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Projet de révision constitutionnelle : Va-t-il résister ou périr ?

Depuis sa création suite à l’adoption du projet de révision constitutionnelle par l’Assemblée Nationale, la plateforme AN TE A BAANA multiplie des actions pour le retrait pur simple de ce projet. Elle a fait une démonstration de force à travers une marche, encore une fois, ce samedi 15 juillet. Cette plateforme regroupant des partis politiques, des magistrats, de la société civile, des activistes, etc. vient de réaliser sa deuxième marche.

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La première tenue le 02 juillet aurait suscité le report du référendum du 09 juillet. Alors la question est de savoir si les initiateurs vont retirer ce projet ou décider d’affronter cette tempête de plus en plus forte de la plateforme. Car les membres de cette plateforme sont déterminés à atteindre leur objectif, le retrait pur et simple du projet de révision constitutionnelle.

Lisez les propos que nous avons accueillis lors de la marche de ce 15 juillet 17.

HONORABLE SOUMAÏLA CISSE PRESIDENT DE L’URD :

La mobilisation d’aujourd’hui est plus forte que la précédente marche. Les jeunes sont sortis massivement pour soutenir le pays. Ce que nous voulons dire au Président de la République, c’est d’écouter les autres. Cette constitution ne doit pas être révisée sans concerter toutes les forces vives de la Nation.

Nous voulons une concertation avec le peuple. Cette révision n’est pas faite pour le bonheur des Maliens. Comment la constitution du Mali peut être rédigée à l’extérieur après 50 ans d’indépendance. Alors, le Mali ne dispose-t-il pas d’intellectuels capables de rédiger une constitution ? C’est une honte ! Nous n’acceptons pas cela. C’est cela que les jeunes sont sortis pour dire qu’ils sont contre cette révision constitutionnelle. Ce ne sera pas la dernière marche tant que le projet n’est pas retiré.

HONORABLE AMADOU THIAM PRESIDENT DE ADP-MALIBA :

Les Maliens ont parlé aujourd’hui. Les Maliens sont sortis ici à Bamako, à Kayes, à Ségou, à Paris, à Washington, à Dakar, en Côte d’Ivoire, en Guinée, en Espagne. Bref, partout où se trouvent les Maliens. Ils ont tous mobilisé à leur manière. C’est la première fois que de façon concertée, de façon spontanée que les Maliens se lèvent pour dire NON à quelque chose depuis l’avènement de la démocratie. C’est un message fort pour les dirigeants du pays que les Maliens ne sont pas prêts pour prendre la démocratie, chèrement acquise, en otage.

La plateforme AN TE A BAANA, c’est tout le Mali. Ce sont la société civile, le CSTM, les partis politiques, les magistrats, des activistes. Si les autorités acceptent qu’on fasse le référendum dans ces conditions. Quand il n’y a pas d’administration à Kidal, quand les forces de défense et de sécurité n’y sont pas présentes, quand le centre du Mali est vide (73% est hors contrôle de nos forces de sécurité). Ce serait de légitimer les velléités de tous ces groupements qui sont au centre et au nord du pays. Le peuple démocratique, républicain a parlé aujourd’hui et continuera à parler.

SOUMANA SACKO PRESIDENT DU CNAS FASO HERE :

Le peuple est sorti aujourd’hui pour dire qu’il tient à la Constitution de 1992 qui a été adoptée par le peuple malien à la conférence nationale réuni dans toute sa diversité. On a dit NON mais la constitution à 25 ans et est plus récente que celle de la France et des Etats Unis. Mais aucune de ces deux constitutions n’ont été révisées, plutôt amendées.

Certes, la Constitution n’est pas la bible encore moins le Coran. Toutefois, il faut une raison valable pour la réviser. C’est le devoir de tout démocrate de défendre la Constitution de 1992. Je mets IBK et son gouvernement au défi de me démontrer une insuffisance ou lacune dans la Constitution de 1992. Aussi dans la nouvelle constitution, si le Président au terme de son mandat, l’élection ne peut pas être organisée, et si la Cour Constitutionnelle donne son accord, son mandat sera prolongé en 90 jours.

Donc ça va devenir infini. Cela signifie qu’il veut s’octroyer un mandat à durée indéterminée. Or la constitution actuelle n’autorise que deux mandats et celle-ci ne peut être révisée que par le peuple. De plus, notre constitution règle le coup d’état. Or la constitution française ne peut pas régler un coup d’état, celle américaine ne peut le faire encore la constitution chinoise. A cet égard, la constitution de 1992 est la plus avancée au monde. Car le peuple malien a criminalisé le coup d’état dans cette constitution.

HASSANE SIDIBE, 3EME ADJOINT – MAIRIE CIV :

Ma présence est unique et stricte, c’est le pays. Nous sommes dans une phase très critique de notre pays où toute présence compte. Nous sommes venus pour témoigner notre soutien au peuple et toute la nation. Nous disons simplement NON à cette constitution. Une constitution, c’est la base d’une nation. Ce n’est à cause de l’évolution du temps que nous devons adapter notre constitution aux individus. Au contraire, c’est aux individus, s’ils sont républicains, de se conformer à la constitution. Par contre, on appelle le Président de la République à la clairvoyance, d’être tranchant s’il s’agit du Mali, de ne pas regarder de gauche à droite.

