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Rapport d’audit des radios FM au Mali : Tolérance zéro pour 31 radios pirates

Les autorités ont pris le taureau par les cornes en s’attaquant à l’anarchie qui, ces dernières années, gangrène le secteur des radios FM au Mali. Cette nouvelle décision du ministre de la communication consiste à retirer une centaine de fréquences non exploitées et à fermer 31 radios pirates.

Faut-il préciser que cette mesure fait suite aux recommandations de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC et Postes (AMRTP) qui a remis au gouvernement son rapport de contrôle sur les stations FM au Mali. En effet, face à la prolifération des radios pirates le gouvernement a autorisé un audit des stations FM visant à faire respecter les paramètres de conformité avec le plan Genève 84. Il s’agit aussi de vérifier les dispositions techniques réglementaires contenues dans l’arrêté interministériel autorisant la création des radios en modulation de fréquence en République du Mali.

Dans ce cadre du 03 août au 04 septembre 2012, une mission de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC et Postes (AMRTP) dirigée par Siaka Boubacar Coulibaly a effectué une opération de contrôle. Elle a sillonné les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et le district de Bamako. Les régions de Gao, Tombouctou et Kidal seront contrôlées dès que les conditions sécuritaires le permettront.

L’AMRTP a constaté que sur 400 stations visitées 369 ont de fréquence FM en bonne et due forme. C’est-à-dire : une radio recensée avoir deux fréquences l’une est sans autorisation. Ainsi, sur 31 radios pirates répertoriées Koulikoro et Bamako se taillent les 60%. D’autre part, une centaine de fréquences attribuées restent encore inexploitées. Concernant les sites non autorisés neuf cas sont décelés dans la région de Koulikoro.

À retenir que la périphérie de Bamako bat le triste record d’irrégularité en matière de modulation de fréquence. Il s’agit des localités des communes rurales relevant de la région de Koulikoro et du cercle de Kati qui sont devenues des zones de prédilection pour les radios pirates. En sus d’une entorse aux règles, cette situation crée des interférences et des concurrences déloyales avec les stations légalement installées. À titre d’exemple, la radio «Kurukan fuga» autorisée à émettre dans le village de Kamalé sur 88.00 est délocalisée illégalement par son promoteur à Sangarébougou et émet sur 90.1 MHZ. Dans ce même quartier, «Sèwa» émet sans autorisation sur 105.5MHZ tandis que sa fréquence initiale 89.7 MHZ est exploitée à Moribabougou par «Salam FM».

À Kalabancoro, «La voix du citoyen» bascule sur la fréquence 92.9 MHZ qui ne lui a pas été attribuée et n’émet pas sur son site légal. «Nassira Oulé» aussi est dans la même illégalité. La radio «Kunan Dia» a quitté son site de Moribabougou pour s’installer à Titibougou dans la commune rurale de N’Gabacoro. À Kati ville, «Bélékan» 105.4 MHZ et «PINNANA FM» 89.1 MHZ n’émettent pas sur leur fréquence. À Kasséla, la radio «Jiguiya 95.7 exploite une fréquence non autorisée, la 96.7.

Dans le district de Bamako, les radios pirates utilisant des fréquences sans autorisation sont «La Voix des Jeunes» 102.6 MHZ, «Radio Oxygène» 105.8 MHZ, «Radio Tabital» 106.7 MHZ et «Radio Niètaa» 96.5 MHZ. Cette dernière était autorisée à émettre à Djago, mais son promoteur l’a transférée à Bamako sans l’aval du ministère de la communication.

Face à cet état de fait déplorable, l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC et Postes (AMRTP) a été claire dans ses recommandations. Les stations émettant sans autorisation sont à fermer. Elle a également demandé le retrait des fréquences non exploitées pour les réattribuer à de nouvelles radios. Cette action est d’ailleurs en cours. Désormais, les autorités compétentes procéderont à la vérification périodique par des spécialistes de toutes les installations de la production jusqu’à la diffusion. Tous les promoteurs doivent se conformer à l’arrêté interministériel.

En tout cas, le gouvernement est déterminé à appliquer ces recommandations de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC et Postes (AMRTP) conformément à la loi afin d’assainir le secteur très sensible de la communication. Ces dernières années, les fréquences ont fait l’objet de spéculation. Les auteurs de ces actes illicites doivent s’attendre à des sanctions. En plus du retrait de fréquence, ils sont exposés à des poursuites judiciaires.

À suivre…

Issa Santara

 

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