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Pourquoi il ne faut pas négocier avec Ançar Dine et MNLA ?

Le Mali est un héritage de veilles civilisations au cœur desquelles, le dialogue a longtemps primé sur la répression, la communion est restée fortement ancrée dans l’esprit des différentes tribus pour une société multiethnique et multiculturelle. Ces bonnes pratiques sont perceptibles dans nos liens fraternels et amicaux qui constituent notre tissu social. Les différents conflits sociaux qu’ait connus notre nation après son accession à la souveraineté nationale, ont été dénoués à l’amiable à travers des concessions objectives des différents gouvernements du Mali.

Nous sommes tous conscients des facteurs naturels qui contribuent à la paupérisation du peuple malien comme l’avancée du désert, l’enclavement du Mali. Notre pays, par conséquent, est confronté à certaines réalités économiques. Nous avons hérité un grand territoire à plus de 60% désertiques et à climat agressif pour une faible densité de la population. Malgré tous ses défis naturels, le gouvernement malien est parvenu à investir des centaines et des centaines de milliards de FCFA au nord sans oublier des projets d’intégration des minorités dans la fonction publique et donc dans tous les rouages de l’Etat. La population du sud du Mali a fermé les yeux sur toutes ces faveurs sociales accordées aux différentes rébellions car pour elle, rien ne vaut la paix. Mais cette fois ci, ceux qui ont pris les armes sont allés trop loin.

Les irrédentistes ont commis des crimes impardonnables (Ils ont égorgé et éventré de façon atroce des militaires maliens ,ils ont violé des femmes et ils ont lapidé les mains et pieds des innocents au nom d’un dogmatisme religieux fanatique et obscurantiste, ils ont profané des mausolées et détruit des sites culturels…).Le peuple malien n’est pas indifférent à toutes ces pratiques barbares et réclament aujourd’hui la justice. Aucune institution internationale ne peut substituer la volonté du peuple malien. Le MNLA qui se pavane au-devant de la scène médiatique n’est point représentatif de la population du nord du Mali, c’est un mouvement 100% Touaregs donc à connotation ethnique. Nous savons que les Touaregs représentent 10% de la population du Mali. Au nord du Mali, ils sont minoritaires par rapport aux peuls, Songhaï, Bozo, Bella….A tout ceci, s’ajoute le fait que le MNLA ne représente pas toute la communauté Touareg et Arabe.

La déception du peuple malien est grande suite aux déclarations du secrétaire général des nations unies (Ban ki-Moon) et celles de l’envoyé spécial des nations unies au Sahel (Romano Prodi). En effet, ces deux personnes veulent mettre en avant le dialogue et la négociation entre l’Etat malien et les différents mouvements. Mais ce qu’ils oublient, c’est la forme de ses mouvements et leur idéologie qui ne reflètent en aucune manière la sensibilité sociale de la population du nord et pour preuves, les grandes associations du nord sont opposées à toute négociation. Donc si nous partons de l’hypothèse du fait que ces mouvements (MNLA,Ançar Dine) représentent la population du nord ,ça serait en contradiction avec la position de la majorité de cette population du nord.

Le gouvernement malien a intérêt à tenir compte de l’opinion du peuple car c’est l’acteur incontournable pour le maintien d’une paix durable dans la convivialité entre les différentes ethnies ou tribus. Pour la réussite de toute plateforme politique de négociation et de dialogue, elle doit être composée des maliens dans leur diversité ethnique et culturelle. Or ceux qui doivent participer à cette table ronde, sont opposés à toute négociation, ce qui signifie, toute décision qui va à l’encontre de cette volonté populaire sera compromise à long terme parce qu’elle n’est pas fondée sur une position consensuelle.

Comme décrit dans le préambule, nous sommes un peuple de dialogue et non des « va-t-en-guerre ». Le climat n’est pas propice aux négociations, ni au dialogue parce que le mouvement islamiste ne s’est pas encore démarqué des terroristes (AQMI,MUJAO,Boko Haram) et le MNLA reste attaché à ses illusions (Azawad ,un territoire qui n’a jamais existé dans l’histoire du Mali). Le Mali ne peut entamer le dialogue et la négociation que si ses trois capitales régionales sont libérées.

Il était plus facile pour les Nations Unies de voter une résolution pour intervenir militairement en Libye et déchoir le régime du guide Mouammar Kadhafi qui demandait le dialogue avec son mouvement insurrectionnel, que de combattre le terrorisme au Sahel. Quelle différence y a-t-il entre un régime dictatorial et un mouvement terroriste ? Au moment de l’intervention de l’OTAN en Libye, l’ONU n’a-t-elle pas évalué les conséquences sur le Sahel ou Sahara ?

Le gouvernement malien doit rester très vigilant, l’Etat c’est une continuité. Notre honneur, dignité et histoire sont mis en cause. Le peuple malien, n’est point avide d’un sentiment de vengeance ou animé d’une position passionnelle. Mais ce peuple est attaché à la cohésion sociale et pour qu’il y ait plus de cohésion entre maliens, nous ne pouvons ignorer la justice. Notre actuelle position est réaliste parce que nous sommes convaincus que notre pays quel que soit son talent de génie négociateur, ne pourra sortir gagnant d’une négociation sans moyens de pressions. Tout compromis fait à la va-vite avec ces mouvements, est dangereux et peut nous conduire à la guerre civile dans les prochaines années à venir. Il faut impérativement libérer le nord du Mali avant la mise en place de tout processus de pourparlers.

Que Dieu bénisse le Mali !Amen

Bissi Babemba PaixauMali Traore.

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