MODIBO SIDIBE PRESIDENT DE FARE AN KA WULI  :

Depuis le début du mandat, on lui a dit qu’on ne prend pas un pays comme ça. On doit faire parler le pays. Même avant d’aller en élection, tu fais parler le pays. Ce qu’il aurait dû faire avant la mise en œuvre. Il aurait dû voir avec les Maliens comment engager le processus du débat sur la refondation du Mali. La constitution actuelle permet de gérer les problèmes pour qui a une bonne vision, pour qui a une bonne foi.

Les priorités de l’heure, c’est la sécurité. Il faut pourvoir la sécurité, il faut pourvoir le besoin des Maliens. Les Maliens souffrent. Ils n’ont pas de perspective. Donc réglons leur perspective. Et qu’on sorte du fétichisme de l’accord d’Alger. Puisque c’est un processus, c’est un accord pour la paix unanime, il faut qu’on comprenne qu’il y a deux choses. Sécuriser et engager un vrai dialogue entre les Maliens.

HONORABLE MODY N’DIAYE DEPUTE URD :

Nous sommes sortis pour dire que les conditions ne sont pas réunies pour tenir un référendum. Parce que l’insécurité sévit sur les deux tiers de notre territoire. Aussi, le régime est incapable de déployer ceux qui sont chargés à savoir l’administration sur le terrain. De plus, les juges ne sont pas en place. Donc opter pour une révision dans ces conditions risque de nous amener à la partition du pays parce qu’une partie de la population n’aura pas à exercer son droit de vote.

NOUHOUM TOGO PDES (COMMUNICATION) :

Nous sommes sortis pour exprimer la souffrance du peuple malien. Nous sommes venus dire aux Maliens que la constitution que le Président propose n’est pas consensuelle. Dire que la souffrance des Maliens doit s’arrêter. Aussi, dire au Président et à certains Maliens que le Pays a des priorités qui ne sont pas d’aller à la révision constitutionnelle aujourd’hui. Il a promis au peuple, l’honneur et le bonheur. L’honneur et la dignité que nous voulons aujourd’hui, c’est de faire en sorte de prendre en compte les préoccupations du peuple profond qui continue à souffrir.

Qui manque d’eau, d’école, de sécurité. Chaque jour, il y a des attaques, des tueries sur l’étendue du territoire national. Nous avons été poussés à signer l’Accord. Nous avons signé l’Accord. La paix nous a été promise. Et l’Accord est signé depuis deux ans, il y a plus de mille cents morts. On nous a promis l’honneur, nous sommes dans le déshonneur. On nous a promis l’avantage que les Maliens ne vont plus souffrir mais nous sommes en train de vivre le contraire. Tout le temps, cela nous préoccupe. Dans la constitution proposée, il y a des articles qui nous donnent la sueur froide.

Sueur froide parce qu’ils vont retirer aux Maliens le droit d’aller aux urnes pour le référendum. Ils vont réviser ce que la démocratie nous a donnés en 1991. C’est pour tout cela que nous sommes sortis pour alerter et pour attirer l’attention du peuple malien pour dire qu’il y a des difficultés. A cet effet, nous pensons que les Maliens doivent prendre ces difficultés en compte pour que nos responsabilités ne soient pas engagées demain ou après-demain devant nos enfants ou nos petits-enfants. C’est ce combat que nous sommes en train de mener.

Nous demandons le retrait pur et simple parce nous n’avons plus confiance à la Cour Constitutionnelle. La Cour Constitutionnelle qui doit dire le droit, nous pensons que cette Cour, est plus politisée que les politiciens. Alors, nous pensons qu’en allant au référendum avec cette Cour, même si on gagne, le OUI l’emportera. Dans toutes ses déclarations aux autres, le Président pense que le OUI doit réellement passer.

Car il ne s’est jamais posé la question de savoir si le NON va gagner. Donc cette logique nous pousse à ne plus croire à la sincérité de la Cour Constitutionnelle après avoir rencontré le Président de la République et le Ministre de l’Administration Territoriale. C’est pour cela que nous demandons le retrait pur et simple de cette révision.

ABDERAHAMANE DIARRA PRESIDENT – JEUNESSE URD :

Nous voulons le retrait pur et simple de ce projet parce que nous avons deux observations majeures. D’abord le processus référendaire est illégal parce que l’article 118 de la constitution dit qu’il ne peut pas y avoir élection quand il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. Ensuite les modifications proposées ne sont pas très bonnes.

Bon nombre de modifications donne l’impression de l’instauration d’une monarchie au Mali. On a trop donné comme pouvoir au Président de la République. Dans ce cas, nous disons NON. Enfin, le contexte n’est pas approprié. Les efforts que le Président de la République est en train de déployer pour la communauté internationale, s’il déploie ces mêmes efforts pour demander à la MINUSMA et la Barkhane d’aider l’administration malienne de s’installer sur toute l’étendue du territoire, nous pourrions accepter de réviser la constitution.

Mais, tant qu’il y a des Maliens qui vivent en dehors du Mali depuis quelques années, tant qu’il y a des Maliens qui par insécurité ont quitté leur village, leur ville et qui sont à Bamako, tant qu’il y a des Maliens qui ne peuvent se rendre tranquillement chez eux, tant qu’il y a des localités au Mali où il n’y a pas d’écoles ni d’administration, alors, nous disons que nous ne pouvons pas trahir ces Maliens. Et nous n’acceptons pas d’aller au référendum dans ces conditions tant que nous cautionnons la partition du pays. Nous n’accepterons jamais !

Par Yacouba TRAORE

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