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Pour sortir le Mali de l’enlisement : Ce que je crois

N’allons pas par quatre chemins : les perspectives de sortie de crises sont, hélas, encore plus sombres. Chaque jour qui passe, le Mali s’enfonce davantage dans le fossé de la crise. Il emprunte la voie de la somalisation (Somalie): partition territoriale, dislocation de l’Etat central, anarchie et violence.

Il fallait s’y attendre car « on ne récolte que ce qu’on a semé ».

 

Tout d’abord, j’aimerais commencer par une vérité qui me paraît indéniable: nous, Maliens, sommes tous responsables de la crise que traverse actuellement notre patrie. Les uns peut-être plus que d’autres, mais nous sommes tous responsables.

D’abord, il faut reconnaitre que depuis les années 60, le Nord du Mali est toujours resté un no man’s land que l’Etat malien n’est jamais parvenu à contrôler comme il se doit. De l’indépendance à nos jours, les gouvernements qui se sont succédé ne sont jamais parvenus à régler de façon définitive ce problème. Aucun n’a innové. Ils se sont contentés de le déplacer par des manœuvres qui se sont révélées autodestructives. C’est la raison pour laquelle nous en sommes là aujourd’hui.

Et étant tous responsables, nous avons le devoir de faire ce qui est en notre pouvoir pour sortir le Mali de la boue dans laquelle il s’est enlisé. Les seules choses à faire sont d’arrêter de se rejeter la faute et d’agir.

Faut-il négocier ou pas ?

Négocier? Oui, mais avec qui, quoi négocier, pourquoi et comment? Voilà les vraies questions auxquelles il faudrait avoir des réponses avant d’entrer dans la dynamique des négociations.

A priori, à l’état actuel des choses, la guerre pour la reconquête du Nord semble se justifier par le fait que la terreur que les islamistes infligent à nos concitoyens est inadmissible. Le peuple malien se trouve en situation de légitime défense, mais pourquoi prône-t-on la négociation au lieu de la guerre? Je crois que la négociation ou la solution politique est souhaitable au sens que:

– La guerre serait un luxe pour nous !

Dans un Mali déjà bien pauvre, la seule guerre qui vaille est celle contre la pauvreté de masse. Une guerre coûte chère. Elle nécessite des moyens colossaux en termes de finances, logistiques et autres. Le Mali n’a pas les moyens d’engager cette guerre même si la reconquête des territoires du Nord est la mission première des autorités de la transition. Ne nous y trompons pas. Ayons à l’esprit que ce problème est d’abord malien puisque ce sont les Maliens qui paient la note pour le moment. Donc, nous avons intérêt à compter sur nous-mêmes en premier lieu. En outre, il est important de souligner que les pays qui peuvent financer cette guerre sont confrontés à une série de crises financières et économiques sans précédent. Ils ont d’autres urgences.

– Une solution pacifique épargnera la vie de milliers d’innocents.

N’ayant ni une armée forte ni les moyens suffisants, pourquoi engagerons-nous une guerre qui risquerait de compromettre la vie de milliers de nos concitoyens ? Tout homme honnête vous le dira: nous avons perdu trop de temps. Et pour rien. La crise institutionnelle est la preuve que notre classe politique n’est composée que de prédateurs sans scrupules dont le seul souci n’est que le fond de leurs poches. Elle nous a pris trop de temps. Les groupes islamistes en ont bien profité pour s’implanter et s’organiser au mieux. Engager une guerre dans ces conditions, c’est compromettre des vies humaines. Malheureusement, ce seront celles de nos populations. Au regard des raisons évoquées ci-dessus, il est constant que la négociation s’impose en tout état de cause. Reste à savoir quoi négocier, avec qui et comment?

1. Quoi négocier ?

Partons du postulat que tout est négociable excepté notre intégrité territoriale et le caractère laïc de la République. C’est dans cette logique qu’il faudra s’inscrire sans quoi les négociations, au lieu de pacifier le Mali, aboutiront à des situations peu enviables.

2. Avec qui négocier ?

Il convient de négocier avec tous les groupes antagonistes disposés à le faire. Que ce soit le Mnla, Ançardine ou Mujao etc. Personnellement, j’aurais du mal à voir le Mnla sur la table de négociation. Le Mnla est un groupe à qui on ne peut aucunement faire confiance. L’expérience nous à enseigné celaJe préfère ne pas entrer dans ces détails. Sachons seulement que toute solution négociée avec cette caste de maudits va-t-en guerre (Mnla) n’est qu’une étape (pour lui) vers son projet ou plus précisément sa folie d’indépendance.

3. Comment négocier ?

Il faudra dès maintenant mettre en place une Commission nationale de négociation incluant toutes les forces vives de la nation, c’est-à-dire au sein de laquelle toutes les sensibilités ou tendances seront représentées.

Voici ma proposition:

Les autorités de transition représentées par (le Président de la République par intérim et le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale); les leaders religieux dont un représentant du Haut conseil islamique et un de la communauté chrétienne (catholique et protestante confondues); un représentant des forces armées; un représentant du collectif des autorités coutumières; un représentant des centrales syndicales; quatre parlementaires choisis par l’Assemblée nationale.

Cette commission hétérogène du point de vue tendanciel, serait chargée de conduire les négociations au nom de la République du Mali. (Ceci n’est qu’une ébauche de ma vision des choses, donc elle peut être sujette à des erreurs, comme elle pourrait éventuellement faire l’objet d’idées en contradiction par moi-même).

Mahamoudou Diancoumba, juriste 

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