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Projet de loi sur l’entente nationale : tout pour la paix ?

Dans son adresse à la nation, à l’occasion du nouvel an, le Président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un projet de loi sur l’entente nationale. Il s’agira de conforter l’unité nationale, à travers des mesures d’apaisement et de réinsertion. Une énième initiative pour la paix.

Ce dont le Mali a besoin aujourd’hui, c’est bien la réconciliation. Que d’initiatives ont été échafaudées pour y parvenir. De la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation à la conférence d’entente nationale, la charte pour la paix, la biennale artistique et culturelle, le mot ‘’réconciliation’’ revient à chaque fois. Le Président Ibrahim Boubacar Keïta, qui est à quelques mois de la fin de son quinquennat, lutte toujours pour ramener la paix et la cohésion sociale dans le pays. Malgré tout, le tissu reste fragile. Ainsi, lors du traditionnel vœu du nouvel an à la nation, le Président IBK a annoncé qu’il ferait initier « dans les semaines qui viennent un projet de loi sur l’entente nationale.» 

Selon le président IBK, le texte proposera entre autres : l’exonération des poursuites de tous ceux impliqués dans une rébellion armée, mais qui n’ont pas de sang sur les mains, des mesures d’apaisement après l’accélération des procédures en cours et les réparations accordées aux victimes reconnues et un programme de réinsertion pour tous ceux qui déposeront les armes et s’engageront publiquement à renoncer à la violence. Pour Sankaré Idrissa, député du parti ASMA, cette loi vise à conforter la réconciliation sans pour autant oublier les victimes de la crise de 2012. « Il y aura une commission qui sera mis en place pour cela, un processus qui va identifier les personnes, et également la justice pour les victimes », rassure -t-il. « Les coupables doivent présenter des excuses en regrettant les actes qu’ils ont posés », estime Sankaré Idrissa. 

Pour le Président IBK, ce « projet de loi ne constitue ni une prime à l’impunité, ni un aveu de faiblesse », au contraire « il s’appuie sur les vertus de pardon, tel que celui pratiqué dans nos diverses communautés », se convainc-t-il. L’objectif recherché par-delà tout, selon Sankaré Idrissa est la réconciliation, mais impossible sans le pardon. « Il faut que les gens se pardonnent de façon sincère, nous sommes aussi dans un pays à majorité musulmane », justifie-t-il. 
Pour autant, certains observateurs pensent que la justice en ce temps de crise est mise à mal par certaines concessions au nom de la paix et la réconciliation.

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