 2018.

Nous pensons qu’avec un tel instrument le parti sera renforcé, pour peu que ses principaux leaders mettent de côté leurs égos, parfois surdimensionnés. Ainsi, le RPM saura éviter les pièges dévastateurs qui ont ébranlés curieusement ses alliés de l’Internationale Socialiste. L’équation est claire pour les Tisserands : S’unir ou devenir la risée des autres ou périr !

 Tiémoko Traoré

 

Source:  Le Pouce

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