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Présidentielle de 2018: l’ADEMA lâche son allié IBK

Tenue le 25 mars 2017 au pavillon des sports du stade Omnisports Modibo Kéita de Bamako, la 15ème Conférence nationale de l’Adéma, instance suprême du parti entre deux congrès, a pris une décision importante: présenter un candidat à la présidentielle de 2018.

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Le parti entend reconquérir le pouvoir qu’il a perdu en 2002. La conférence a donné instruction au Comité exécutif de lancer au plus tôt le processus de choix du candidat.

Raisons d’une décision

Pour arriver à une telle décision, qui est lourde de conséquences, les conférenciers se sont affrontés lors de vifs débats. Beaucoup de responsables ont insisté sur le fait qu’en tant que principale alliée du RPM, le parti au pouvoir, l’Adema n’a pas eu droit aux avantages d’Etat dignes de  son rang. La formation de l’Abeille ne se sent suffisamment représentée ni au gouvernement et ni dans les hautes sphères l’administration publique. Or, fait-on valoir, le parti est d’un apport énorme à la stabilité du pays et possède une politique et électorale incontestable.  D’autres conférenciers ne cachent pas leur déception par rapport à la  gouvernance actuelle et pensent que l’Adema est mieux qualifiée que le RPM pour conduire les destinées du Mali.  Enfin, la plupart des responsables jugent que l’Adema ne doit pas continuer de servir de remorque et doit assumer sa vocation première de conquête et d’exercice du pouvoir. « L’Adema cessera d’exister s’il n’a pas de candidat issu de ses rangs en 2018 », prévient un haut cadre.Ce que les conférenciers n’avouent pas, c’est que le parti reste sous l’influence de deux anciens chefs d’Etat (ATT et, surtout, Alpha Oumar Konaré) qui ne souhaitent pas forcément voir l’actuel locataire de Koulouba obtenir un nouveau mandat.

Un pari risqué

Choisir un candidat dans ses propres rangs conduit l’Adema à contrarier les projets du chef de l’Etat dont nul ne doute de la volonté de rempiler.  Comment réagira IBK ? Question à mille dollars!  Le président a plusieurs options:

– chasser l’Adema de sa mouvance et de son gouvernement: en ce cas, la guerre serait déclarée et IBK ne pourra plus compter sur le parti en cas de deuxième tour de la présidentielle;

– maintenir l’Adema dans la mouvance présidentielle tout en diminuant son poids au gouvernement:  cela maintiendrait un minimum de liens entre le président et le parti et laisserait la porte ouverte à des retrouvailles au second tour de la présidentielle;

– ne rien changer officiellement à la place de l’Adema dans la mouvance présidentielle et le gouvernement mais travailler, en secret, à diviser le parti: une telle stratégie   serait fort tentante, surtout quand on sait l’appétit de pouvoir de ses cadres et les divisions qui minent l’Adema à l’occasion de  chaque élection présidentielle.

Embarras présidentiel

En tout état de cause, l’affaire plonge IBK dans un sacré embarras. En confiant à l’Adema des départements ministériels aussi juteux que ceux des Mines, du Commerce et de l’Education nationale, le chef de l’Etat pensait avoir définitivement conquis le parti  et l’avoir intégré dans un dispositif électoral assez solide pour écraser, dès le premier tour de la présidentielle, le principal candidat de l’opposition, Soumaila Cissé. A présent que l’Adema se veut calife à la place du calife, IBK va devoir changer son fusil d’épaule, le tout à quelques encablures des élections et dans un contexte d’ébullition sociale qui prive le pouvoir d’arguments électoraux convaincants.

Tiékorobani

 

Source: proces-verbal

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