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Protection de l’environnement : LE MINISTRE KEITA AÏDA M’BO TOUCHE DU DOIGT LES PROBLEMES

étusté des locaux, insuffisance d’effectifs, sous équipement du personnel, manque d’ouvrages d’assainissement… c’est le triste constat qui résulte de la visite que le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a effectué les 28 et 29 juillet derniers dans la région de Koulikoro et le District de Bamako

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La première étape de cette tournée de deux jours a porté sur la décharge finale de Noumoubougou, à une trentaine de kilomètres de Bamako sur la route de Koulikoro. Cette infrastructure qui a coûté plus de 4 milliards de Fcfa à l’Etat, n’est toujours pas opérationnelle. Malgré les équipements nécessaires pour son fonctionnement (véhicules, bureaux, etc.), la décharge est presqu’à l’abandon. La direction nationale de l’assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN) qui assure la maintenance de l’ouvrage, ne dispose pas de moyens pour accomplir cette tâche, ont expliqué ses responsables. Compte tenu de la situation d’insalubrité de la ville de Bamako, il est urgent de mettre en place un mécanisme pour rendre opérationnelle la décharge, a estimé le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Elle a promis qu’une solution rapide sera trouvée.

De Noumoubougou, la délégation ministérielle a rallié la capitale du Méguetan. Accueillie sur place par le gouverneur de la région de Koulikoro, Elhadj Sékou Coulibaly, Mme Keita Aïda M’bo a visité les locaux de la direction régionale de l’assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances (DRACPN) et de la direction régionale des Eaux et Forêts (DREF), avant de rencontrer le personnel. Parmi les problèmes évoqués, il y a la vétusté des locaux, le déficit d’effectif et le sous équipement du personnel. Ce sont des préoccupations transversales, dira le ministre Keïta Aida M’Bo. Cependant, des efforts seront faits pour apporter des solutions afin que les services concernés puissent accomplir efficacement leurs missions. Elle a, par ailleurs, demandé aux responsables de faire des efforts dans la mesure du possible pour réhabiliter les locaux dégradés. La ville de Koulikoro est confrontée au phénomène de dégradation des berges du fleuve. Les exploitants de sable dans le lit du fleuve sont mis en cause par les services de protection de l’environnement.

La délégation ministérielle a ensuite visité une exploitation industrielle du sable. Située sur les berges du fleuve, à une dizaine de kilomètres de la ville de Koulikoro, cette exploitation est équipée d’une drague pour extraire le sable du lit du fleuve. Cet engin est utilisé aussi pour l’orpaillage à d’autres endroits, même si ce n’est le cas encore à Koulikoro. L’activité n’a pas impact direct dommageable mais il faut veiller sur sa régularité, a instruit le ministre au service régional de l’assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances.
Au cours des échanges, le chef d’antenne de l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) basé à Kangaba, a souligné le danger des dragues sur le fleuve et demandé leur interdiction pure et simple. De son côté, le directeur général adjoint de l’ABFN, Moussa Diamoye, a signalé le coût élevé des aménagements des berges du fleuve et demandé la diligence du mécanisme de redevance mise en place par l’Agence pour assurer un fonds d’entretien du fleuve.
L’étape de Koulikoro s’est achevée par la visite de la forêt classée de Tienfala qui fait l’objet d’occupation anarchique. Le ministre Keita Aïda M’bo et sa délégation ont pénétré en profondeur de la forêt où ils ont découvert des champs de culture. Ce qui est formellement interdit par la loi. Selon le directeur national des Eaux et Forêts, Mamadou Gakou a indiqué qu’il y a à ce jour, 26 titres fonciers dans la forêt classée appartenant à des particuliers. C’est sur ce constat amer que la délégation ministérielle a mis le cap sur le hameau de Soribougou, à environ 70 kilomètres de Bamako, dans le cercle de Kati. Ce hameau de culture se trouve dans le couloir de transit de la faune du Parc national de la boucle du baoulé et les réserves de faunes adjacentes. Dans la cour du poste forestier de Nafadji, le ministre a rencontré les habitants de Soribougou et le personnel forestier. Le directeur de l’Opération parc national de la boucle du baoulé (OPNBB), Alhassane Touré dit Sandy a présenté le parc d’une superficie de 2,5 millions d’hectares.

Le parc national de la Boucle du Baoulé et les réserves de faune adjacentes ont été créés entre 1954 et 1959 par l’administration coloniale. Le complexe érigé en réserve de biosphère a été classé patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982. Ce statut fait de cette zone un patrimoine naturel et scientifique avec des obligations internationales en matière de conservation de la biodiversité biologique. Située dans la partie sud-ouest du pays, comme son nom l’indique, au sud de la rivière de Baoulé, affluent du fleuve Niger, elle est à cheval sur les régions de Kayes et de Koulikoro dans les cercles de Diéma, Kita, Kati et Kolokani. Elle s’étend sur tout le territoire de la réserve de biosphère, ainsi que sur les deux réserves de faune totale (Kéniébaoulé et Talikourou) et sur les trois forêts classées (Baoulé, Bossofala et Nafadji).
Malgré son importance dans la conservation de la biodiversité de notre pays, des difficultés majeures subsistent quant à la surveillance de cette vaste superficie. A cela s’ajoute le manque de moyens logistiques et d’agents spécialisés.
Selon le directeur national des Eaux et forêts, Mamadou Gakou, son service compte aujourd’hui 700 agents contre 11555 agents prévus par le cadre organique 2014. Au Mali, il y a un agent forestier pour 50 000 ha contre le ratio normal de 1 agent pour 5000 ha. L’étape de Kati s’est achevée dans la cour du cantonnement forestier où le ministre a échangé avec l’ensemble du personnel avant de se rendre à la direction régionale des Eaux et Forêts de Bamako où l’attendait le directeur régional, Ousmane Sidibé et son personnel. Ce service héberge le Système d’informations forestières (SIFOR), une structure de collecte et de diffuse des informations sur le couvert végétal, les feux de brousse, la pluviométrie et toutes autres informations utiles à l’aide à la prise de décision en matière de protection de l’environnement.

Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a apprécié la mise en place d’un tel outil qui est très précieux dans le dispositif national de protection de l’environnement.
Elle a ensuite rencontré le personnel de la direction régionale des Eaux et Forêts. Après avoir écouté les uns et les autres, le ministre a rassuré ses interlocuteurs que le département fera tout ce qui est possible pour mettre les services dans les meilleures conditions de travail, en terme de local, de moyens logistiques, etc.
En retour, elle a demandé à tous de se sentir en mission pour le pays, en adoptant les meilleurs comportements. Elle a déploré les multiples dépôts de bois et de charbon de bois dans la capitale. Ceci prouve à suffisance qu’il y a encore une exploitation anarchique et abusive des forêts, car tous les bois coupés ailleurs se retrouvent à Bamako. Après avoir loué le travail des agents forestiers, elle a mis en garde contre certains comportements qui ternissent l’image du service et compromettent la moralité des agents. Dans la mouvance de la campagne nationale de reboisement, le ministre a planté un arbre partout où elle est passée.
Cheick A. Dia

 

Source: essor

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